France culture : Un laboratoire de “biohacking” propose de tester l’implant de puces électroniques sur l’être humain

Un laboratoire de “biohacking” propose de tester l’implant de puces électroniques sur l’être humain – pour stocker mots de passe, documents et informations bancaires – et s’associe à une société internet pour en tester les failles de sécurité.

voir l’article France Culture 15/04/2015

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Collaboration de Kaspersky Lab et BioNyfiken

Alors que l’Internet des objets évolue pour devenir l’Internet du nous, les experts en sécurité de Kaspersky Lab font équipe avec l’association suédoise de biohackers BioNyfiken afin d’étudier les réalités d’une connexion de notre propre corps à Internet.

L’actualité récente rapporte l’existence d’une nouvelle génération d’êtres humains qui se font greffer des technologies dans le corps, non pour des raisons médicales, mais simplement pour plus de confort au quotidien. Des implants intelligents leur permettent ainsi de commander l’ouverture de portes, d’effectuer des achats ou d’accéder à des systèmes informatiques d’un simple geste de la main. La question se pose alors de savoir si, dès lors que nous confions à notre corps des volumes croissants de données personnelles susceptibles d’être piratées, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

BioNyfiken, une association suédoise de bio hackers, est en pointe dans la normalisation et la démocratisation du «puçage», c’est-à-dire l’implantation de puces sous la peau. Ses membres n’y voient guère de différence avec le port d’une boucle d’oreille ou d’un tatouage. Ils estiment que de plus en plus de personnes choisiront de se faire implanter des composants fonctionnant avec la technologie NFC de communication sans contact et renfermant diverses informations.

(…)

Eugène Kaspersky, Président et CEO de Kaspersky Lab, remarque : «Personnellement, je n’aimerais pas être pucé. Je comprends cependant que le progrès technologique ne peut pas être freiné et il existe des innovateurs qui sont prêts à tester les limites de la technologie en réalisant des expériences sur leur propre corps. Je préfèrerais juste qu’ils le fassent en connaissance de cause et en ayant la sécurité à cœur plutôt que de rajouter celle-ci a posteriori, comme c’est si souvent le cas.» «C’est donc pour moi un plaisir d’envisager notre collaboration avec BioNyfiken afin d’étudier les implications, en matière de sécurité, de la connexion de notre corps au Web. Il est possible que nos chercheurs ne trouvent aucun motif de préoccupation mais, si des gens devaient se faire greffer une puce NFC, j’aimerais avoir l’assurance que des experts en ont soigneusement exploré toutes les ramifications»

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Des sociétés suédoises implantent des puces RFID à leurs employés

Vous voulez rentrer dans votre bureau, monter dans un bus, ou peut-être acheter un sandwich? Nous sommes tous habitués à nous servir d’une carte pour faire toutes ces choses. Mais à l’Epicenter, un nouveau bâtiment de bureau high-tech en Suède, ils tentent une approche différente : une puce sous la peau.

Felicio de Costa, dont la société est l’un des locataires, arrive à la porte avant et tient sa main contre elle pour pouvoir entrer. A l’intérieur, il fait la même chose pour entrer dans l’espace de bureau qu’il loue, et il peut aussi agiter la main pour faire fonctionner la photocopieuse. Il fait cela car il a une petite puce RFID (identification par radiofréquence), de la taille d’un grain de riz, implantée dans sa main. Bientôt, d’autres parmi les 700 personnes attendues pour occuper l’immeuble auront également la chance d’être équipés de puces. Avec l’accès aux portes et aux photocopieurs, ils ont promis d’autres services à plus long terme, y compris la capacité de payer au café en passant la main.

Le jour de l’ouverture officielle de l’édifice, le chef de la direction du développement a été lui-même injecté d’une puce en direct sur scène. Et j’ai décidé pour me familiariser avec cette technologie que je devais serrer les dents et obtenir la puce aussi.

L’ensemble du processus est organisé par un groupe de bio-piratage suédois qui a été profilé par mon collègue Jane Wakefield récemment. Un de ses membres, un tatoueur a l’air plutôt redoutable, a inséré ma puce. D’abord, il a massé la peau entre le pouce et l’index et frotté un peu de désinfectant. La, il m’a dit de prendre une profonde respiration alors qu’il insérait la puce. J’ai ressenti de la douleur un moment, mais rien de bien exceptionnel par rapport à une autre infection, puis il a collé un pansement sur ma main. Avant d’essayer ma puce, je voulais en savoir plus sur le but de sa conception. Hannes Sjoblad, dont la carte de visite électronique est sur sa propre puce et être consultée par un simple effleurement d’un smartphone, a le titre de chef de la perturbation au développement. Je lui ai demandé si les gens voulaient vraiment d’une telle intimité avec la technologie.

“Nous interagissons avec la technologie déjà tout le temps,” dit-il. “Aujourd’hui, c’est un peu brouillon – nous avons besoin de codes PIN et de mots de passe. Ne serait-ce pas plus facile d’interagir juste avec sa main? C’est vraiment intuitif.”

Lorsque j’ai testé ma puce, j’ai trouvé que ce n’était pas si intuitif, je devais tordre ma main dans une position non naturelle pour faire fonctionner le photocopieur. Et tandis que certains des gens autour de l’immeuble ont été impatients d’être implantés, d’autres étaient nettement moins enjoués. “Absolument pas”, a déclaré un jeune homme quand je lui ai demandé s’il se ferait implanter. Une femme âgée a été plus positive sur le potentiel de la technologie, mais a vu peu d’intérêt à être implanté juste pour passer à travers une porte.

Mais Hannes Sjoblad dit que lui et le groupe de Bio Haking suédois ont un autre objectif : nous préparer pour le jour ou les autres veulent nous pucer. “Nous voulons être en mesure de comprendre cette technologie avant que les grandes entreprises et les gouvernements viennent nous voir en nous disant que tout le monde doit être implanté – la puce de l’administration fiscale, la puce Google ou Facebook.” Alors, dit-il, nous serons tous en mesure de remettre en question la façon dont la technologie est mise en œuvre sur la base d’une bien meilleure connaissance de la technologie.

Je suis revenu en Grande-Bretagne avec une main légèrement endolorie et une puce toujours sous ma peau qui contient en elle mes coordonnées. Ce n’est pas réellement utile, mais aucun doute que des puces plus sophistiquées vont bientôt remplacer la technologie portable comme les badges d’accès pour les salles de sport ou les dispositifs de paiement, et nous nous habituerons à être augmenté. Toutes sortes de choses sont possibles. A savoir si cela deviendra culturellement acceptable d’insérer de la technologie sous notre peau est une autre affaire.

La BBC n’en est pas à son coup d’essai pour nous vendre les puces RFID. L’année dernière elle publiait un article au nom évocateur :” pourquoi je veux une puce implantée“. France 2, très avant-gardiste, en parlait déjà il y a 8 ans. Depuis, des patients américains se font volontairement pucer aux États-Unis et des écoles forcent les élèves a porter des puces RFID pour pouvoir les traquer sur le campus.En France, la technologie s’immisce discrètement dans nos vies avec les cartes de paiement sans contact, dans les librairies municipales et surtout les transports en commun. Comme l’indique l’interviewé, l’étape ultime sera probablement un jour d’intégrer des puces biométriques pour l’identification et le paiement sous la peau des gens. L’effet de mode aidant, beaucoup le font déjà spontanément. Pour les autres, comme dit Attali, cela pourrait être volontaire… ou non. Le puçage humain à grande échelle n’est visiblement plus de la science-fiction.
prochaine étape les tatouages numériques
sources : BBC