Les plans d’Elon Musk pour coloniser Mars d’ici 2050

Dans une série de tweets, le PDG de SpaceX, Elon Musk, a révélé de nouveaux détails sur ses plans pour coloniser Mars. En théorie, 1 000 vaisseaux pourraient envoyer “près de 100 000 personnes par synchronisation orbitale Terre-Mars”, a tweeté Musk. “C’est le but”, a-t-il ajouté.

Musk prévoit que les vaisseaux quitteront l’orbite terrestre sur une période de 30 jours, la fenêtre de temps où la Terre et Mars sont le mieux alignés pour faire le voyage, tous les 26 mois.

Quand un utilisateur Twitter lui a demandé si cela équivaudrait à un million de personnes sur Mars d’ici 2050, Musk a répondu par un simple oui.

Selon Musk, il faudra une capacité de chargement énorme pour construire une colonie humaine sur une planète lointaine. “Il faut des mégatonnes par an en orbite pour que la vie devienne multiplanétaire”, a-t-il tweeté.

Chaque vaisseau pourrait livrer plus de 100 tonnes par vol, ce qui signifie que tous les dix vaisseaux pourraient “mettre en orbite une mégatonne par an”, a calculé Musk.

Et quand les humains arriveront, il y aura beaucoup à faire. “Il y aura beaucoup d’emplois sur Mars !” a tweeté Musk.

Il s’agit d’une idée expérimentale originale et amusante – et il va sans dire que SpaceX a du pain sur la planche pour réaliser la vision ambitieuse de Musk.

CNET

Défense et changement climatique : quel modèle pour les armées de demain ?

L’USAWC (United States Army War College) vient de publier, le 24 octobre 2019, un rapport commandé par le général Mark Milley, chef d’état-major interarmées des forces américaines. Sobrement intitulé « Implications of Climate Change for the U.S. Army », le rapport résulte d’une collaboration active entre plusieurs agences et corps d’armée : la DIA (Defense Intelligence Agency), la NASA, l’US Air Force, l’US Navy, l’US Army, l’US War College et le Center for Climate and Security (CFCS).

Il s’agissait de croiser les expertises et les données de ces différentes agences afin d’évaluer l’impact du changement climatique sur la sécurité nationale américaine d’ici à 2050, puis de produire des préconisations à destination du président Trump qui, comme chacun le sait, « ne croit pas » au réchauffement climatique. Les mises en garde et les conclusions alarmistes de ce rapport mettent clairement en lumière le manque de résilience des infrastructures énergétiques et la fragilité systémique des forces armées américaines face aux effets de l’élévation des températures et de la montée du niveau des océans.

Vers un monde de plus en plus instable

L’approche adoptée pour la construction du rapport se veut à la fois pragmatique, rationnelle et systémique.

Les rédacteurs et analystes du rapport s’appuient sur des études antérieures sérieuses, sur des données scientifiques validées et sur des observations de la NASA pour construire des prévisions cohérentes et élaborer des scénarios probables. Tous ces scénarios sont particulièrement préoccupants pour le maintien de la continuité opérationnelle des forces armées américaines.

Selon le rapport, la population américaine pourrait être confrontée, à l’horizon 2040-2050, à des pannes d’électricité de longue durée, à des épidémies, au manque d’eau potable, à la famine et à la guerre. Dans ce contexte fortement dégradé, l’armée des États-Unis pourrait à son tour s’effondrer et perdre ses capacités opérationnelles.

Les auteurs du rapport identifient deux menaces majeures provoquées par le réchauffement climatique pour les vingt prochaines années : un effondrement du réseau électrique national et l’apparition d’épidémies massives. L’augmentation des besoins énergétiques provoquée par les nouvelles conditions climatiques alternant de longues périodes de forte chaleur, de sécheresse puis de froid intense pourrait submerger un système de production et de distribution déjà fragile.

À l’international, l’armée américaine doit, selon le rapport, se préparer à intervenir sur de nouveaux conflits « de type syrien » déclenchés par les effets migratoires liés au réchauffement. Les analystes ont identifié le Bangladesh comme le pays le plus vulnérable à l’effondrement climatique : le déplacement permanent d’une grande partie de sa population est tout à fait probable. Ce mouvement migratoire massif provoquerait une catastrophe régionale et accroîtrait l’instabilité mondiale.

Ce qui impacte un pays comme le Bangladesh pourrait se généraliser, à l’échelle mondiale, aux 600 millions d’individus vivant au niveau de la mer. Une élévation de 2 mètres d’ici à 2100 pourrait déplacer plusieurs centaines de millions d’habitants, engendrant une instabilité massive sur les cinq continents. Face à ces futures menaces, les États-Unis doivent être en mesure d’intervenir au Bangladesh comme dans toutes les régions du monde déstabilisées.

La zone arctique, qui dispose d’importantes ressources en hydrocarbures, fera l’objet de toutes les convoitises, notamment chinoises et russes. Il s’agira pour l’armée américaine de tirer partie de ces ressources en utilisant les nouvelles routes ouvertes par la fonte des glaces tout en contrant l’expansionnisme russe dans cette zone stratégique.

Les auteurs du rapport insistent sur l’impréparation des États-Unis et de l’armée américaine face à un effondrement climatique, notamment dans le contexte d’interventions et de projections de forces à l’étranger. L’approvisionnement en eau constitue le premier point de contrainte pour une armée moderne intervenant en dehors du territoire national. Pour l’armée américaine, cet approvisionnement en eau représente en 2019 entre 30 % et 40 % du coût total d’une intervention extérieure ! Ce pourcentage devrait fortement dépasser les 40 % avec l’augmentation des températures de 2 degrés.

En outre, le stress hydrique pour les populations civiles devient un verrou opérationnel pour les personnels militaires projetés sur des zones extérieures « chaudes ». Les systèmes naturels que sont les océans, les lacs, les rivières, les nappes phréatiques, les récifs et les forêts vont être impactés par le réchauffement et le stress hydrique associé. La plupart des infrastructures critiques américaines n’ont pas été conçues pour résister à un fort stress hydrique.

Concernant les ressources, 80 % des exportations et 78 % des importations agricoles américaines sont d’origine hydrique, c’est-à-dire qu’elles concernent des matières premières et produits qui nécessitent de grands volumes d’eau pour les extraire ou les produire. La sécurité alimentaire mondiale pourrait être directement menacée à la fois par l’élévation des températures et par l’élévation du niveau des océans. Les infrastructures de transport devraient elles aussi être impactées par le réchauffement, tout comme le réseau électrique national, qui pourrait s’effondrer en raison de plusieurs facteurs de stress induits par le déficit hydrique.

Des lignes à haute tension en proie aux flammes durant un incendie en Californie, 11 octobre 2019. David Mcnew/AFP

Des solutions qui restent à imaginer

Le rapport met également l’accent, en sus du constat, sur les solutions qui peuvent permettre de répondre, pour les forces armées, au défi de l’adaptation à ces nouvelles conditions.

La principale solution envisagée est l’électrisation des forces et des systèmes, qui reposerait notamment sur une évolution profonde des systèmes énergétiques militaires actuels. La doctrine de l’Alliance atlantique – formalisée au travers de la Allied Joint Publication 47. – repose sur l’utilisation d’une source énergétique unique : le carburant aéronautique utilisé tant pour les opérations que pour la production d’électricité sur les bases.

Les dangers que fait peser la chaîne logistique pétrolière sur les forces armées, de même que la faible efficience énergétique du système qui n’a, par essence, que peu de redondance, conduit depuis des années les armées occidentales à envisager des modèles alternatifs. Les États-Unis ont d’ailleurs longtemps été des leaders sur ce sujet, jusqu’à ce que l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump ne mette tout en sommeil.

La réémergence, manifestée par ce rapport, de l’idée qu’il est nécessaire de repenser l’énergie opérationnelle militaire, se combine aux efforts conduits par les autres nations de l’Alliance atlantique au travers des travaux du Centre d’excellence sur la sécurité énergétique de Vilnius (ENSEC-COE) ainsi que des orientations européennes, poussées par la France, dans le cadre de la Coopération structurée permanente. Ces travaux otaniens et européens ont notamment conduit à des projets de camps expéditionnaires multi-énergies avec, au côté des groupes électrogènes, des systèmes renouvelables (panneaux solaires conteneurisés notamment) et des systèmes de pilotage et de bascule intelligents.

Au-delà du passage d’un modèle tout-hydrocarbure à un modèle mixte hydrocarbure-électrique, il importe de prendre en compte l’enjeu majeur que représentent les technologies d’efficacité énergétique, que ce soit dans la gestion de la production et de la distribution d’électricité dans les systèmes que dans le stockage de l’énergie.

La gestion et le stockage sont les deux grands axes de développement aujourd’hui envisagés qui font par ailleurs appel à des technologies par essence civiles, comme les batteries lithium-ion, les piles à combustible ou les systèmes de gestion de réseau. L’efficacité semble ainsi être le mot-clé dans cette nouvelle vision de l’énergie militaire opérationnelle puisque, grâce à elle – même en conservant des systèmes fondés sur un carburant unique –, il est possible d’obtenir des gains opérationnels importants. La même logique se retrouve dans la gestion de l’eau et des déchets où l’enjeu d’une approche raisonnée et efficiente est le principal défi auquel la logistique sera confrontée dans les années à venir.

Les conflits des années 2000 (Liban, Kosovo, etc.) ayant démontré l’innocuité des actions militaires sans implication directe au sol, la présence des forces armées sur le terrain, au contact des populations et des ennemis, demeure une nécessité absolue. Dans ce contexte, il importe de trouver des solutions pour résoudre l’équation de l’implication territoriale dans des environnements dégradés.

La robotisation, solution partielle ?

Au-delà des technologies précitées qui entrent directement dans le périmètre de l’adaptation aux changements climatiques, il importe également d’examiner dans cette optique certaines évolutions technologiques de fond des armées. Parmi elles, la robotisation des forces armées – quel que soit le milieu d’emploi d’ailleurs – constitue une réponse partielle aux enjeux, en particulier logistiques, des théâtres d’opération.

La permanence sur une zone – notamment dans des milieux hostiles à l’homme – est l’une des principales caractéristiques des systèmes robotisés. Les modèles de drones marins et sous-marins en cours de développement ou d’expérimentation en particulier aux États-Unis, offrent la possibilité d’effectuer un contrôle de zone continu, lequel peut être de différentes natures selon les missions envisagées (guerre des mines, contrôle de frontières, relais de communication, etc.) ou les capteurs-effecteurs embarqués (radar, sonar, etc.). Identiquement, les robots terrestres permettent de disposer d’une allonge plus importante ainsi que de capacités plus variées, développant le potentiel d’action des groupes de combat d’infanterie en leur offrant un panorama de vision plus large (contrôle spatial, interaction avec le domaine électromagnétique, infrarouge, etc.) ou un spectre de missions plus étendu.

Avec des systèmes plus économes en énergie, en eau et en nourriture que les formats de force actuels, les forces armées du futur pourraient ainsi soit conserver leur capacité d’action malgré la dégradation des territoires soit, dans une vision plus optimiste, disposer de meilleures capacités pour un coût équivalent.

Toutefois cette vision implique d’importantes capacités industrielles et technologiques liées au cyber. Il s’agit en effet de disposer ici d’engins embarquant des capteurs, des systèmes de traitement et des effecteurs, véritables systèmes d’information mobiles. Il y a donc un enjeu fort dans l’acquisition, le stockage et le traitement des données d’une part, ainsi que dans les systèmes de gestion et de pilotage d’autre part. La logique de systèmes militaires conditionnés par les données implique ainsi des efforts substantiels dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité des plates-formes, la résilience électromagnétique, la protection des protocoles de communication ; sans même parler de l’efficacité énergétique de l’ensemble (et donc des batteries ou piles à combustible déjà mentionnées). L’enjeu est donc ici une maîtrise de la donnée et de sa chaîne de valeur – dont certains éléments seront sans doute issus du monde civil – tout autant que des effecteurs eux-mêmes.

Presque tout reste à faire…

La réémergence d’une vision des enjeux des changements climatiques par les forces armées américaines est salutaire. Alors que le changement d’administration avait mis en sommeil toutes les initiatives – y compris les plus avancées –, le retour au réalisme militaire semble en marche. Dans le même temps, les Européens, la France en tête, prennent toujours plus en compte ces questions. Le moteur économique et technologique de l’espace euro-atlantique retrouve donc une position importante sur ce sujet.

Certes, ce rapport ne constitue pas encore une doctrine et de nombreux efforts restent à faire. Mais des pistes technologiques, cohérentes avec les orientations prises ces dernières années, se dessinent toujours davantage. À l’image de Lénine qui définissait le communisme selon l’équation « soviets + électricité », l’approche des forces armées du futur face aux enjeux des nouveaux environnements dégradés pourrait être « données + électricité ». La robotisation et la numérisation des forces armées, en marche depuis plus d’une décennie, doivent maintenant se combiner avec des technologies d’efficacité énergétique pour aboutir à des modèles pérennes qui permettront de continuer à remplir les obligations internationales et le spectre des missions des armées, tout en garantissant leur adéquation aux évolutions de long terme du monde ; pour les militaires, il s’agit, en quelque sorte, de réconcilier la fin du monde et la fin du mois.

Thierry Berthier, Maitre de conférences en mathématiques, cybersécurité et cyberdéfense, chaire de cyberdéfense Saint-Cyr, Université de Limoges et Nicolas Mazzucchi, Chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, responsable du module risque de l’Executive Master « énergie, environnement et régulation » à Sciences Po, Sciences Po – USPC

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Pourquoi la révolution de la voiture électrique pourrait prendre beaucoup plus de temps que prévu ?

Une nouvelle analyse du MIT contredit fortement la conclusion selon laquelle les véhicules électriques pourraient être aussi bon marché que leurs rivaux à essence au cours des cinq prochaines années.

Les véhicules électriques ne seront jamais aussi bon marché que leurs concurrents à essence, dans la mesure où ils utilisent des batteries lithium-ion.

Pourquoi ? Le problème est que la baisse constante du coût de ces batteries est susceptible de ralentir dans les prochaines années à mesure qu’elles approchent des limites fixées par le coût des matières premières, disent les chercheurs du MIT.

Ces résultats contredisent fortement ceux d’autres groupes de recherche, qui ont conclu que les véhicules électriques pourraient atteindre la parité de prix dans les cinq prochaines années.

Le transport est la plus grande source d’émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, et il n’y a aucun moyen d’atteindre les réductions nécessaires pour éviter des niveaux dangereux de réchauffement planétaire sans passer par des véhicules et des systèmes de transport en commun plus propres.

Malgré cela, un nombre croissant de constructeurs se tournent vers les véhicules électriques, proposant différents modèles à différents prix. Mais cette étude montre que nous avons besoin d’une révision parallèle des systèmes électriques utilisés pour les charger.

→ L’étude du MIT “Insights into Future Mobility” – Présentation générale (PDF)Étude complète (PDF)

MIT Technology Review

Dans quelle mesure sommes-nous proches du transhumanisme observé dans “Years and Years”?

Une nouvelle étude suggère que le pont entre l’homme et la machine se referme plus rapidement que prévu

En regardant “Years and Years” de Russell T Davies, vous seriez pardonné d’avoir eu une crise de conscience majeure. D’une part, si l’on veut prendre la chronologie fictive de la série au pied de la lettre, les rêves de notre moi de sept ans ont finalement été réalisés : devenir à moitié cyborg sera possible d’ici 2025. D’autre part, les pires cauchemars de votre moi adulte, plus soucieux de la technologie, peuvent s’être matérialisés sur votre écran de télévision.

Les conclusions d’un groupe de recherche composé de scientifiques des universités de Harvard et de Surrey suggèrent que nous sommes sur la bonne voie pour vivre dans le monde transhumaniste que Davies nous présente dans la série extrêmement populaire.

L’étude, publiée la semaine dernière dans Nature, a permis à des scientifiques de fabriquer des “sondes à l’échelle nanométrique”, qui sont utilisées pour lire les activités électriques intracellulaires des neurones. Leur capacité à mesurer l’électrophysiologie (le courant électrique qui circule dans les cellules) signifie que ces sondes sont un pas en avant important pour comprendre ce que le Dr Yunlong Zhao de l’Université de Surrey a qualifié, dans une interview accordée à Science Daily, de “l’intersection entre l’homme et la machine”.

Les geeks de la Silicon Valley transforment leurs enfants en cyborgs

Anqi Zhang, une doctorante du laboratoire Lieber à Harvard qui faisait partie de l’équipe, explique : “La capacité à lire les activités électriques à partir de neurones est à la base de nombreuses applications d’interfaces cerveau-machine, telles que la cartographie de l’activité cérébrale et les prothèses neurales”.

Lorsqu’on lui a demandé dans quelle mesure les prédictions du transhumanisme de Years and Years sont exactes, elle a répondu : “le domaine des interfaces cerveau-machine connaîtra des avancées significatives au cours des 10 à 15 prochaines années, aussi longtemps que nous pourrons nous attaquer aux limites actuelles des interfaces électrode-cerveau”.

Dans dix ans à compter d’aujourd’hui, le gouvernement paiera Bethany Lyons (Lydia West), l’un des personnages principaux de la série, pour obtenir un implant cérébral lui permettant d’interagir directement avec Internet; Dans 15 ans, Edith Lyons (Jessica Hynes) a son esprit et sa conscience transférés dans une version futuriste d’Amazon Alexa.

Selon Davies, le transhumanisme sera bel et bien établi d’ici 2034.

West, qui interprète Bethany, affirme que ce rôle lui a beaucoup appris sur ce qu’elle appelle “l’homme 2.0”. “Nous y sommes presque. La plupart d’entre nous passons quotidiennement des heures au téléphone. Il est donc logique que la prochaine étape consiste à internaliser cela et à l’intégrer dans notre corps”, dit-elle. “Je pense que nous ne sommes pas aussi loin que nous le pensons.”

Dans le cadre de ses travaux préparatoires au tournage de la série, West a déclaré dans le cadre de ses recherches qu’elle avait lu un article sur les futurs enfants opérés pour avoir une puce électronique insérée dans leur cerveau, qui servira de calculatrice humaine. Ainsi, tout enfant qui n’a pas cette puce sera pris au dépourvu à l’école et sera lentement chassé de la société. C’est un triste concept, dit-elle, mais je pense que le transhumanisme est la voie dans laquelle nous nous dirigeons au cours des 50 prochaines années.

The Independent, Science Daily, Yunlong Zhao, Siheng Sean You, Anqi Zhang, Jae-Hyun Lee, Jinlin Huang, Charles M. Lieber. Scalable ultrasmall three-dimensional nanowire transistor probes for intracellular recording. Nature Nanotechnology, 2019; DOI: 10.1038/s41565-019-0478-y

La civilisation humaine va probablement s’effondrer d’ici 2050

Une analyse australienne bouleversante sur le changement climatique a de mauvaises nouvelles : la civilisation humaine est sur le point de s’effondrer d’ici 2050 si l’on ne s’attaque pas à la menace imminente du changement climatique.

L’analyse conclut que le changement climatique est un risque de sécurité nationale actuel et existentiel qui menace l’extinction prématurée de la vie intelligente provenant de la Terre ou la destruction permanente et radicale de son potentiel de développement futur souhaitable.

En d’autres termes, le monde est sur la voie de la fin de la civilisation humaine et de la société moderne telle que nous l’avons connue.

D’ici 2050, les systèmes humains pourraient atteindre un point de non-retour dans lequel la perspective d’une Terre largement inhabitable conduirait à l’effondrement des nations et de l’ordre international.

Comment tout peut s’effondrer

Par conséquent, le document appelle à une mobilisation d’urgence de la main-d’œuvre et des ressources à l’échelle de la société, d’une ampleur comparable à celle de la mobilisation d’urgence de la Seconde Guerre mondiale, affirme le document.

Une partie de cette solution consisterait en une construction de type approvisionnement en énergie sans dioxyde de carbone et en un plan semblable à celui du Plan Marshall, ainsi qu’une électrification majeure visant à mettre en place une stratégie industrielle sans émission de carbone.

L’objectif : limiter le réchauffement climatique à seulement 1,5 degré Celsius, et non aux trois degrés Celsius dont les rapports précédents font état.

Même pour un réchauffement de 2 ° C, il faudra peut-être reloger plus d’un milliard de personnes. Dans les scénarios les plus extrêmes, l’ampleur des destructions dépasse notre capacité de modéliser la probabilité de la fin de la civilisation humaine, indique le rapport.

Vice, National Centre for Climate Restoration Australia

Les Smart Farms, vers une nouvelle forme d’agriculture ?

Les avancées technologiques bouleversent le monde de la production agricole. Les fermes intelligentes vont se développer davantage dans ce domaine avec une production alimentaire de plus de 70% aux alentours des années 2050 et en considérant un climat qui évolue également. La production alimentaire est amenée progressivement à changer et l’on prévoit des innovations dans le domaine de la gestion des fermes agricoles baptisées « Smart Farms ».

A. Le smart farming ou agriculture intelligente

Ce domaine d’activités concerne l’application moderne des technologies de l’information et de la communication dans le domaine de l’agriculture. Cette technique introduit plusieurs services et outils qui sont intéressants d’évoquer. Ces différents outils correspondent à l’internet des objets, aux systèmes de géo-positionnement, à l’utilisation du big data, des drones et de la robotique destinés à améliorer la production agricole dans les infrastructures en question. L’agriculture intelligente devrait proposer une valeur ajoutée à l’agriculteur avec une prise de décision plus importante, d’opérations d’exploitations et de gestions plus efficaces. Trois domaines renseignent sur les spécificités du « smart farming » : les systèmes d’informations de gestion, l’agriculture de précision et l’automatisation agricole et robotique. Le premier système, celui de l’information de gestion, permet d’accéder à une planification de la collecte, du traitement, du stockage et de la diffusion des données pour la réalisation d’opérations dans les fermes agricoles. Le deuxième système concerne l’agriculture de précision. Il s’agit de systèmes destinés à gérer la variabilité spatiale et temporelle de la culture pour améliorer les rendements économiques et de réduire l’impact environnemental des fermes intelligentes. Enfin, le troisième domaine est celui de l’automatisation agricole et de la robotique avec des processus capables d’appliquer des techniques de la robotique, du contrôle automatique et de l’intelligence artificielle à tous les niveaux de la production agricoles et impliquant l’utilisation de drones sur les cultures avec la possibilité de contrôler l’irrigation voire le désherbage localisé. Enfin, ces structures useraient d’une technologie sensitive qui les rendrait plus intelligentes et connectées. L’activité animale serait suivie par des systèmes de géolocalisations performants avec des systèmes de messageries connectés qui alerteraient les producteurs quant au lieu et au positionnement des animaux de ces fermes innovantes.

B. Une agriculture intelligente verticale, le cas de Plenty

Plenty est une start-up de la Silicon Valley californienne qui réalise une agriculture verticale avec l’idée de construire des fermes intérieures de grandes tailles à proximité des villes. L’agriculture verticale est une autre forme d’innovation intelligente mais concerne principalement les cultures intérieures avec une organisation à la verticale pour densifier sa production. La spécificité de cette agriculture innovante est plus que l’agriculture conventionnelle de pouvoir garder un contrôle sur le climat destiné à la production agricole. Les parasites et les pesticides sont minimisés et l’eau et les nutriments nécessaires à la bonne production sont appliqués en conséquences et de manière précise. En fait, une ferme verticale intelligente peut produire davantage de nourriture qu’une ferme traditionnelle. De même, sa proximité avec les zones urbaines permet de réduire les chaines de distributions et de contribuer à une livraison des aliments plus rapides. La particularité de ces fermes verticales est le fait que les plantes destinées à la culture poussent comme l’explique le journaliste David Roberts sur des « tours verticales de 20 pieds » et avec pour l’eau et la condensation de cette production la particularité d’être « collectée et recyclée ». Une innovation de taille dans le domaine de la production agricole de proximité.

Ferme verticale : INFARM développe l’avenir de l’agriculture urbaine et du commerce de détail

Conclusion

Bien entendu, ces innovations technologiques demandent à être analysées avec précision et sur le long terme. Il est important de réfléchir à la manière dont elles transforment l’activité même du producteur agricole tant sur le plan de la gestion de la production qu’au niveau économique. Faut-il voir dans ces innovations une amélioration technique des activités agricoles ? Comment concilier un rendement productif et augmenté par ces technologies tout en maintenant des savoirs-faires de qualités chez les producteurs ? Quelques questions posées ici pour tenter de cerner la manière dont ces fermes intelligentes participent à une évolution des pratiques et en considérant le rapport et l’investissement financier que représentent ces innovations dans un monde agricole en pleine mutation.

Benjamin Lorre
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication – USPC. Il nous propose des articles d’opinions sur les questions de mode de travail, de révolutions des pratiques professionnelles et de l’innovation technologique dans la société. Il s’intéresse aux nouvelles mutations du travail en lien avec la diffusion des technologies numériques.

Sitographie

What is Smart Farming? Smart AKIS est un réseau européen, à destination des agriculteurs, sur les innovations technologiques et les changements de pratiques liées à l’agriculture numérique.
Terre-net Média : Détection des maladies foliaires et des adventices dans le viseur des drones
Vox: This company wants to build a giant indoor farm next to every major city in the world. Vertical farming may finally be growing up.

Intelligence Artificielle : Révolution du travail agricole ?

L’IA pourrait égaler les capacités d’apprentissage humaines d’ici 2050

Le président-directeur général de Breyer Capital, Jim Breyer, a parlé à beaucoup d’experts de l’intelligence artificielle, et sa plus grande solution est que l’intelligence artificielle développera les mêmes capacités d’apprentissage que les humains d’ici 2050. Breyer est excité par le bien qui viendra des applications d’intelligence artificielle.

“Lorsque je visite les campus et que je parle aux experts de l’intelligence artificielle, il y a une année médiane de 2050 où ils pensent que la capacité d’auto-apprentissage de l’intelligence artificielle sera singulière et sera au niveau de l’intelligence humaine”, a-t-il expliqué. “Alors, 2050 ? Est-ce que cela se produira ? Beaucoup de gens pensent que ça ne se produira pas. Ce sont des données médianes de certains des meilleurs chercheurs de l’intelligence artificielle dans le monde”.

Beaucoup de gens dans l’industrie de la technologie ont parlé de l’intelligence artificielle et de son potentiel – pour le meilleur et pour le pire. Le chef de la direction de Tesla, Elon Musk, a considéré l’intelligence artificielle comme la plus grande menace pour la civilisation, alors que Stephen Hawking a déclaré qu’elle pourrait avoir un impact négatif sur les emplois de la classe moyenne et conduire potentiellement à la fin de l’humanité, ce qui a entraîné l’élaboration d’un plan pour arrêter l’apocalypse de l’IA.

CNBC

Des experts prédisent quand l’intelligence artificielle dépassera la performance humaine

Le transport routier sera informatisé bien avant la chirurgie, disent des chercheurs en informatique.

L’intelligence artificielle change le monde et le fait à une vitesse vertigineuse. La promesse est que les machines intelligentes seront en mesure de faire chaque tâche mieux et à moindre coût que les humains. À tort ou à raison, une industrie après l’autre tombe sous son charme, même si peu en ont considérablement profité jusqu’à présent.

Et cela soulève une question intéressante : quand l’intelligence artificielle dépassera-t-elle les performances humaines ? Plus précisément, quand est-ce qu’une machine fera-t-elle votre travail mieux que vous ?

Aujourd’hui, nous avons un début de réponse grâce au travail de Katja Grace de la Future of Humanity Institute de l’Université d’Oxford et à quelques confrères. Pour le savoir, ces personnes ont demandé aux experts. Ils ont interrogé les principaux chercheurs mondiaux en intelligence artificielle en leur demandant à quel moment ils pensent que les machines intelligentes dépasseront les humains dans un large éventail de tâches. Et la plupart des réponses sont assez surprenantes.

Les experts avec qui Grace et son équipe ont coopéré étaient des universitaires et des experts de l’industrie qui ont donné des communications à la conférence internationale sur le machine learning en juillet 2015 et la conférence Neural Information Processing Systems en décembre 2015. Ces deux événements étaient très importants pour les experts en intelligence artificielle, il était donc bon de parier que de nombreux experts mondiaux étaient sur cette liste.

Grace Katja et son équipe leur ont demandé à tous – les 1 634 d’entre eux – de compléter un sondage sur à quel moment l’intelligence artificielle deviendra-t-elle meilleure et moins chère que les humains dans un large éventail de tâches. Parmi ces experts, 352 ont répondu. Grave et son équipe ont ensuite calculé leurs réponses médianes.

Les experts prédisent que l’intelligence artificielle dépassera les humains au cours des 10 prochaines années dans des tâches telles que la traduction des langues (d’ici à 2024), la rédaction de manuels scolaires (d’ici à 2026) et la conduite de camions (d’ici 2027).

Cependant, beaucoup d’autres tâches prendront beaucoup plus de temps à maîtriser pour les machines. L’IA ne sera pas plus compétente que les humains pour travailler dans le commerce de détail jusqu’en 2031, capable d’écrire un best-seller jusqu’en 2049, ou capable de travailler en tant que chirurgien jusqu’en 2053.

Les experts sont loin d’être infaillibles. Ils avaient prédit que l’IA serait plus douée que les humains au Go qu’en 2027 (c’était en 2016, rappelez-vous). En fait, la filiale DeepMind de Google a déjà développé une intelligence artificielle capable de battre les meilleurs humains. Cela a pris deux ans au lieu de 12. Il est facile de penser que cela puisse permettre de démentir ces prédictions.

Les experts pensent avec une probabilité de 50 % que l’intelligence artificielle sera meilleure que les humains dans environ 45 ans.

C’est le genre de prédiction qui doit être prise avec des pincettes. L’horizon de prédiction à 40 ans devrait toujours être vu comme un signal d’alarme. Selon certains experts en énergie, une énergie de fusion rentable est à environ 40 ans, mais ça a toujours été le cas. C’était déjà à 40 ans lorsque les chercheurs ont exploré la fusion il y a plus de 50 ans. Mais c’est resté un rêve lointain parce que les défis se sont révélés plus importants que ce qu’on imaginait.

Quarante ans est un nombre important lorsque les humains font des prédictions parce que c’est la durée de la vie active de la plupart des gens. Ainsi, tout changement prédit allant plus loin que cela, signifie que le changement se produira au-delà de la durée de vie active de tous ceux qui travaillent aujourd’hui. En d’autres termes, cela ne peut se produire avec une technologie dont les experts d’aujourd’hui ont une expérience pratique. Cela suggère qu’il s’agit d’un nombre à traiter avec prudence.

Mais taquiner les chiffres montre quelque chose d’intéressant. Cette prédiction sur 45 ans est la figure médiane de tous les experts. Peut-être qu’un sous-ensemble de ce groupe est plus expert que les autres ?

Pour savoir si différents groupes ont fait des prédictions différentes, Grace Katja et ses confrères ont examiné comment les prédictions ont changé avec l’âge des chercheurs, le nombre de leurs rapports (c’est-à-dire leur expertise) et leur région d’origine.

Il s’avère que l’âge et l’expertise ne font aucune différence dans la prédiction, mais c’est le cas avec l’origine. Alors que les chercheurs nord-américains s’attendent à ce que l’IA surpasse tous les humains d’ici 74 ans, les chercheurs d’Asie s’y attendent d’ici seulement 30 ans.

C’est une grande différence qui est difficile à expliquer. Et cela soulève une question intéressante : qu’est-ce que les chercheurs asiatiques savent que les nord-américains ne savent pas (ou vice versa) ?

Ref: arxiv.org/abs/1705.08807 : When Will AI Exceed Human Performance? Evidence from AI Experts

traduction Thomas Jousse

MIT Technology Review