La Déclaration Technoprogressiste

En marge du colloque international TransVision 2014 (Paris, 20-22 nov.), s’est tenue une réunion rassemblant des représentants du technoprogressisme de plusieurs pays. Un texte proposant des principes communs  a été rédigé. La réunion a rassemblé des membres de l’AFT-Technoprog, Amon Twyman représentant Zero State/L’institut pour le Futurisme Social, David Wood pour les London Futurists et James Hughes pour l’IEET. Le résultat se trouve ci-dessous.

Les technoprogressistes visent un avenir meilleur

Le monde est de manière inacceptable inégalitaire et dangereux. Les technologies émergentes pourraient le rendre largement meilleur, ou bien pire. Malheureusement, trop peu de gens comprennent aujourd’hui la dimension des menaces ou des bienfaits auxquels l’humanité doit faire face. Il est temps pour les technoprogressistes, les transhumanistes et les prospectivistes de renforcer leur engagement politique afin de tenter d’influer sur le cours des événements.

Le cœur de notre engagement stipule que le progrès technologique ainsi que la démocratie sont des prérequis nécessaires pour émanciper l’humanité et la libérer de ses contraintes. Nous reconnaissant dans les promesses des Lumières, nous avons de nombreux homologues dans d’autres mouvements promouvant la liberté et la justice sociale. Nous devons construire des liens de solidarité avec ces mouvements, même si nous nous concentrons sur les possibilités radicales qu’offriront les technologies, sujet qu’ils mettent souvent de côté. En compagnie de nos pairs prospectivistes ou transhumanistes nous devons intervenir pour nous assurer que les technologies soient bien encadrées et réglementées, tout en étant mises à disposition de tous dans des sociétés de droit. Les technologies peuvent exacerber les inégalités et les dangers dans les décennies à venir, cependant si elles sont bien encadrées et démocratisées, elles permettront des vies plus longues en bonne santé pour un nombre croissant de personnes, accroissant la sécurité et la stabilité de la civilisation.

Partant de notre engagement commun à préserver l’autodétermination de chacun, nous pouvons développer des liens de solidarité avec :

  • Les organisations de défense des travailleurs et des chômeurs, suite aux transformations du monde du travail et de l’économie par l’innovation technologique ;
  • Les mouvements des droits liés à la procréation : contraception, IVG, reproduction artificielle ou assistée et choix du génome ;
  • Les mouvements en faveur d’une réforme des lois sur les substances psychoactives et promouvant la liberté cognitive ;
  • Les mouvements de défense des handicapés, pour un accès aux technologies d’assistance et de soin ;
  • Les minorités sexuelles, autour du droit à l’autodétermination du corps ;
  • Les mouvements pour les droits numériques défendant les nouvelles libertés, leurs moyens d’expression et leur organisation.

Nous appelons à une augmentation significative des dépenses publiques pour la recherche de thérapies contre le vieillissement, en plus d’un accès universel à ces thérapies puisqu’elles visent à doter tout le monde d’une vie plus longue et en meilleure santé. Nous estimons qu’il n’existe aucune différence entre « thérapie » et « augmentation ». Une réforme des réglementations sur les médicaments et les implants mélioratifs est donc nécessaire pour accélérer leur acceptation..

Alors que l’intelligence artificielle, la robotique et d’autres technologies détruisent de manière croissante plus d’emploi qu’elles n’en créent, et que les seniors vivent plus longtemps, nous devons nous joindre à l’appel à une réforme en profondeur du système économique. Tout individu devrait se voir libéré de la nécessité de subir l’aliénation d’un travail imposé. Chaque être humain devrait se voir garantir un revenu de base, la prise en charge des soins médicaux, ainsi qu’un accès à vie à l’éducation ou à la formation.

Nous devons nous joindre aux actions en faveur de l’extension des droits fondamentaux à tous les individus, qu’ils soient humains ou non.

Nous devons nous associer avec les mouvements travaillant à réduire les risques existentiels, les informer sur les menaces naissantes qu’ils peinent à prendre avec le sérieux qu’il faudrait, et proposer des solutions sur la manière dont les technologies émergentes pourraient aider à réduire ces risques. Une coopération transnationale peut nous permettre de faire face aux menaces auxquelles nous devons faire face, qu’elles soient d’origine naturelle ou humaine.

Il est temps pour les technoprogressistes d’avancer et de travailler en commun pour un avenir meilleur.

Paris, Novembre 2014

—-

Liste des signataires internationaux et texte original en anglais sur le site de l’IEET.

source

Futuremag : à la recherche de l’homme bionique

[Replay FutureMag] “Future” explore les promesses offertes par les dernières découvertes et inventions. Cette semaine, l’homme du futur sera-t-il bionique ? Ces dernières années les avancées techniques se sont accélérées jusqu’à proposer aujourd’hui des prothèses qui restituent le sens du toucher. Tout au long de cette émission, vous plongerez dans l’univers de l’intelligence artificielle pour découvrir les dernières innovations autour des prothèses de plus en plus intégrées au corps humain. Les questions éthiques autour de ce nouveau type de transhumanisme se bousculent : l’homme du futur sera-t-il bionique ?

Petite histoire des implants neuronaux

L’histoire des implants neuronaux remonte aux années 1830, lorsque les neurones sont découverts par deux scientifiques, Camillo Golgi (scientifique italien) et Santiago Cajal (neuroscienfitique espagnol). Ces deux chercheurs ont permis d’expliquer le système nerveux et ont commencés à avancer des théories sur son fonctionnement, cependant ils étaient limités par le manque de technologie de l’époque, il faut attendre la deuxième moitié du XXème siècle pour voir naître l’idée d’implants neuronaux. Un des principaux pionniers dans ce domaine est le scientifique espagnol José Delgado, dès les années 1950 Delgado travail sur des possibles implants, il est à l’époque professeur à la prestigieuse université de Yale aux Etats-Unis. Quelques temps plus tard, en 1962 José Delgado réalise une expérience qui est transmise en direct sur la télévision espagnole, lors de cette expérience Delgado parvient à stopper la charge d’un taureau grâce à une télécommande et à un implant qui avait été greffé dans le cerveau de l’animal, c’est une première mondiale, personne n’avait réussi à accomplir ce que Delgado venait de réaliser. Suite à cette expérience, Delgado a été approché par le gouvernement espagnol pour qu’il continue ses recherches en Espagne et non en Amérique, Delgado accepte et travail alors pour le gouvernement Franquiste.

Cette expérience a suscité de nombreuses réactions au niveau de l’opinion publique et scientifique, mais cette expérience n’a pas eu de suite connue, étant donné que Delgado travaillait pour Franco, dans une dictature militaire, il se peut qu’il y ait eu d’autres expériences mais qui n’ont pas été publiques.

Quelques années plus tard, en 1998, Kevin Warwick, un scientifique britannique lance le projet Cyborg 1.0. Au cours de ce projet Warwick s’implante une puce qui lui permet de contrôler des objets robotisés à distance comme un bras bionique. L’année suivante Yan Dang, parvient à reconstituer la vision d’un chat grâce à des implants qui lui ont permis de récupérer l’activité neuronale du chat et qu’il a ensuite traduite.

De nos jours de nombreux chercheurs et entreprises privées travaillent sur des implants ayant diverses fonctions, les implants neuronaux ont des utilisations très variées, ce qui peut être à la fois un avantage comme un inconvénient.Les implants sont aujourd’hui très controversés car leurs utilisations variées pourraient être un danger pour la société, mais aussi une solution pour guérir une grande quantité de maladies psycho-motrices ou cérébrales.

source

Quel serait l’impact des Implants neuronaux sur l’humanité?

Quel serait l’impact des implants neuronaux sur l’humanité ? Sur cette question toutes les prévisions de notre possible future société se ressemblent. Cependant, les avis sur les aspects de ce futur divergent. Nous sommes donc amenés à nous demander jusqu’où la recherche sur ces implants, ainsi que sur toute autre technologie allant dans le sens du transhumanisme, doit aller ? Car en effet, selon Bill Joy l’humanité se perdra le jour où l’homme sera parvenu à concevoir une machine plus intelligente que l’homme.

Le modèle vers lequel se dirige notre société semblerait être certain, et devrait voir le jour 2030-2040.  Les humains évolueraient vers une autre espèce : celle des cyborgs. Nous vivrions en symbiose avec la technologie grâce à nos implants, neuronaux et autres : c’est le principe de la singularité (l’homme et la machine ne feraient qu’un) qui est considéré comme le meilleur choix pour les intérêts respectifs de tous par ceux en faveur des implants neuronaux. Comme le décrit Kevin Warwick nous serions tous connectés à plusieurs ordinateurs, formant ainsi un réseau particulièrement puissant et intelligent. Il prévoit également une suppression du langage qu’il décrit comme trop lent et inapproprié à notre époque, la communication se ferait donc par transfert d’information direct grâce à la télépathie que créerais les implants neuronaux. Il conçoit bien que certains s’opposent dès aujourd’hui et s’opposeraient plus tard à cette technologie et décideraient de ne pas y avoir recours, mais alors ils seraient selon lui une « sous espèce » contrairement à la nouvelle humanité constituée d’humains améliorés.

Cette perspective est aussi envisagée par Hugo de Garis, mais d’une manière beaucoup plus cataclysmique. Selon lui l’humanité est déjà divisée en 3 : les Cosmites, les Cyborguiens, et les Terrans. Les Cosmites sont ceux qui souhaitent la construction d’artilectes, des intelligences artificielles largement supérieures aux capacités humaines. Les Cyborguiens eux souhaitent se faire implanter, de manière à devenir des surhommes grâce aux artilectes. Et enfin les Terrans s’opposent aux artilectes et les craignent car ces derniers, biens supérieurs à nous, pourraient bien nous exterminer et détruire l’humanité. Il pense que ce différent, si cette technologie imprègne finalement notre société, aboutirait à une grande guerre, une guerre mondiale d’une ampleur sans précédent.

Cependant Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google et co-fondateur l’Université de la Singularité (dans la Silicon Valley), estime qu’aucune guerre n’aura lieu et que tout naturellement et s’en même s’en rendre compte, les humains s’habitueraient à utiliser des technologies étendant de façon plus ou moins considérable leurs capacités individuelles et collectives.

La définition de l’être humain serait totalement chamboulée. Kevin Warwick, même s’il considère qu’arriver à une symbiose avec les machines est non seulement inévitable mais aussi le meilleur choix à venir, est conscient des risques que pourraient apporter les implants : il pense que le réseau formé par nos ordinateurs et nos implants finirait très probablement par faire des choix à notre place. Bill Joy le rejoint sur cet avis, et prédit que l’informatique et les implants neuronaux dépasseront un jour ses concepteurs, à tel point qu’ils finiraient par substituer l’humanité. Il critique également une possibilité que permettent les implants neuronaux qui est la quasi immortalité grâce au transfert de la conscience. Ainsi selon lui nous n’aurions plus d’existence physique et ni de pouvoir décisionnel, et l’extinction de notre espèce serait arrivée. Mais à ce sujet tous ne sont pas d’accord, Ray Kurzweil prend l’exemple de l’homme actuel, bardé d’électronique et branché sur Internet et qui n’a plus grand chose à voir avec celui de l’Ancien Régime. Il n’a pas cependant l’impression d’avoir perdu ce qu’il estime être le propre de l’humain, pour défendre les implants neuronaux.

Transhumanisme : en route vers l’Homme augmenté

Un futur où l’Homme fusionnerait avec les machines ? Où il ne connaîtrait plus la maladie, la vieillesse, voire la mort ? C’est ce qu’imaginent les transhumanistes. Bienvenue dans l’ère de l’Humain +

Bienvenue dans votre futur. Un futur proche, très proche. Que vous avez le pouvoir de façonner… ou de laisser entre d’autres mains. Voici le premier billet d’une série consacrée à un courant de pensée technophile qui a déjà beaucoup fait parler de lui, j’ai nommé le transhumanisme.

Vous connaissez sûrement les mythes de la pierre philosophale, de la fontaine de Jouvence, du Saint Graal, de Prométhée, d’Icare. Nous avons, de tous temps, rêvé de nous améliorer. D’être plus forts, plus intelligents, l’égal des Dieux. Aujourd’hui, les surhommes des comics et des légendes antiques ne sont plus juste un rêve. Et les bouquins d’Isaac Asimov ne semblent plus aussi éloignés de la réalité.

Intelligence artificielle, robotique, nanotechnologies : la science progresse, inexorablement. Ce qui était inconcevable il y a quelques décennies fait partie de notre quotidien. Les smartphones sont devenus les prolongements de nos bras. Bras que nous n’aurons même plus besoin d’utiliser avec les Google Glass.

A quand des implants, directement dans le cerveau, qui nous permettront de mieux voir, de surfer sur internet par l’esprit, sans smartphone ou sans Google Glass ? Et bien, peut être demain.

“Humain +”

Kezako, le transhumanisme ? C’est un mouvement (de pensée) né en Californie dans les années 80, qui soutient que grâce à la technologie, l’Homme pourra accroître ses capacités, s’améliorer. Pour les transhumanistes, l’Homme est arrivé à une nouvelle étape de son évolution : l’évolution grâce aux machines et aux biotechnologies. […]

Fusionner avec la machine […]

Parler des risques […]

lire la suite sur CNET