La ruée vers les datas

Depuis les couloirs du Parlement Européen, chronique de la difficile élaboration d’une nouvelle loi pour la protection des données personnelles, enjeu central opposant les citoyens aux intérêts privés.

Chaque fois que nous faisons nos courses sur Internet, interrogeons un moteur de recherche, activons la géolocalisation sur notre smartphone ou même utilisons notre carte de transport ou de crédit, nous laissons des traces : des masses d’informations personnelles sont collectées sur nos habitudes de consommation, nos goûts, nos déplacements ou nos opinions. Des informations hautement exploitables – et monnayables. Nombreux sont les observateurs à l’affirmer : les données seront le pétrole du XXIe siècle. Utilisée de manière judicieuse, cette manne offre la promesse de transformer nos vies en profondeur. Mais à quel prix ? Ces données personnelles échappent de plus en plus aux citoyens, au profit des entreprises. Comment nous protéger contre l’utilisation incontrôlée de nos données, garantir notre droit à l’autodétermination et sanctionner les contrevenants ? Selon les lobbies privés, une loi trop draconienne risquerait de faire fuir les entreprises du territoire européen. Mais faut-il pour autant sacrifier la vie privée des citoyens ?

Depuis plusieurs années, l’Union européenne travaille à réformer la loi sur la protection des données personnelles. Le jeune député vert européen Jan Philipp Albrecht a notamment pris ce combat à bras-le-corps, en se faisant le rapporteur du Parlement européen sur la réglementation de la protection des données. Ce documentaire suit le parcours complexe de la législation européenne en la matière, en interrogeant des acteurs aux intérêts souvent divergents : politiques, juristes, membres de la société civile ou du monde des affaires.

Arté tv

Safran dévoile une nouvelle version de son Selfie Check SDK

Afin d’accroître la précision et la sécurité de sa solution biométrique d’authentification faciale pour les appareils mobiles, Safran Identity & Security a amélioré son SDK Selfie Check avec une meilleure détection du vivant.

Lorsque les utilisateurs présenteront leur visage pour s’authentifier, ils recevront de manière aléatoire des consignes leur demandant de tourner leur tête à droite, à gauche, de la baisser, voire d’effectuer une combinaison des trois, afin de garantir que l’utilisateur est bien une personne réelle et vivante. La capacité de reconnaître une personne en chair et en os augmente considérablement la sécurité et la fiabilité d’un système biométrique, tout en réduisant le risque de piratage et de fraude.

Le nouveau SDK biométrique de Safran, destiné aux téléphones portables avec détection améliorée du vivant, sera exposé lors du salon Mobile World Congress de la GSMA à Barcelone (du 27 février au 2 mars) sur le stand de Safran Identity & Security (Hall 6 / Stand G 30).

Biometric Update, Safran

Améliorer son cerveau : oui, mais pas n’importe comment !

Présentation de l’éditeur : Chaque semaine ou presque, on nous explique qu’on peut recâbler, voire “libérer” son cerveau, augmenter sa mémoire ou stimuler sa concentration. Mais quels sont les vrais pouvoirs des neurosciences? Et comment procéder en pratique ? Vieux rêve de l’humanité, on sait maintenant qu’il est possible d’améliorer son cerveau… mais pas n’importe comment ! Apprendre plus vite, mieux dormir, modifier son humeur, prévenir les maladies neurodégénératives, méditer et se relaxer à l’aide d’un smartphone, etc. : ces pouvoirs inouïs sont à notre portée, avec à la clé de profonds bouleversements de notre société. Notre compréhension du cerveau a fait des progrès stupéfiants ces dernières années, consacrant un nouveau champ de recherche : la neuro-amélioration. En voici le fascinant récit par l’un des meilleurs spécialistes, qui a activement contribué à la diffusion de ces techniques en dehors des laboratoires. Une révolution est en marche : en serez-vous ?

Michel Le Van Quyen est chercheur en neurosciences à l’INSERM et dirige un groupe de recherche à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (hôpital de la Pitié-Salpêtrière).

Je rapporte dans ce livre une véritable révolution où des technologies utilisées des laboratoires de recherches commencent à en sortir et se diffusent dans le grand public. Ces dispositifs proposent tous d’agir sur le cerveau pour en améliorer le fonctionnement, c’est-à-dire augmenter la concentration ou la mémoire mais aussi le bien être, l’humeur ou le sommeil. Ici, pas de puce d’implanté dans le cerveau, ces systèmes sont des bandeaux ou des casques qui se portent comme un chapeau avec quelques capteurs (minuscules) à des points stratégiques sur le crâne et sont tous des objets connectés à des smartphones. Une vague d’innovations technologiques est sur le point de toucher notre quotidien. L’objectif de ce livre est de décrire en détail ces nouveaux dispositifs, leurs histoires et leurs effets, compte tenu de l’état actuel des connaissances scientifiques.

https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10212-02.02.2017-ITEMA_21216971-0.mp3?_=1

France Inter, 2 février 2017 : Améliorer son cerveau, 54’30
Voir aussi sur Franceinfo : Michel Le Van Quyen présente un casque qui améliore les capacités cérébrales

Écologisme et transhumanisme. Des connexions contre nature

Ecologistes, véganes et sympathisants de gauche prolifèrent au sein du mouvement transhumaniste. Après Le Monde, Le Nouvel Obs et Politis, Primevère, le plus grand salon écologiste français, invitait en 2016 un de ses représentants à s’exprimer. Didier Cœurnelle, vice-président de l’Association française transhumaniste, est élu Verts en Belgique. Il aurait eu les mots pour séduire les visiteurs de Primevère, avec une « vie en bonne santé beaucoup plus longue, solidaire, pacifique, heureuse et respectueuse de l’environnement, non pas malgré, mais grâce aux applications de la science (1). » II aura fallu les protestations d’opposants aux nécrotechnologies pour que le salon annule son invitation (2). Les transhumanistes ne luttent pas contre les nuisances. Technophiles et « résilients », ils comptent sur l’ingénierie génétique, la chimie et les nanotechnologies pour adapter la nature humaine et animale à un milieu saccagé.

Faut-il un État mondial inter-espèces pour lutter contre les dominations entre humains et animaux ? Voire entre animaux, avec des prédateurs devenus herbivores après modification génétique ? Même si leurs idées prêtent à rire, les transhumanistes ne sont pas des ahuris victimes d’une indigestion de mauvaise science-fiction. Ils sont écologistes et véganes (c’est-à-dire refusant de consommer les produits issus des animaux), certes. Parfois même bouddhistes. Mais aussi philosophes, généticiens, informaticiens, sociologues ou start-uppers rétribués par Harvard, Oxford, la London School of Economics ou Google. La plupart d’entre eux veulent le bien de la planète et de ses habitants, lutter contre les oppressions, tout en augmentant notre espérance de vie jusqu’à « la mort de la mort ».

Les deux porte-parole du mouvement transhumaniste francophone revendiquent leur militantisme « écolo ». Marc Roux a été adhérent de l’Alternative rouge et verte. Didier Cœurnelle est élu Verts de la commune de Molenbeek. Le cofondateur de Humanity+, la principale association transhumaniste américaine, David Pearce, est un militant antispéciste et végane. L’Australien Peter Singer, philosophe et auteur du livre de référence des antispécistes La Libération animale (1975), est lui-même transhumaniste et ancien candidat Verts en Australie. Quant à l’actuel directeur de Humanity+, James Hughes, en tant que bouddhiste, il ne ferait pas de mal à une mouche. Loin de l’image repoussoir de libertariens insensibles aux malheurs qui les entourent, les transhumanistes sont souvent des progressistes de gauche, écologistes et féministes, suivant la bonne conscience qui règne dans la Silicon Valley depuis le mouvement hippie des années 1960. En France, à l’avant-garde des partisans de la reproduction artificielle de l’humain (PMA-GPA) figurent les membres d’Europe Écologie-Les Verts.

D’après Marc Roux et Didier Cœurnelle, auteurs de Technoprog (3), les transhumanistes seraient majoritairement de gauche, attachés à un système social et à une médecine redistributive, contre l’idée d’une humanité à deux vitesses après sélection génétique. Ils se trouvent même des points communs avec les « objecteurs de croissance » (4). Fort bien. Laissons de côté les ultras, libertariens ou technogaïanistes, et intéressons-nous à ces transhumanistes sociaux-démocrates et soi-disant écolos. Ceux qui introduisent le loup transhumaniste dans la bergerie verte.[…]

L’écologie transhumaniste est pétrie de cette idéologie de la « résilience » – un terme issu de la psychologie synonyme d’adaptation à la dégradation des conditions d’existence –, qui prévaut aujourd’hui jusque dans les Conférences sur le climat. « Aucune idée n’est à écarter a priori si elle peut déboucher sur une meilleure adaptation des corps à leur environnement. […] Il s’agit, dans la tradition du darwinisme social, de permettre la survie du mieux adapté. Crèvent les faibles et les inadaptés. D’où l’appel aux transformations génétiques. Voilà l’imposture.[…]

TomJo, Hors-sol, octobre 2016

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Modifier l’espèce humaine ou l’environnement? Les transhumanistes face à la crise écologique

 

La silicolonisation du monde : l’irrésistible expansion du libéralisme numérique

https://www.mollat.com/Content/Upload/Audio/8c515daf-babd-4427-8e88-37904b855b47.mp3?_=2


Ecrivain et philosophe, Eric Sadin explique comment, grâce aux technologies numériques, à une certaine partie de la classe politique et par l’algorithmisation de la société, la mise en place d’un technolibéralisme prétend instaurer une marchandisation intégrale du vivant provoquant le dessaisissement du pouvoir de décision de l’individu.

Berceau des technologies numériques (Google, Apple, Facebook, Uber, Netflix, etc.), la Silicon Valley incarne l’insolente réussite industrielle de notre époque. Cette terre des chercheurs d’or, devenue après-guerre le coeur du développement de l’appareil militaire et de l’informatique, est aujourd’hui le lieu d’une frénésie innovatrice qui entend redéfinir de part en part nos existences à des fins privées, tout en déclarant oeuvrer au bien de l’humanité. Mais la Silicon Valley ne renvoie plus seulement à un territoire, c’est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde. Une colonisation d’un nouveau genre, portée par de nombreux missionnaires (industriels, universités, think tanks…), et par une classe politique qui encourage l’édification de valleys sur les cinq continents, sous la forme d’écosystèmes numériques et d’incubateurs de start-up. Au-delà d’un modèle économique, c’est un modèle civilisationnel qui s’instaure, fondé sur l’organisation algorithmique de la société, entraînant le dessaisissement de notre pouvoir de décision. C’est pour cela qu’il est urgent d’opposer à ce mouvement prétendument inexorable d’autres modalités d’existence, pleinement soucieuses du respect de l’intégrité et de la dignité humaines.

Ouverture d’un centre d’innovation Safran Identity & Security à la Silicon Valley

Safran Identity & Security va ouvrir un nouvel établissement doté d’un centre d’innovation avec un accent particulier sur le paiement numérique, l’identité numérique et l’Internet des objets (IoT) à la Silicon Valley fin 2016.

La nouvelle installation, située à Redwood City, se placera stratégiquement près des communautés High-tech de la Silicon Valley et San Francisco.

Selon un communiqué de la société, les visiteurs pourront interagir avec les solutions logicielles et matérielles de Safran et expérimenter comment la société conduit la transformation numérique à travers toute l’expérience client. Cela inclura les technologies d’identification et d’authentification biométrique de Safran, les solutions basées sur le cloud computing et les kits de développement logiciel (ou SDK) pour les appareils mobiles.

Anne Bouverot, CEO, Safran Identity & Security, a déclaré : « être à la pointe de la biométrie, de l’identité numérique et des technologies de sécurité, c’est la prochaine étape logique pour nous pour devenir une partie de la communauté d’innovation dynamique à la Silicon Valley. Grâce à notre nouvel emplacement, nous voulons permettre à la communauté du développement d’interagir avec nos produits afin que nous puissions ensemble, concevoir des solutions encore meilleures. »

BiometricUpdate

La nouvelle servitude volontaire. Enquête sur le projet politique de la Silicon Valley

Philippe Vion-Dury est essayiste, journaliste, chroniqueur, spécialiste des questions de société, des nouveaux modèles économiques et des technologies.

Avec comme crédo la volonté de changer le monde, c’est au coeur de la Silicon Valley que se façonne la société numérique.

Portées par une spectaculaire réussite économique, les entreprises de haute technologie veulent dessiner un monde meilleur en prenant en main la majorité des aspects de notre quotidien, en généralisant la prédiction algorithmique.

L’homme devient intégralement transparent, immatériel. La liberté de choisir, la créativité et l’émancipation sont désormais remplacées par l’anticipation, la prédiction et la régulation. C’est bien plus qu’une révolution numérique ; c’est un véritable projet politique qui est à l’œuvre.

Avec rigueur et précision, Philippe Vion-Dury révèle que les technologies sont porteuses d’une idéologie et d’un projet de civilisation. Il démontre que les modèles prédictifs, les algorithmes et les objets connectés instaurent une société du contrôle dans laquelle l’individu, comme le collectif, abandonne la maîtrise de son destin. Il explique comment la peur de se confronter à la solitude, à l’altérité et à l’échec nous conduit à une nouvelle servitude volontaire.

“La masse de données que ces entreprises collectent sur leurs utilisateurs est pour vous la porte ouverte aux manipulations. C’est particulièrement préoccupant, en période d’élections. Il suffit de constater le pic d’inscriptions sur les listes électorales aux Etats-Unis provoqué par un simple rappel de Facebook”.

“Actuellement, des équipes avec des moyens énormes travaillent sur quelque chose qui paraît tout bête: les notifications. Le but est de créer des comportements addictifs et des accoutumances, pour ramener les utilisateurs dans l’enceinte des applications”. 

“Plus les individus deviennent transparents, plus les instances de pouvoir – les entreprises – deviennent opaques. Personne ne peut forcer Google à révéler comment fonctionne son algorithme. Les Etats eux-mêmes sont plus transparents”. lire l’article sur L’Expansion – L’Express

“Il est aujourd’hui très convenu de dire que les technologies numériques pourraient dégénérer en une surveillance de masse, totalitaire, dont la Stasi n’aurait même pas rêvé”.

“Les entreprises étendent maintenant leurs mains sur notre intimité, nous accompagnent partout : dans nos rendez-vous amoureux, nos découvertes artistiques, nos recherches intellectuelles, nos achats, notre santé, etc. Dans ce système-là, nous avons tous l’illusion sans cesse renouvelée de la liberté et du plaisir, alors qu’en réalité, nous nous laissons exploiter pour pouvoir consommer davantage. Nous affadissons notre vie en laissant pénétrer la logique marchande toujours plus profondément, et affaiblissons notre libre-arbitre en nous en remettant aux conseils, suggestions et recommandations de ces multinationales amicales”. lire l’article sur Le Comptoir

Des lunettes intelligentes vous permettront de contrôler des ordinateurs avec vos yeux

Bientôt, vous pourrez contrôler un écran d’ordinateur simplement avec vos yeux. Eyefluence, une start-up de la Silicon Valley, travaille sur une technologie de navigation à mains-libres en utilisant des verres à réalité augmentée. Les verres sont équipés de caméras pouvant évaluer où vous êtes à n’importe quel moment et les utilisateurs peuvent cliquer sur des icônes en un coup d’œil.

« La technologie avance aussi vite que vous pouvez penser », dit Jim Marggraff, fondateur et CEO. Il ajoute qu’à la différence d’autres technologies d’eye-tracking (Oculométrie), Eyefluence marche « sans cligner [des yeux] et sans attendre. »

Eyefluence déclare avoir la première interface utilisateur basée sur la « connexion œil-cerveau ». Marggraff dit qu’il y aura des applications grand public et commerciales pour les verres. Il estime qu’il y a 40 millions de « travailleurs sans bureau » et voit des cas d’utilisations pour tout allant de la construction d’un bloc opératoire.

Traduction Thomas Jousse

TechCrunch

Sony brevette des lentilles de contact mimant un appareil photo

Singularity University ouvre une antenne à Genève

Avec le soutien de Google et de la NASA, la Singularity University a pour vocation d’offrir aux décideurs un avant-goût des ruptures économiques, politiques et sociales à venir, induites par les nouvelles technologies. Objectif : les préparer à agir dans l’intérêt de l’espèce humaine.

La Faculté insolite s’est installée dans les locaux de la Fongit, la pouponnière locale pour jeunes pousses. «Nous visons à importer la formule californienne pour la croiser avec le terrain d’élevage romand en matière d’innovation et d’excellence», précise Nicoletta Iacobacci.

lire l’article sur Le Temps.ch