L’évolution de nos gènes : Les origines de l’Homme

Ce documentaire retrace les étapes fondamentales qui permettent aux scientifiques d’expliquer la génétique de l’évolution. A titre d’exemple, ce sont des modifications de génome qui ont rendu possible la sécrétion de salive ou encore la modification de notre peau. En compagnie de Bernard Werber, l’écrivain dont les romans romans mêlent la science-fiction et la biologie, cette première partie interroge sur le futur de l’être humain et s’intéresse à la propagation des maladies …

Grande-Bretagne : Feu vert pour la modification génétique d’embryons humains

Diffusé le Mardi 27 décembre 2016 sur RMC

Quand l’humanité diverge : la spéciation des posthumains

PostHumains : frontières, évolutions, hybridités, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 205-224. (initialement publié le 6 décembre 2015, l’introduction est disponible en PDF, ainsi que la table des matières PDF).

Elaine Després, Université de Montréal, Département des littératures de langue française, Post-Doc.

La posthumanité s’inscrit tout naturellement dans une réflexion sur le devenir humain, sur les transformations physiologiques, cognitives, génétiques ou technologiques de ce que nous sommes, soulevant la question de notre définition en tant qu’espèce et celle de nos limites, qui formeraient la frontière au-delà de laquelle nous ser(i)ons autre chose. cette réflexion peut relever de l’utopie (chez les transhumanistes), de l’optimisme (les théories gender du cyborg), de l’humanisme (refus de voir disparaître l’humain actuel ou celui d’un passé jugé meilleur) ou du pessimisme (représentation apocalyptique de la fin inéluctable de l’humanité), mais rarement la posthumanité est-elle perçue comme le résultat du mouvement naturel de l’évolution des espèces et rarement est-elle présentée comme pouvant prendre plusieurs formes coexistantes. Or, la plupart des théories de l’évolution sont fondées sur le concept de la divergence, la logique voudrait donc que l’on parle des posthumanités, comme il faudrait parler, sur le plan anthropologique, des humanités. Si l’homme est actuellement le seul représentant du genre Homo, il n’en a pas toujours été ainsi, tel que s’évertue à nous en convaincre le paléoanthropologue pascal picq : « il y a 40 000 ans, c’était hier, il y avait sur cette Terre plusieurs espèces d’hommes, c’est-à-dire biologiquement différentes, mais […] tout aussi humaines. Jusqu’à s’échanger des outils, des parures 1 ». cette cohabitation entre espèces humaines, une locution jamais utilisée au pluriel, n’est pas si lointaine et le processus de spéciation, par lequel pourrait advenir une posthumanisation, conduit logiquement au retour d’une telle cohabitation. Thierry Hoquet souligne que les leçons de la lutte pour la survie doivent être appliquées à l’homme : la question du bricolage (ou des mutations) dirigé(es) est aussi celle d’une espèce, la nôtre, inquiète de son avenir, envisageant l’apparition d’espèces nouvelles rivales, songeant à son expansion dans l’univers, fût-ce au prix de transformations l’affectant elle-même.

À partir des différents aspects du principe de la spéciation, processus d’apparition des nouvelles espèces biologiques, il s’agira d’observer dans quelques textes de fiction la représentation du processus de posthumanisation, et plus particulièrement la coexistence d’espèces « humaines » multiples. la spéciation, qui explique la biodiversité actuelle, est un principe le plus souvent géographique : lorsque deux groupes de la même espèce sont physiquement séparés, ils évoluent indépendamment jusqu’à devenir deux espèces, chacune mieux adaptée à son nouvel environnement. nous verrons que cette dynamique influe profondément sur la construction des récits : c’est le cas avec les Eloi arboricoles et les Morlocks troglodytes de H. G. Wells (The Time Machine), les multiples espèces humanoïdes de Brian aldiss (Hothouse), les Stock people et New humans de robert charles Wilson (« The Great Goodbye ») ou encore les old-style people, potentates et autres hrats de Geoffrey a. landiss (« a Story of the Human and the posthuman Species: a View from Evolutionary Ecology »).

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La multiplication des espèces : spéciation et divergence
Les temps de l’évolution
Les limites de la variabilité ou le bricolage du vivant
Homme de souche, homme nouveau
L’écologie des spéciations posthumaines
Bibliographie

“… l’humanité survivra-t-elle à la prochaine spéciation ?

Infléchir le futur ? Le transhumanisme comme auto-transcendance

Vincent Guérin, International Psychology, Practice and Research, 6, 2015


Résumé : Comment le transhumanisme oriente-t-il notre futur ? Entre l’eschatologie de la singularité technologique et la société de l’abondance promise par les nouvelles technologies (NBIC), il s’agit de saisir l’émergence et la diffusion d’une transcendance opératoire, son « inquiétante étrangeté ».


« The best way to predict the future is to create it yourself. » (17e loi de Peter H. Diamandis)

Introduction

Dans cet article, nous allons nous intéresser à la « communauté » des « singularitariens » de la Silicon Valley (Grossman, 2011). Deux de ses figures, Ray Kurzweil et Peter H. Diamandis ont créé, en 2008, l’université de la singularité. Son ambition : préparer l’humanité au changement induit par une accélération technologique à venir annoncée comme foudroyante. Cette entreprise qui prépare l’avenir tout en favorisant leurs ambitions. Au final, il s’agit d’explorer le tissage des forces en présence, mais aussi la réthorique utilisée par les « ingénieurs » singularitariens pour stimuler, orienter des recherches « stratégiques » devant favoriser leurs desseins. Sont-ils en mesure d’infléchir le futur, le faire advenir ?

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Sommaire :

La singularité technologique : enfer ou âge messianique ?

L’Université de la singularité

La possibilité de l’abondance

Conclusion

Bibliographie

Le prix Nobel de Physique hongrois Dennis Garbor affirme que « tout ce qui est techniquement faisable doit être réalisé, que cette réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable » (Gabor, 1973) ⇒ Le transhumanisme : Ce qui est possible est-il toujours souhaitable ?

 

Le transhumanisme en question – Radio Courtoisie

12:00 Libre Journal de la liberté politique du 24 février 2016 : “Le transhumanisme en question”.

François Billot de Lochner, assisté d’Anne-Sophie Hongre-Boyeldieu, recevait Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, et Guy Pagès, prêtre.

La marchandisation de la vie humaine à l’ère de la bioéconomie
Les nouveaux marchés cannibales, mondialisation et marchandisation du corps humain
Le marché de la stérilité et l’industrie de la procréation artificielle
L’utérus artificiel
De l’incapacité du principe de précaution à appréhender la question du devenir même de notre humanité sous la pression de technologies nouvelles (NBIC) et de la nécessaire extension du principe de précaution
Les organismes auxquels prennent part les transhumanistes et les principales personnalités transhumanistes
Les technologies émergentes

Anne Frémaux – L’ère du Levant

Roman d’anticipation philosophique sur le thème de la crise écologique, du post-humanisme, de la révolution transhumaniste, des évolutions sociétales et spirituelles du futur.

Anne Frémaux, est agrégée de Philosophie et Doctorante à la Queen’s University de Belfast (UK). Elle a publié un essai critique, La nécessité d’une écologie radicale (Sang de la Terre, 2011) et signe là son premier essai dystopique.

En l’an 90 de la nouvelle ère, Dimitri Atskov, le puissant Gouverneur d’Urbio, première province dans l’ordre protocolaire de la Confédération, envoie la jeune Jana en mission dans le territoire du Levant où, à cause de dérèglements magnétiques liés aux vents solaires, aucun cyborg ou homme augmenté ne peut pénétrer. Elle y rencontrera le vieux Gild et son fils, Github, et sera confrontée aux effets de l’holéum, la fleur du soleil aux vertus psychotropes qui ouvre l’esprit sur de nouvelles réalités. Outre l’amour et les révélations qui l’attendent sur le sens véritable de son existence ainsi que sur le secret de sa naissance, elle fera l’expérience de modes de vie rudimentaires, de formes de pensée et de pratiques spirituelles aux antipodes de ce qu’elle connaissait jusqu’alors et qui la pousseront à questionner la rationalité et le bien-fondé de son monde hautement « technologisé ».

Pendant ce temps, dans la banlieue prolétarienne d’Ustis, capitale d’Urbio, la Résistance se poursuit autour de Rostam et d’Ahün contre l’organisation eugéniste et bientôt génocidaire de la société urbienne qui condamne les faillibles improductifs à la mort et s’apprête à déclarer l’espèce humaine « obsolète », au nom de la révolution mécatronique (transhumaniste) en cours, menée par la vieille Fräulein Kassner. D’autres protagonistes, tels que Clara, la femme du Gouverneur, qui s’oppose aux desseins de son mari, la petite Emna qui rêve d’épouser un robot ou Marius, jeune homme insouciant qui profite des rouages du système et savoure son ascension progressive dans l’échelle confédérale, auront des rôles clés à jouer dans la trame événementielle.

Les destins vont cheminer, se croiser, s’associer ou s’affronter dans un ballet haletant qui va décider du devenir de l’humanité et du sort de la planète tout entière. L’avenir sera-t-il encore humain ? Comment définir l’humanisme à l’heure des manipulations génétiques et des technologies d’amélioration de l’homme (Human enhancement technologies) ? Telles sont les questions centrales auxquelles ce livre d’anticipation tente de répondre et dont l’objet premier pourrait ainsi être résumé : éviter que « l’humanité » ne se perde en route…

Aussi captivant qu’alarmant, aussi effrayant que touchant, ce récit aux accents spiritualistes qui prend pour toile de fond des thèmes aussi importants que la crise écologique, les technologies reproductives, le terrorisme, le post-humanisme et la révolution transhumaniste, nous livre là une peinture prospective fascinante, doublée d’une réflexion critique profonde des enjeux de notre temps. Véritable vade-mecum philosophique pour le présent et le futur, cette œuvre également poétique, décrit avec générosité les aspects émouvants et touchants de la nature humaine, soulignant sa fragilité constitutive comme son éternelle capacité d’adaptation et de transformation face aux épreuves qu’elle rencontre en chemin. Un récit qui ne laissera personne indifférent…

André Gorz : L’Immatériel … Ou vers une civilisation posthumaine ?

Le philosophe André Gorz consacre un chapitre de L’Immatériel (éditions Galilée) aux progrès de l’inhumain, de l’intelligence artificielle à la vie artificielle, de l’homme-machine aux machines humaines et aux manipulations génétiques.

Ce petit livre, écrit avec une grande simplicité, apporte un éclairage cohérent sur l’évolution du capitalisme actuel, lui-même sous la pression de son entrée dans “l’ère informationnelle”. Après avoir fait une présentation très alléchante du travail “immatériel” et du capital “immatériel”, il s’interroge dans les deux derniers chapitres sur l’alternance : vers une société de l’intelligence ? Ou vers une civilisation post-humaine ? Distinguant bien le savoir culturel des connaissances techniques marchandisables, il brosse avec quelques inquiétudes les objectifs desubjectivants, aussi bien du capitalisme que de la science, qui ne permettent plus le retour réflexif sur soi. Il montre enfin que l’alliance du capital et de la science commence à présenter des fissures : “Mais s’il n’est pas question pour le capital de s’émanciper de sa dépendance vis-à-vis de la science, la perspective s’ouvre à la science de pouvoir s’émanciper du capitalisme”. Mais qui donc, s’interroge-t-il, mènera la réforme de la pensée et la nécessaire bataille de l’esprit ?

Extrait du chapitre 4 d’André Gorz, éd. Galilée, 2003

1. Connaissance vs savoir, science vs monde sensible : progression du déshumain
2. Science et haine du corps
3. De l’intelligence artificielle à la vie artificielle
4. De l’obsolescence du corps à la fin du genre humain
De l’homme-machine aux machines humaines
Reprogrammation génétique : de qui par qui ?

Téléchargez le PDF : Gorz_Ou_vers_une_civilisation_posthumaine

« Il s’agit de rien de moins que d’industrialiser la (re)production des humains de la même façon que la biotechnologie industrialise la (re)production des espèces animales et végétales pour finir par substituer des espèces artificielles, créées par ingénierie génétique, aux espèces naturelles. L’abolition de la nature a pour moteur non le projet démiurgique de la science mais le projet du capital de substituer aux richesses premières, que la nature offre gratuitement et qui sont accessibles à tous, des richesses artificielles et marchandes : transformer le monde en marchandises dont le capital monopolise la production, se posant ainsi en maître de l’humanité. »

 

Dans son numéro 2 de l’été 2002, In extremis, éphémère bulletin de de liaison et de critique anti-industrielle, écrivait ainsi :

« L’exemplarité de la Recherche sur les manipulations génétiques tient à ce qu’elles visent directement à rendre impossible la reproduction autonome du vivant (semences agricoles, reproduction animale), tandis que la reproduction humaine est déjà sous le contrôle des appareils de l’ingénierie biologique et de plus en plus finalisée par elle.

Réduit au rôle de réceptacle et de porte-greffe de l’industrie médicale, l’individu est sommé d’accepter son statut de créature de la société industrielle : une marchandise produite dans l’usine-laboratoire-monde. Ces menées scientifiques expriment ainsi crûment et en accéléré l’axiome du totalitarisme industriel : la dépendance de tous les aspects de la vie à l’égard de la machine sociale s’accroît en proportion des développements technologiques modernes et ce, quelles que soient les intentions qui président à leur mise en œuvre (profit, idéologie progressiste, contrôle étatique). »

 

 

Les modifications de l’ADN dans la nature peuvent modifier radicalement les écosystèmes de manière inattendue

Malaria-carrying mosquitoes (Anopheles gambiae) are a prime target for gene-editing techniques.

Le 30 juillet, l’Académie nationale des sciences, de l’ingénierie et de la médecine (NAS) a tenu la première d’une série de réunions destinées à trouver des moyens d’équilibrer les promesses et périls technologiques de la «route des gènes».

Ce procédé utilisé en biotechnologie, l’édition du gène qui vise des changements précis dans l’ADN d’un organisme, peut modifier rapidement non pas seulement un seul organisme, mais toute une population, par l’insertion d’une modification génétique dans un organisme avec un ADN qui augmente la vitesse à laquelle le changement est transmis à la génération suivante. La technique pourrait être utilisée pour rendre les moustiques incapables de transporter les parasites du paludisme ou pour faire disparaître les espèces nuisibles, mais elle pourrait aussi avoir des coûts environnementaux imprévus et peut-être impossible à inverser.


Heidi Ledford, writes about biology and medicine, and has a PhD from the University of California, Berkeley. Heidi has written for The Oregonian, edited for the Berkeley Science Review, and freelanced for a few other publications.

lire la suite sur Nature.com

Article format PDF : Caution urged over editing DNA in wildlife (intentionally or not)

Chine : production de sperme artificiel

L’équipe du professeur Li Jinsong en Chine a réussi à produire du sperme artificiel de souris, en grande quantité et de « bonne qualité ».

En 2012, la même équipe avait déjà publié des résultats semblables, mais « la qualité des spermatozoïdes était un problème ».

Ils ont amélioré leur technique en utilisant l’outil CRISPR-Cas9, qui leur a permis de modifier plusieurs gènes dans le noyau des spermatozoïdes. Ils ont ainsi produits des souris « semi-clonées », avec un taux de réussite de 20% au lieu de 2% dans leurs premières expériences.

Leurs résultats ont été publiés dans le journal Cell Stem Cell. Ces recherches ont été menées avec l’Institut de Shanghai pour les sciences biologiques et l’Académie des sciences chinoise.

Cette étude est source de nouvelles interrogations. Pour le moment, les scientifiques ont mené leurs expériences sur des embryons de souris, mais d’autres essais chinois ont utilisé l’outil CRISPR-Cas9 sur des embryons humains. Le professeur Li a déclaré que cette technique de « production en masse de sperme artificiel » conduirait à une « crise éthique » si elle était appliquée à l’homme.

source : Académie des sciences chinoise