Upgrade un thriller futuriste et transhumaniste

Situé dans un futur proche, la technologie contrôle presque tous les aspects de la vie. Grey Trace (Logan Marshall-Green), un technophobe, est devenu paralysé suite à une agression et au meurtre de sa femme. Lorsqu’il est approché par un inventeur milliardaire, il est équipé d’un implant cérébral appelé STEM, qui se révèle être une redoutable intelligence artificielle et qui lui donne des capacités presque surhumaines, ainsi qu’une occasion de traquer le tueur de sa femme. Un thriller futuriste et transhumaniste.

Upgrade a été écrit et réalisé par Leigh Whannell (Saw) et sera dans les salles américaines à partir du 1er juin 2018. Il n’y a pas encore de date de sortie au Royaume-Uni ni en France. Le film est produit par Blumhouse Productions.

Une voiture intelligente lit les signaux cérébraux

Des chercheurs de l’EPFL et de Nissan parviennent à lire les signaux cérébraux des conducteurs avant leurs futures actions, pour les transmettre aux véhicules. Ces derniers peuvent ainsi anticiper et faciliter la conduite. Cette technologie cerveau-véhicule a été présenté par Nissan.

Les véhicules de demain pourraient être à la fois autonomes et manuels. «Nous voulions laisser le plaisir de la conduite au chauffeur, tout en augmentant ses compétences grâce à la technologie», explique José del R. Millán, titulaire de la Chaire Fondation Defitech en interface de cerveau-machine CNBI. Dans le cadre d’un projet mené avec Nissan, son équipe est parvenue à lire les signaux cérébraux indiquant une action à venir – freinage, accélération, changement de file – afin de les transmettre au véhicule. Grâce à ces quelques centaines de millisecondes d’avance, la voiture intelligente peut ainsi faciliter la conduite en anticipant un freinage ou un tournant. Dotée de capteurs et détectant son environnement, celle-ci va également aider le conducteur en cas de conditions de trafic difficiles.

Une conduite plus facile et plus personnalisée

Les signaux, produits dans le cortex moteur et frontal du cerveau, sont détectés grâce à un casque EEG (électroencéphalographie) doté de capteurs. Ils sont ensuite transmis et interprétés par le véhicule intelligent, qui va agir en conséquence, tout en tenant compte des informations détectées par ses capteurs. «Si vous arrivez à un feu rouge et que vous vous apprêtez à freiner, le véhicule va simplement profiter des 200-500 millisecondes d’avance pour commencer le freinage et vous faciliter la conduite. Par contre, si vous arrivez à un feu rouge et qu’aucune intention de ralentissement n’a été détectée dans votre cerveau, le véhicule va vous avertir que le feu est rouge, afin d’être sûr que vous l’avez vu», souligne José del R. Millán.

Et si vous pouviez « voir » directement dans le cerveau d’une autre personne ?

Comme chacun d’entre nous génère différents modèles de signaux cérébraux, le véhicule va apprendre de son conducteur et personnalisera ainsi son logiciel. Il garde en mémoire nos trajets et habitudes, mais aussi notre façon de conduire, pour s’adapter et anticiper en fonction de chaque conducteur et ceci en continu. Ainsi, l’interface cerveau-machine (brain-machine interface) ne facilitera pas seulement la conduite, mais la personnalisera puisque la voiture intelligente sera toujours en accord avec le conducteur. En fait, même les paramètres de la voiture pourront s’adapter à ses préférences de façon transparente. Par exemple, l’interface pourrait déterminer un certain désaccord du conducteur avec le style de conduite ce qui permettrait à la voiture de passer du mode «sportive» à un mode plutôt «confort et relax».

Lorsque la plupart des gens pensent à la conduite autonome, ils ont une vision très impersonnelle de l’avenir, où les humains abandonnent le contrôle aux machines. Pourtant, la technologie B2V fait le contraire, en utilisant les signaux de leur propre cerveau pour rendre la conduite encore plus excitante et agréable – Daniele Schillaci, Executive Vice President de Nissan.

Transfert de technologie

Au terme de quatre années de recherche, en 2014 les scientifiques du CNBI ont transféré le système d’interface cerveau-machine à leur partenaire industriel, Nissan. Le constructeur automobile a ensuite poursuivi les recherches dans un programme accéléré (Senior Innovation Research Program) avec le soutien du CNBI. La technologie ainsi développée a été intégrée dans un prototype, créant l’interface qui permet au véhicule intelligent de communiquer avec le conducteur. Ce prototype a été présenté lors du Consumer Electronics Show à Las Vegas en janvier dernier.

Depuis 2015, le constructeur automobile et les chercheurs du CNBI poursuivent le développement de cette interaction homme – voiture, notamment avec une fonction de suivi du regard (eye tracker). «Nos yeux sont constamment en mouvement pour observer ce qui se passe autour de nous, souligne le chercheur. Mais tout ce que nous observons n’est pas forcément pertinent ou important. Nous cherchons donc à détecter les signaux cérébraux qui indiquent que tel objet ou telle situation a retenu notre attention, et qu’ils doivent être pris en compte par le véhicule».

L’équipe de José del R. Millán développe depuis plusieurs années les connaissances scientifiques dans la détection et l’utilisation des signaux cérébraux pour contrôler des objets ou notre environnement. Ils collaborent avec Nissan depuis 2011 en matière de technologie d’aide à la conduite. Parallèlement, ils appliquent leurs compétences dans d’autres domaines tels que l’assistance aux personnes handicapées moteur.

Communiqué de presse Nissan, EPFL

La police chinoise ajoute des lunettes de reconnaissance faciale à leur arsenal de surveillance

Des policiers à Zhengzhou, en Chine, ont été aperçus portant des lunettes équipées d’un logiciel de reconnaissance faciale permettant d’identifier les individus dans une foule. Ces lunettes de surveillance ont été déployées l’année dernière.

La Chine a toujours été en avance sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la surveillance. Le système de vidéosurveillance du pays a retrouvé un journaliste de la BBC en seulement sept minutes lors d’une manifestation en 2017. Mais cette nouvelle technologie, développée par LLVision, basée à Beijing, porte les efforts de surveillance de la Chine à un tout autre niveau.

Dans une vidéo publicitaire publiée en décembre sur la plate-forme de messagerie populaire chinoise WeChat, Wu Fei, le PDG de la société, affirme que LLVision Technology est la seule au monde à travailler avec la sécurité publique en temps réel.

La Chine construit ce qu’elle appelle “le plus grand réseau de vidéosurveillance au monde”. Dans tout le pays, 170 millions de caméras de vidéosurveillance sont déjà en place et environ 400 millions de nouvelles seront installées au cours des trois prochaines années. Beaucoup de caméras sont équipées d’une intelligence artificielle, y compris d’une technologie de reconnaissance faciale. John Sudworth, de la BBC, a eu accès à l’une des nouvelles salles de contrôle de la police à la pointe de la technologie.

Le Wall Street Journal a rapporté que la société a une capacité à faire correspondre les visages dans une base de données de 10 000 suspects en 100 millisecondes. La société développe également des lunettes de réalité augmentée portables à usage médical et industriel, telles que des opérations chirurgicales de surveillance à distance.

La police ferroviaire de la gare de Zhengzhou a déjà repéré sept personnes recherchées dans des affaires criminelles majeures et a capturé plus de 25 personnes qui utilisaient l’identité de quelqu’un d’autre. Beaucoup ont souligné que les dispositifs pouvaient se prêter au profilage racial et, plus généralement, qu’ils pouvaient porter atteinte à la vie privée des citoyens et rendre l’état de la surveillance de la Chine encore plus omniprésent.

ABCNews, Wall Street Journal, The Telegraph, The Verge, Tech Crunch

Le Japon choisit la technologie de reconnaissance faciale de Panasonic

La Brain tech, eldorado économique et défi éthique

Perspectives et enjeux

Selon le World Economic Forum, les 7,5 milliards de cerveaux humains que nous sommes auront besoin d’aide pour prospérer dans la quatrième révolution industrielle qui nous est annoncée.

L’internet des objets, l’intelligence artificielle et la robotisation croissante sont les sujets de nombreux débats argumentés. Leurs impacts, réels ou fantasmés, à court et moyen terme, sont l’objet de nombreux débats techniques, business et philosophiques. Les points de vue se succèdent dans les médias sur l’impact de l’intelligence artificielle sur notre vision du travail, notre stratégie politique et militaire, nos organisations, notre relation au monde et à l’autre.

Au milieu de ces discussions, un point nous interpelle : quel est le sort réservé à l’Intelligence dite « naturelle » (humaine essentiellement) par l’industrie de la Cognitive Tech ou Neuro Tech? Sujet d’autant plus essentiel et d’actualité dans un contexte où le QI moyen aurait baissé significativement ces dernières années en France et en Occident, où les maladies neurodégénératives progressent, au premier rang desquelles se hissent Alzheimer et Parkinson, et où les populations des pays du Nord vieillissent de plus en plus rapidement.

En outre, nombreux, dont Elon Musk, voient un lien fort entre développement de l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine. Ils sont déjà entrain de travailler sur des projets d’amélioration des capacités humaines afin de faire face à la croissance exponentielle des capacités de l’IA et de ses menaces présupposées.

L’amélioration du cerveau humain, selon le World Economic Forum, ne serait plus, à terme, un luxe réservé à certains mais une condition d’existence sine qua none. De nombreuses questions sont posées : que pouvons-nous faire pour renforcer la connectivité cérébrale à tout âge, améliorer notre capacité à résoudre des problèmes complexes, la pensée novatrice, l’intelligence émotionnelle…? Autant de compétences considérées comme indispensables pour réussir dans la quatrième révolution industrielle.

Ainsi, cette note de synthèse souhaite apporter un éclairage sur l’industrie de la cognitive tech ou neuro tech puis en présente ses principaux enjeux et défis. Un sujet clé pour notre avenir qui s’avère aussi déterminant et sensible quant à notre conception de l’humain que l’ingénierie du génome.

Des avancées technologiques synonymes d’une explosion des recherches en neurosciences

Observer, mesurer, analyser et pouvoir influencer notre fonctionnement neuronal

Le terme de neurotechnologie peut être défini de différentes manières. Nous nous inspirerons particulièrement de la définition de l’université de Freibourg :

D’une manière générale, la neurotechnologie peut être considérée comme un moyen artificiel d’interagir avec le fonctionnement du cerveau. Cette version inclut l’ajustement pharmacologique de l’activité du cerveau, par exemple les médicaments traitant la maladie de Parkinson ou la démence sénile, ou qui visent à augmenter les performances cognitives.

Dans une définition plus technique, nous pouvons considérer la neurotechnologie comme :

(I) des outils techniques et informatiques qui mesurent et analysent les signaux chimiques et électriques dans le système nerveux, que ce soit le cerveau ou les nerfs des membres. Ceux-ci peuvent être utilisés pour identifier les propriétés de l’activité nerveuse, comprendre comment le cerveau fonctionne, diagnostiquer les conditions pathologiques, ou contrôler les dispositifs externes comme les neuroprothèses, ou les «interfaces machine cerveau» voire les interfaces « cerveaux – cerveaux »

(II) des outils techniques pour interagir avec le système nerveux pour modifier son activité, par exemple pour restaurer l’apport sensoriel comme avec les implants cochléaires pour restaurer l’ouïe ou la stimulation cérébrale profonde pour arrêter les tremblements et traiter d’autres conditions pathologiques.

La recherche en neurotechnologie dans ce contexte comprend toutes les recherches qui contribuent à ces systèmes, y compris, par exemple la résolution des problèmes d’encapsulation de circuits électroniques, de simulations de réseaux neuronaux et de réseaux biologiques de culture pour comprendre leurs propriétés et le développement de techniques d’implant chirurgical.

Sujet particulièrement sensible, l’interaction avec le cerveau exige un haut niveau de responsabilité éthique envers le patient, mais aussi envers la société en raison de son influence sur notre concept de l’être humain en tant que tel. Par conséquent, la neurotechnologie inclut le discours sur l’éthique de la neurotechnologie.

Les neurotechs restent pour le moment principalement l’apanage de la recherche fondamentale. Pour autant, des applications émergent dans des marchés très variés initiées par des gouvernements et des entreprises privées, porteuses de visions très ambitieuses … voire pour certaines dignes d’Icare?

Le développement du business de la Neurotech et les avancées technologiques (nanotech et informatique) ont permis une explosion de la recherche dans ce domaine.

Entrepreneurs et investissements alimentent une croissance effrénée

Avec des investissements publics et privés, l’innovation évolue à un rythme accéléré, en témoigne l’explosion du nombre de brevets déposés dans le domaine des neuro tech depuis 2010 aux États Unis (source Sharpbrain).

Des domaines d’application variés sont concernés : l’interface cerveau – machine, l’augmentation des capacités intellectuelles, la gestion de l’humeur, la manipulation des objets par la pensée, la lutte contre les neurodégénérescences, les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson, Brain fitness …

Des initiatives gouvernementales

Sujet d’importance stratégique pour les États, de nombreuses initiatives gouvernementales ou inter gouvernementales ont été lancées ces dernières années avec des logiques fortes de Partenariat Privé Public.

Les scientifiques commencent à travailler sur l’ingénierie inverse du cerveau

On peut noter l’initiative américaine menée par la DARPA Brain initiative :

If we want to make the best products, we also have to invest in the best ideas… Every dollar we invested to map the human genome returned $140 to our economy… Today, our scientists are mapping the human brain to unlock the answers to Alzheimer’s… Now is not the time to gut these job-creating investments in science and innovation. Now is the time to reach a level of research and development not seen since the height of the Space Race.” – President Barack Obama, 2013 State of the Union.

Un nouveau développement permet d’implanter des implants cérébraux de niveau supérieur

On peut également mentionner l’initiative menée au niveau européen « the human brain project » même si contestée par de nombreux scientifiques.

A côté de la recherche fondamentale, de nombreuses applications commerciales sont actuellement testées voire commercialisées.

Utiliser le pouvoir de l’esprit

Fait qui pourrait en surprendre plus d’un, il est déjà possible de manipuler à distance des objets par le pouvoir de la pensée.

Lors d’une expérimentation, une personne quadriplégique a su piloter sur simulateur un F35 uniquement par la pensée. Associée à la robotique, cette application pourrait notamment améliorer la vie des personnes en situation de mobilité fortement réduite.

Cela est possible par la lecture, la retranscription de codes neuraux (directement associés à des actions) et leur « téléchargement » ensuite dans le cerveau d’une autre personne, lui permettant ainsi de reproduire ces mêmes actions par la pensée.

Certaines solutions sont déjà commercialisées à destination du grand public. La startup australienne Emotiv, une des plus en vue sur le sujet, dirigée par Tan Lee, commercialise des « brain wearables ».

Révolutions à venir dans les réseaux sociaux avec à la clé une expérience client « magnifiée »

Croyez le ou non, Mark Zuckerberg a des convictions fortes sur la télépathie et pense qu’un jour nous serons en mesure d’échanger via télépathie sur Facebook.

Facebook travaille sur une interface cérébrale qui vous permettra de « communiquer uniquement avec votre esprit »

Bien entendu, une telle révolution prendra probablement plusieurs dizaines d’années ; mais les recherches actuelles semblent suggérer que cela serait de l’ordre de l’envisageable.

Avant d’arriver à ce stade, où des questions éthiques et de préservation de la vie privée et intime ne manqueront pas de se poser, Facebook cherche à améliorer l’expérience client en la simplifiant au maximum.

Ainsi est né le projet « typing by brain » à la R&D de Facebook. Ce projet consiste à développer une solution non invasive (i.e sans implants cérébraux) qui permettrait de détecter ce que l’utilisateur voudrait écrire. Cette solution permettrait de traduire des pensées en texte à raison de 100 mots par minute! De nombreux neuroscientifiques restent très sceptiques car aujourd’hui avec des solutions invasives, le record de mots est porté à 8 mots à la minute.

Une autre entreprise, Openwater, dirigée par une ancienne haute responsable de Facebook, ambitionne de proposer des solutions d’échanges télépathiques dans un horizon de 3 ans.

Et si vous pouviez « voir » directement dans le cerveau d’une autre personne ?

Plus globalement, la neurotechnologie, associée à la révolution Data au sens large, peut être amenée à radicalement impacter les pratiques du marketing et de la communication grâce à une connaissance réellement plus intime du client.

Améliorer les capacités humaines : cognitives, cérébrales et physiques

Elon Musk est intervenu à de multiples occasions pour alerter sur les risques de développement à terme d’une intelligence artificielle générale qui ne nous voudrait pas que du bien…

En mars dernier, le CEO de Tesla et de SpaceX entre autres a révélé sa nouvelle entreprise Neuralink, dont le but avoué est de construire un système BCI (brain computer interface) qui serait implanté dans le cerveau humain afin de lui permettre de rivaliser avec l’IA. Musk imagine une solution sans opération lourde mais plutôt une solution inoculée par voie sanguine.

Elon Musk lance une entreprise pour fusionner votre cerveau avec un ordinateur

Bien qu’il n’ait pas dévoilé d’informations sur les principes techniques de la solution envisagée, les neuroscientifiques supposent que la solution reposerait sur de la recherche de pointe actuelle impliquant de minuscules électrodes de “neural dust” qui se déploient dans le cerveau.

A moyen terme, la solution de Neuralink viserait à aider les personnes souffrant de handicaps cérébraux puis à long terme elle deviendrait une solution grand public.

Dans cette même logique, Kernel, société fondée par Bryan Johnson (Braintree revendue à Ebay) souhaitait initialement commercialiser un implant cérébral pour aider les personnes souffrant de pertes mémorielles importantes (Alzheimer notamment). A noter toutefois que depuis son lancement, Kernel a fait évoluer sa vision pour se concentrer sur l’enregistrement des signaux générés par les neurones.

D’autres entreprises pionnières dans leur domaines cherchent à exploiter le principe de neuroplasticité afin d’apporter un “mieux être” cognitif et améliorer les capacités d’apprentissage. On parle de Brain fitness via l’évaluation des capacités cognitives et la mise en place de thérapies (BrainHQ, CogniFit, Akili, Pear Therapeutics, MyndYou, Click Therapeutics, Cogniciti, SBT Group) via diverses applications mobiles (Headspace, Claritas Mindsciences) ou autres solutions de type électroencéphalographie (Emotiv, Interaxon, NeuroSky) ou réalité virtuelle (MindMaze).

Shelli Kesler de l’université de Stanford a publié un article qui montrait l’impact significatif de Lumosity, une application Brainfitness : 12 semaines d’utilisation avaient significativement amélioré les fonctions cognitives et cérébrales d’un groupe d’utilisatrices.

Ainsi, de nombreuses startups promettent des solutions pour nous aider à monitorer notre “neuro-santé” et améliorer nos capacités cognitives, qui s’appuient sur l’analyse des données et une personnalisation extrême.

Enfin, il nous semble aussi intéressant d’évoquer le développement des nootropiques : des médicaments, plantes et substances diverses permettant une augmentation cognitive et qui ne présenteraient pas ou relativement peu d’effets nocifs sur la santé à dose standard. Il est fort à parier qu’un marché colossal est à conquérir quand on voit l’importance de la consommation de produits psychoactifs sur les lieux de travail (source : Le Monde.fr).

Vers une révolution du sport et une amélioration sans précédent des performances sportives

Le multiple champion de football américain Tom Brady, considéré comme l’un des plus grands athlètes de l’histoire du football américain voire du sport, a présenté son “brain resiliency programme” un des éléments qui lui a permis d’être au plus haut dans la maitrise de son sport et pendant longtemps. Ce programme contient un volet entier dédié à l’utilisation de la neurotech.

La firme américaine HaloNeuro commercialise déjà des casques plébiscités par les sportifs de haut niveau qui leur permettent d’améliorer leurs performances obtenues en entrainement. En améliorant la transmission du signal cerveau muscle, l’apprentissage et les performances des sportifs sont améliorés.

Ainsi, le sport voit lui aussi dans son ensemble ses repères bousculés par les neurosciences et la brain tech. Une autre revanche des « nerds » en quelque sorte…

Plus encore, voire plus inquiétant, au-delà de la lecture du cerveau

L’optogénétique correspond à un nouveau domaine de recherche et d’application, associant l’optique à la génétique. Cette technique est notamment utilisée pour identifier des réseaux neuronaux.
L’optogénétique est principalement basée sur une protéine, la channelrhodospine, qui possède la propriété d’être activée par la lumière bleue. Des cellules neuronales exprimant cette protéine, peuvent alors elles-mêmes être activées par de la lumière bleue, apportée par une fibre optique. (Futura-Sciences)

Des chercheurs explorent les possibilités d’aller au-delà de la lecture du cerveau pour envisager de passer en « mode écriture » afin de pouvoir en quelque sorte contrôler la pensée et implanter de nouveaux souvenirs.

Le Pr. Yuste, du Kavli Institute for brain science, a utilisé une des plus récentes avancées technologiques, l’optogénétique, pour reprogrammer le cerveau de souris pour leur faire croire avoir vu quelque chose qu’elles n’avaient jamais vu. L’optogénétique altère les neurones via un procédé mêlant à la fois optique (utilisation d’une lumière bleue) et génétique (utilisation d’une protéine).

Selon le Pr. Yuste, Imaginons qu’une telle découverte technologique pénètre le marché des produits technologiques ou du bien-être sous la forme d’un accélérateur de performance cognitive ou de mémorisation, cela ouvrirait la porte aux possibilités d’implanter des souvenirs aux personnes à leur insu et pourraient ainsi remodeler leur identité propre! La question n’étant pas de savoir si cela est possible mais de savoir quand et dans quel cadre cela sera possible compte tenu des avancées technologiques observées à l’heure actuelle…

Comme on peut le constater, la brain tech est un domaine en plein boom et porteurs d’évolutions lourdes de conséquences sur nos vies.

Certains experts et chercheurs tempèrent néanmoins ces éléments en arguant du fait que même avec les milliards potentiellement investis notamment par la Silicon Valley, il s’agit avant tout de recherche fondamentale et non de sciences appliquées répliquables plus rapidement en business model. De nombreuses questions clés resteraient encore ouvertes avant d’envisager des applications commerciales.

Cela fait également dire à ces mêmes experts que la présence de grands noms, de fonds importants ne serait pas sans risque de créer une bulle d’illusions voire de désillusions ultérieures si les promesses sont trop hautes et non tenues.

En dépit de ces réserves, devons-nous nous inquiéter ou en tout cas de nous interroger sur l’ambition des géants technologiques qui veulent entrer dans nos têtes ? Après avoir réussi à conquérir une grande part du temps disponible du cerveau des individus, veulent-ils réussir tout simplement à encore mieux mesurer et plus fortement influencer nos décisions?

Des impacts et des défis éthiques auxquels nous semblons ne pas être suffisamment préparés

Face à cette grappe d’innovations aux impacts sans précédent, inquiétudes et controverses se développent.

Des organisations internationales se sont explicitement emparées de la question. Le World Economic Forum a créé à cette fin le Global Council on the Future of Human Enhancement qui a pour but d’évaluer les nouvelles technologies et de s’assurer qu’elles sont acceptables d’un point de vue éthique.

Des experts de renom dans les neurosciences se sont mobilisés afin de sensibiliser l’opinion publique et les décideurs sur la nécessité de définition d’un cadre protecteur pour nos vies.

27 experts de renommée internationale arguent du fait que ces puissantes neurotechnologies, à l’origine conçue pour aider les personnes handicapées (moteurs ou cognitifs), pourrait exacerber les inégalités sociales et offrir à certaines entreprises, hackers ou gouvernement mal intentionnés de nouvelles voies pour exploiter les gens.

Ce groupe des 27, le groupe Morningside, conclut que les questions relatives aux neurotechnologies sont aussi voire plus cruciales que les questions relatives à l’utilisation de l’IA.

Ainsi le groupe Morningside a rédigé les neuro-droits des citoyens et estime qu’ils devraient figurer dans les textes réglementaires et les chartes internationales comme la déclaration universelle des droits de l’homme.

Parmi les droits à protéger car potentiellement menacés par une brain tech non éthique : la vie privée, l’identité, l’intégrité des personnes et l’équité entre elles.

La vie privée

Chaque individu devrait avoir le droit de garder privé le type de données collectées et exploitées par les neurotech.

Afin de s’en assurer, le groupe Morningside recommande les principes suivants :

  • Passer en mode opt out par défaut la possibilité de partager ses neuro données. Le traitement de ces données serait inspiré des principes du don d’organes. Chaque individu devrait explicitement donner son accord pour le partage de ses neuro-données. Cela impliquerait la mise en œuvre de processus sécurisés intégrant de manière transparente chaque partie prenante avec des rôles clairement délimités dans l’exploitation des données, avec mention des objectifs visés ainsi que de la durée d’utilisation de ces données.

  • Le partage, le transfert et la vente des neuro-données devraient être également strictement régulés à l’instar de qui existe pour les dons d’organes.

  • Enfin l’utilisation de technologies désignées pour être plus protectrices du point de vue de l’individu doit être incitée. En particulier, les systèmes distribués type Blockchain, smart contracts, car permettant une meilleure traçabilité et auditabilité des systèmes sans nécessité d’un tiers de confiance centralisateur de l’information.

L’intelligence artificielle pourrait détourner les interfaces cerveau-machine

Augmentation, identité et inégalités

Les individus pourraient connaître une pression croissante pour utiliser les neurotech dés lors que les premiers le font et disposent alors de capacités plus importantes. Cette pression à adopter les neurotech risque de changer les normes sociales et soulever des problèmes d’inégalité flagrants et de nouvelles formes de discrimination. Plus encore, lorsqu’il s’agit de course à l’utilisation des neurotech à des fins militaires. Déjà, l’armée américaine forment leurs soldats d’élite et leurs analystes et les équipent avec ces « nouvelles technologies » afin d’augmenter leurs capacités cognitives et physiques.

Une neuro-ingénierie responsable

De manière sous-jacente dans l’ensemble des recommandations des 27, il s’agit avant tout d’un appel à la prise de conscience et de responsabilités qui s’adjoignent à l’énorme potentiel des neurotech en prenant en compte les aspects sociaux et éthiques de ces innovations, à l’instar de ce qui est fait par l’IEEE Standards association concernant l’IA et les systèmes autonomes.

Une gouvernance proactive et éviter le neuro-hype

La société dans son ensemble et l’industrie de la Brain tech pourrait profiter d’un cadre de discussions anticipées et inclusive sur les enjeux éthiques, légaux et les implications sociétales de la mise sur le marché de ces nouvelles technologies. Par exemple, l’impact des devices neuromodulaires qui viseraient à améliorer nos capacités cognitives y compris notre moral, les impacts sur la dignité humaine ou l’accès équitable à ces solutions, pourraient être considérés de manière anticipée dans le processus de recherche et de développement.

Dans ce domaine comme dans tout nouveau domaine technologique disruptif, la désinformation et les publicités mensongères peuvent être légions. Le risque de défiance du public peut être alors important empêchant ainsi la formation de marchés vertueux et le développement de solutions et de produits viables économiquement.

Les régulateurs doivent en ce sens intervenir afin de favoriser l’émergence d’un écosystème sain viable et durable.

Ce panorama de la Brain tech, de ses perspectives et de ses enjeux, ne doit pas nous faire oublier que ces neurotechnologies sont encore loin d’être pleinement intégrées dans les usages et la vie quotidienne de chacun. Néanmoins, les progrès technologiques actuels de la neurotech et l’engouement des grands groupes indiquent que nous y arriverons peut-être plus rapidement que prévu.

L’opportunité actuelle d’améliorer la vie des personnes à mobilité fortement réduite ou des personnes atteintes de dysfonctionnements neuraux ou neuronaux doit être évidemment poursuivie et accélérée.

En faisant cela, nous nous rapprochons d’un avenir où il sera possible de manipuler facilement les mécanismes du cerveau, de décrypter les intentions, les émotions et les décisions. D’un avenir où les individus pourront interagir sur le monde qui les entoure par la pensée via des devices et des machines.

Il nous semble finalement que deux questions majeures doivent être traitées : l’une du point de vue de l’individu dont on doit protéger l’intégrité et l’identité et l’autre du point de vue de la collectivité à laquelle on doit assurer l’équité d’accès et minimiser les risques de discrimination majeure rendus possible par cette technologie si laissée entre les mains de privilégiés uniquement.

Sans être foncièrement néo-luddite, ne serait-il pas, à l’instar du moratoire qui avait été demandé s’agissant de CRISPR Cas 9, pertinent d’envisager un moratoire sur ces technologies une fois arrivées à un stade d’application suffisamment avancé ?

sources : IEEE Spectrum: Silicon Valley’s Latest Craze: Brain Tech. Elon Musk, Mark Zuckerberg, and other big Silicon Valley players want to make commercial gadgets for your brain.
Stat News: New brain technologies pose threats to privacy and autonomy that are all too real, experts warn.
DARPA and the Brain Initiative.
The World Economic Forum: Five reasons the future of brain enhancement is digital, pervasive and (hopefully) bright
The World Economic Forum: 5 ways brain science is changing our world.
The Conversation: Considering ethics now before radically new brain technologies get away from us. Andrew Maynard Director, Risk Innovation Lab, Arizona State University.
LSE Business Review: How to ensure future brain technologies will help and not harm society
Nature 551, 159–163 (09 November 2017) doi:10.1038/551159a Four ethical priorities for neurotechnologies and AI

L’ingénierie de neuroprothèses réactives et adaptables de demain

De nombreuses découvertes illustrent le progrès rapide en matière de prothèses de mains et de jambes, ainsi que des yeux, mais également des interfaces cerveau-machine.

WASHINGTON, DC 14-Nov-2017 – Si l’on en croit les études présentées aujourd’hui à Neuroscience 2017, la réunion annuelle de la Society for Neuroscience et la plus importante source mondiale d’informations émergentes relatives aux sciences du cerveau et de la santé, des prothèses perfectionnées de membres et des yeux ainsi que des interfaces cerveau-machine exploitent des circuits neuronaux existant afin d’améliorer la qualité de vie des personnes présentant ayant une déficience sensorielle.

Des millions de personnes à travers le monde sont incapables d’utiliser pleinement leurs corps ou leurs sens en raison d’une maladie, d’une blessure ou d’une amputation. Au mieux, les thérapies modernes et les prothèses ne rétablissent que partiellement la fonction. Au cours de ces 20 dernières années, les progrès de l’ingénierie biomédicale ont conduit au développement d’interfaces entres les dispositifs prothétiques, le système nerveux et les tissus humains, qui améliorent l’efficacité des dispositifs biomédicaux.

Les nouvelles découvertes d’aujourd’hui montrent que :

Les signaux neuronaux d’une moelle épinière extraite d’un rongeur peuvent contrôler les fibres musculaires disposées dans une boîte de Pétri, fournissant une nouvelle technique pour étudier comment le système nerveux dirige le mouvement (Collin Kaufman, résumé 781.11 voir le résumé ci-joint)

Un patient tétraplégique peut apprendre à adapter son activité neurale afin de maintenir le contrôle d’une interface cerveau-machine face à des défis techniques (Sofia Sakellaridi, résumé 777.06 voir le résumé ci-joint).

La restauration du sens du toucher par le biais d’une prothèse de main sur un membre amputé améliore la motricité, réduit la douleur du membre fantôme, et procure un sentiment d’appropriation de la main (Jacob Anthony George, résumé 642.04 voir le résumé ci-joint).

D’autres résultats récents abordés montrent que:

Une prothèse rétinienne entièrement organique, faite de couches de polymères photosensibles et de soie, a entraîné une activité cérébrale et un comportement associés à la vision chez des rats aveugles (Jose Fernando Maya-Vetencourt, 683.02 voir le résumé ci-joint).

Des implants cérébraux conçus pour fondre et ne laisser aucune trace

« Contrairement à de nombreuses thérapies pharmacologiques ou biologiques visant à aider les personnes souffrant de lésions ou de maladies neurologiques, les solutions d’ingénierie ont le potentiel pour une restauration immédiate et parfois de manière impressionnante » explique le modérateur de conférence de presse Leigh Hochberg du Massachusetts General Hospital, Brown University, et du Providence VA Medical Center, également expert en neurotechnologies. « C’est vraiment passionnant de voir l’avancement de la recherche en neuroscience fondamentale et en neuro-ingénierie au cours des dernières années, qui mène à la création de technologies qui aideront à réduire le fardeau des maladies neurologiques et psychiatriques ».

Cette recherche a été soutenue par des organismes de financement nationaux tels que les National Institutes of Health, ainsi que d’autres organisations publiques, privées et philanthropiques dans le monde entier. Pour en savoir plus sur les neuroprothèses et l’interface cerveau-machine, visiter le site BrainFacts.org.

La Society for Neuroscience (SfN) est une organisation qui réunit environ 37 000 scientifiques et cliniciens qui étudient le cerveau et le système nerveux.

Lire le communiqué de presse complet et étudier les résumés

Et si vous pouviez « voir » directement dans le cerveau d’une autre personne ?

traduction Virginie Bouetel

EurekAlert, Society for Neuroscience

L’intelligence artificielle pourrait détourner les interfaces cerveau-machine

et prendre le contrôle de nos esprits

Les technologies BCI (interface cerveau-machine) ont reçu plus d’attention depuis que le PDG et fondateur de Tesla, Elon Musk, a annoncé son intention de développer une interface cerveau-machine par le biais de sa startup Neuralink. Cependant, Musk n’était pas le premier à proposer la possibilité d’améliorer les capacités humaines grâce à l’interfaçage cerveau-machine. Un certain nombre d’autres startups travaillent sur un objectif similaire, y compris le fondateur de Braintree Bryan Johnson avec Kernel. Même la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) du département de la Défense des États-Unis y travaille.

Aujourd’hui, selon une collaboration de 27 experts – neuroscientifiques, neurotechnologues, cliniciens, éthiciens et ingénieurs de l’intelligence machine – se qualifiant eux-mêmes de Morningside Group – les BCI présentent une énigme unique et plutôt troublante dans le domaine de l’intelligence artificielle. Essentiellement conçus pour pirater le cerveau, les BCI eux-mêmes courent le risque d’être piratés par l’intelligence artificielle.

« De tels progrès pourraient révolutionner le traitement de nombreuses affections, allant des lésions cérébrales et de la paralysie à l’épilepsie et à la schizophrénie, et transformer l’expérience humaine pour le mieux », ont écrit les experts dans un article de la revue Nature. « Mais la technologie pourrait également exacerber les inégalités sociales et offrir aux entreprises, aux hackers, aux gouvernements ou à quiconque d’autres moyens d’exploiter et de manipuler les gens. Et cela pourrait modifier profondément certaines caractéristiques fondamentales de l’être humain : la vie mentale privée, l’action individuelle et la compréhension des individus en tant qu’entités liées par leur corps. »

Les experts ont utilisé l’analogie d’un homme paralysé qui participe à un essai BCI mais n’aime pas l’équipe de recherche qui travaille avec lui. Une intelligence artificielle pouvait alors lire dans ses pensées et interpréter son aversion pour les chercheurs comme un ordre de leur causer du mal, bien que l’homme n’ait pas donné explicitement un tel ordre.

Ils ont expliqué plus en détail :

Les développements technologiques signifient que nous sommes sur la voie d’un monde dans lequel il sera possible de décoder les processus mentaux des gens et de manipuler directement les mécanismes cérébraux qui sous-tendent leurs intentions, leurs émotions et leurs décisions ; où les individus peuvent communiquer avec les autres simplement en pensant ; et où de puissants systèmes informatiques reliés directement au cerveau des gens facilitent leurs interactions avec le monde, de sorte que leurs capacités mentales et physiques sont grandement améliorées.

Afin de se préparer à cette éventualité, le Morningside Group a proposé quatre considérations éthiques qui doivent être abordées : la vie privée et le consentement, la volonté et l’identité, l’augmentation et le parti pris. « Pour que les neurotechnologies prennent leur envol sur les marchés de grande consommation, les dispositifs devraient être non invasifs, présenter un risque minimal et nécessiter beaucoup moins de dépenses que les procédures neurochirurgicales actuelles », ont-ils écrit.

« Néanmoins, même aujourd’hui, les entreprises qui développent des dispositifs doivent être tenues responsables de leurs produits et être guidées par certaines normes, de meilleures pratiques et de normes éthiques ». Ces considérations deviennent encore plus cruciales lorsque l’on considère que « la chasse au profit l’emporte souvent sur la responsabilité sociale » en ce qui concerne la poursuite de la technologie, selon l’histoire de l’humanité.

L’une des utilisations potentielles des BCI est sur le lieu de travail. Comme l’explique Luke Tang, directeur général de l’accélérateur de technologies d’intelligence artificielle TechCode : « Je crois que le plus grand secteur dans lequel cette technologie est présente est le milieu des affaires – la machine cérébrale façonnera nos futurs lieux de travail ». Concrètement, les technologies BCI pourraient améliorer la collaboration à distance, accroître les connaissances et améliorer la communication.

Pour cette dernière, la technologie BCI fonctionnerait comme une « technologie capable de traduire vos pensées en paroles ou en actions qui, sans aucun doute, se révéleront transformatrices pour les méthodes de communication technologiques actuelles. La technologie cerveau-machine peut conduire à un flux de communication plus rapide et plus précis. » a déclaré M. Tang.

C’est précisément cette capacité à plonger dans les pensées d’une personne qui pourrait présenter un défi pour les BCI à mesure que des technologies telles que l’intelligence artificielle deviennent beaucoup plus avancées. Afin de ne pas perdre tout le potentiel que les BCI peuvent offrir, il est important d’avoir les bonnes considérations. « Les avantages cliniques et sociétaux possibles des neurotechnologies sont vastes », ont conclu les chercheurs de Morningside. « Pour les récolter, nous devons guider leur développement d’une manière qui respecte, protège et permette ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité. »

traduction Thomas Jousse

Newsweek, Nature

L’intelligence artificielle nous permettra de contrôler nos maisons par la pensée

Un inventeur d’IBM a prédit que des nanomachines artificiellement intelligentes seront implantées dans le corps humain d’ici 20 ans pour réparer et accroître les muscles, les cellules et les os. John McNamara, qui travaille chez IBM Hursley Innovation Centre, dans le Hampshire, a présenté des éléments de preuve au House of Lords Artificial Intelligence Committee, organisme qui étudie les implications économiques, éthiques et sociales de l’intelligence artificielle.

McNamara a déclaré que d’ici deux décennies, la technologie aura peut-être tellement progressé que les humains et les machines auront fusionnés de manière efficace, permettant d’énormes bonds en avant dans la conscience et la cognition humaines.

« Nous verrons peut-être des nanomachines pourvues d’intelligence artificielle implantées dans nos corps » a t’il déclaré. « Ceux-ci fourniront des bénéfices médicaux considérables, tels que la possibilité de réparer les dommages dans les cellules, les muscles et les os, et peut-être même les augmenter. Au-delà de l’utilisation de cette technologie qui est déjà en cours d’exploration aujourd’hui, nous voyons la création d’une technologie qui peut fusionner le biologique avec le technologique, et ainsi être capable d’accroître directement la capacité cognitive humaine, offrant potentiellement une amélioration mentale considérable, tout en étant capable d’utiliser de vastes quantités de puissance de calcul afin d’augmenter nos propres processus de pensée. En utilisant cette technologie, incorporée en nous et dans ce qui nous entoure, nous commencerons à être capable de contrôler notre environnement simplement par la pensée et les gestes. »

La science du transhumanisme : comment la technologie mènera à une nouvelle race d’êtres immortels superintelligents

Les scientifiques dans les entreprises comme Microscoft, sont déjà en train de développer un ordinateur fabriqué à partir d’ADN qui pourrait vivre à l’intérieur des cellules et rechercher des failles dans les réseaux corporels, comme le cancer. Si ce dispositif détectait des changements cancéreux, il pourrait réinitialiser le système et se débarrasser des cellules malades.

McNamara a également prédit des « Avatars politiques » qui vont parcourir toutes les données disponibles sur les sites d’information et les débats gouvernementaux pour fournir aux gens des recommandations sur qui voter et pourquoi, en fonction de leur vision du monde. Cependant, il a également mis en garde sur le fait que l’essor de l’intelligence artificielle pourrait générer une « énorme perturbation » pour les personnes travaillant dans les secteurs de la vente au détail et des services, et engendrer un chômage généralisé.

« Alors qu’aujourd’hui être pauvre signifie ne pas avoir les moyens de s’acheter le dernier smartphone, demain cela pourrait signifier la différence entre un groupe de personnes ayant potentiellement une élévation extraordinaire de leur capacité physique, cognitive, de leur santé, de leur longévité, et un autre groupe beaucoup plus large qui n’aurait pas accès à tout cela » explique McNamara.

Dans un témoignage séparé au comité, Noel Shakey, Professeur émérite d’intelligence artificielle et de robotique, Université de Sheffield, qui est maintenant directeur de la Foundation for Responsible Robotics, affirme que l’intelligence artificielle avait un coût.

« La préoccupation immédiate est qu’en cédant les décisions ou le contrôle aux machines, les humains commencent à accepter leurs décisions comme correctes ou meilleures que les leurs et arrêtent d’y prêter attention », a t’il ajouté. « Il y a un nombre croissant de preuves que les décideurs de la machine d’apprentissage héritent de nombreux préjugés invisibles parmi leurs corrélations. »

Le Dr. Jochen Leidner, Directeur de recherche chez Thomson Reuters, a également averti sur le fait que les personnes âgées, ou celles possédant des accents, pourraient avoir des difficultés dans un avenir où la reconnaissance vocale serait largement utilisée. « Les minorités pourraient se voir injustement désavantagées en étant exclues de l’accès aux services essentiels » a t’il expliqué.

Les scientifiques d’Oxford ont une IA qui peut lire vos lèvres

« Imaginez un système de reconnaissance vocale pour faire vos opérations bancaires par téléphone, car les banques réduisent les succursales physiques. Un tel système serait probablement développé avec des voix britanniques disponibles à Londres si la société qui développe le système est basée à Londres. Un tel système entraînera certainement des erreurs de reconnaissance, ou ne fonctionnerait pas du tout pour un citoyen âgé d’Uddingston, en Écosse, et en l’absence d’autres moyens pour obtenir de l’argent liquide, cela dépendra d’amis ou de membres de la famille, s’ils sont disponibles. »

Miles Brundage et Allan Dafoe, du Future of Humanity Institute de l’Université d’Oxford, ont également averti que les emplois étaient menacés par l’intelligence artificielle.

Selon Mark Cuban, l’IA sera à l’origine de la plus grande rupture de ces 30 dernières années dans le monde du travail

« Nous recommandons au gouvernement britannique de se préparer à faire face à un remplacement considérable d’emplois, également de création, conséquence du déploiement de l’intelligence artificielle dans les décennies à venir » ont-ils déclaré aux Lords. « L’intelligence artificielle est susceptible de surpasser les performances humaines dans la plupart des domaines cognitifs. Et cela comporte des risques importants pour la sécurité. »

traduction Virginie Bouetel

The Telegraph

Un monde sans travail ?

Les technologies vont-elles détruire le travail ? Cette question tourmente les hommes depuis les débuts de l’ère industrielle. La machine à vapeur, l’électricité, l’automobile ont remplacé des millions d’ouvriers… mais, toujours, de nouveaux postes sont apparus. Aujourd’hui, les stupéfiants progrès de l’intelligence artificielle vont confronter la société à un terrible défi. Dans la décennie qui vient, robots et ordinateurs intelligents vont générer un chômage sans précédent. Comme les machines ont remplacé les ouvriers, des programmes informatiques pourraient se substituer aux employés de bureaux. Mais alors que les « cols bleus » se sont reconvertis dans les services, les « cols blancs » pourront-ils trouver comment rebondir ?.

Par une série de reportages vivants et d’entretiens avec les meilleurs experts, Tiffany Blandin explore les coulisses de cette mutation irrépressible, racontant comment les géants de la Silicon Valley et les startups du monde entier s’emparent de cette technologie, et comment les entreprises de tous les secteurs, déjà, envisagent de se séparer de leurs salariés. Loin des regards, l’automatisation des tâches intellectuelles s’est enclenchée. Il faut en prendre conscience dès maintenant, affronter ce nouveau défi et trouver des solutions pour tous. Sans quoi seuls les plus riches en profiteront.

Tiffany Blandin, née en 1984, est journaliste indépendante. Passionnée par l’investigation, elle écrit sur l’économie, le social et l’environnement pour le quotidien Reporterre et de nombreux magazines grand public.

Ce livre est édité en partenariat avec Reporterre, le quotidien de l’écologie sur Internet.


L’émergence de ce monde sans travail.

L’avenir appartient-il aux machines ? Plus fiables, plus rapides et moins coûteuses que les êtres humains, elles sont en passe de les remplacer dans les entreprises. Enquête sur la marche inéluctable de la robotisation du travail et la fin annoncée de l’emploi.

Depuis vingt ans, les politiques ne parviennent plus à endiguer le chômage de masse et le plein-emploi apparait comme le symbole d’un passé révolu. Les machines “intelligentes”, plus fiables et moins coûteuses que les humains, sont en passe de nous remplacer tandis que l’essor des algorithmes contribue à l’automatisation croissante du travail.

La prochaine cible de cette quatrième révolution industrielle : les cols-blancs, le cœur de la classe moyenne, en France comme partout ailleurs dans le monde.

Du côté de la société civile, les idées et les initiatives se multiplient pour tenter de faire face à cette disparition du plein-emploi. Parmi elles, la proposition de créer un revenu minimum d’existence universel, de garantir une nouvelle répartition de la création de richesses et de retrouver le lien entre l’économie et la réalité d’un monde aux ressources limitées.

Emission de France 5 du mercredi 11 octobre 2017.

Le « super-soldat » à l’épreuve du réel

« Creating breakthrough technologies for national security » DARPA

Le « super-soldat » évoque un personnage de fiction doté de capacités hors du commun dont l’archétype serait Captain America.
Si dans le réel les technologies de l’ « augmentation » existent depuis des décennies avec l’usage de la psycho-pharmacologie (amphétamines, Modafinil, etc.), dans les années à venir, elles vont se diversifier, s’amplifier (neuro-ingénierie, robotique, optogénétique, etc.).

L’objectif de cette conférence est d’explorer les recherches qui gravitent autour du « super-soldat » aux États-Unis via les programmes de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency).

Comment définir un soldat « augmenté » ? Quelles sont les recherches en cours, pour quelles applications ? Quels sont les risques pour le soldat, l’armée, la société ?

Théâtre de la Chaise rouge

Conférence (tarif : 11 euros), « Université populaire de la Chaise rouge », Vendredi 6 octobre 2017 – 18 h 00, de Vincent Guérin, docteur en histoire contemporaine. La Haute Herberie, Pouancé, 49420.

DARPA prévoit des choses énormes en biotechnologie