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La Cobotique, analyse du rapport homme-machine dans les industries

Cette nouvelle contribution vise à rendre compte d’une technologie innovante dans le domaine de l’industrie et au carrefour de plusieurs disciplines que sont la robotique, la mécanique, l’électronique et les sciences cognitives pour apporter à l’homme une amélioration dans la réalisation de ses tâches principalement de production industrielle. La cobotique apparaît comme un néologisme associant les mots de robotique et de collaboration. Il s’agit ni plus ni moins que de la collaboration entre les hommes et suivant le cas des opérateurs avec les robots, autrement dit des machines programmées. La cobotique présente un intérêt important pour les nouvelles orientations économiques et politiques de la société soumise de plus en plus à un rythme de compétition dans le monde industriel. Si la cobotique à l’origine concernait principalement des laboratoires de recherche et de développement, elle commence progressivement à sortir de ces milieux pour être introduit dans le milieu industriel en assistant les opérateurs pour la réalisation de tâches de fabrication et de production.

Je présenterai dans un premier temps une définition non exhaustive de cette nouvelle technologie de collaboration entre les hommes et des systèmes robotiques, puis détaillerai certaines de ses spécificités mettant en avant les interactions entre l’homme et ces machines, et présenterai deux exemples de technologies cobotiques propre au monde industriel.

Enfin, je conclurai mon propos en essayant d’esquisser une réflexion sur la manière dont cette collaboration peut exister entre ces deux univers (humains et machines) en proposant quelques interrogations de nature sociale et économique à ce sujet. J’ajoute que cette technologie en est à ses balbutiements et que sa diffusion dans la sphère privée pour assister l’homme dans ses tâches quotidienne demandera, il me semble, encore un peu de temps. Aussi, et pour cette raison, je m’en tiendrai principalement à la cobotique de nature industrielle.

1. Définition de la Cobotique

L’histoire de la Cobotique remonte vers la fin des années 1990, lorsque Michael Peshkin et Edward Colgate, professeurs de mécanique et d’automatique à la Northwestern University, une université américaine située au nord de Chicago, proposent un néologisme associant les mots de robotique et de collaboration. Peshkin et son collègue Colgate considéraient les cobots comme des systèmes à part entière utilisant « des transmissions à variation continue entre le mouvement humain et le mouvement développé » (Claverie et all, 2013, p 3). Ce rapprochement entre les mouvements humains et développés se traduit par une interaction entre humains et machines avec pour les opérateurs de ces systèmes des possibilités augmentées et amplifiées pour saisir, manipuler voire usiner des pièces sur les chaînes de production industrielle. La vulgarisation du terme cobotique illustrée par la robotique coopérative s’est réalisée à partir des années 2010. Comme l’expose Bernard Claverie la cobotique concerne principalement « l’interaction réelle, directe ou téléopérée, entre un opérateur humain et un système robotique asservi ou pseudo-autonome » (ibid, p 4). Autrement dit, il s’agit d’une coopération entre un homme et un système robotique artificiel centrée sur l’utilisateur avec la spécificité d’augmenter les potentialités gestuelles et de mouvements des opérateurs humains. La particularité de la cobotique est également de proposer des robots d’assistance à l’homme tout en automatisant quelques unes de ses tâches. On peut prendre pour exemple le travail assisté de ces robots de coopérations sur les chaînes automatisées et de production industrielle pour lesquelles les opérateurs réalisent des tâches tout en étant augmentés par la présence et l’utilisation de ces systèmes robotisés. Contrairement aux robots, les cobots sont dépourvus de système autonome. Ils sont donc à la charge des humains qui les emploient pour la réalisation de tâches parfois difficiles comme la réalisation d’opérations à cadence élevée comme les chaînes de production industrielle.

2. Le développement de la cobotique

L’intégration des cobots dans le milieu industriel est un domaine en plein développement. En effet, les robots collaboratifs dont la partie intelligente concerne celle de l’opérateur, représenteraient moins de 2% dans le domaine industriel même si leurs ventes ne cessent de croître au fil des années. En ce qui concerne les ventes de ces systèmes robotiques, selon le Barclay Equity Research environ 150 000 cobots seront vendus à l’horizon 2020. La particularité de la cobotique est aussi à travers son intérêt par les entrepreneurs de faciliter la réalisation de tâches parfois délicates voire fatigantes avec un contrôle humain précis qui évite « le rejet de l’usage du robot autonome » (ibid, p 8). Ce développement de la cobotique dans la société marque de véritables opportunités dans le monde de la robotique avec l’idée de pouvoir assister l’humain, ce qui en fait une de ses spécificités et de pouvoir également diriger et interagir avec ces machines dans la réalisation de tâches parfois difficile. L’enjeu de la cobotique apparaît alors à un double niveau avec dans un premier temps, la préservation de la santé des opérateurs au travail puis dans un second temps, l’amélioration des performances pour l’exécution de tâches aussi complexes soient-elles.

3. Des exemples industriels de cobotique

Pour illustrer mon propos, je vais prendre les exemples des entreprises Vinci Energies et de Safran. Chez Vinci Energies, il semblerait que l’entreprise ait intégrée dans son processus industriel plusieurs systèmes de cobotiques présents dans ces usines. L’exemple proposé concerne un système de manutention de barres de titanes pour la réalisation de forgeage à chaud des aubes de réacteurs. Le système cobotique intervient comme complément technique pour la réalisation de ces tâches de fabrication. Enfin, concernant l’entreprise Safran, elle a lancé un programme de recherche appliquée sur l’utilisation d’une cobotique adaptée au métier et en mettant en interaction un roboticien et un ergonome pour penser les concepts de cobots avec des tests dans les usines de Herakles et d’Aircelles En effet, ce programme vise à analyser les interactions entre les hommes et les machines. En parallèle de ce programme de recherche, la société Snecma (filiale du groupe Safran) propose un atelier d’innovation industrielle avec pour objectif de tester les robots sur les lignes de production industrielle.

Conclusion

A partir de ce phénomène technologique innovant, qu’est la cobotique, il convient de s’interroger sur les possibilités offertes en terme d’augmentation et d’amélioration des processus industriels et d’interactions avec les opérateurs humains. Depuis plusieurs années, ces systèmes innovants sont en plein essor avec une diffusion croissante dans la société en sortie de laboratoires pour être installés dans le milieu industriel et prochainement (selon hypothèse) dans la sphère médicale et particulière. De même, il semble pertinent de s’interroger sur ce phénomène technologique croissant. En effet, de quelles manières les entreprises PME comme les grands groupes perçoivent-elles l’intégration de ces dispositifs socio-techniques ? Quelles sont les lignes économiques, sociales voire politiques qui se dressent à partir du développement de ces technologies dans la société ? Des enjeux financiers sont attendus avec une nouvelle compétitivité pour les entreprises qui développent ces robots d’un nouveau genre. Il faut donc s’attendre à de nouveaux phénomènes d’intégrations techniques qui devront être étudiés et analysés au mieux pour cerner la manière dont ces systèmes se développent, interagissent avec les êtres humains et surtout permettent le maintien de l’emploi dans une société résolument complexe.

Benjamin Lorre
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication – USPC. Il nous propose des articles d’opinions sur les questions de mode de travail, de révolutions des pratiques professionnelles et de l’innovation technologique dans la société. Il s’intéresse aux nouvelles mutations du travail en lien avec la diffusion des technologies numériques.

Un Consortium européen pour développer une plate-forme d’identité en ligne pan-industrielle

Credit: Here.com

Un groupe de sociétés allemandes et d’autres sociétés européennes, y compris les banques, les fabricants de véhicules et les fournisseurs de technologie, ont signé une « déclaration d’intention correspondante » pour établir une plate-forme commune et pan-industrielle qui permettra à leurs clients d’utiliser une « clé principale » pour l’inscription et l’identification lors de l’accès aux services en ligne dans une gamme de secteurs, y compris le gouvernement, l’aviation et le commerce de détail.

Allianz, Axel Springer, Daimler, Deutsche Bank et Postbank, ainsi que le think-tank technologique Core et le fournisseur de services de localisation Here Technologies sont actuellement impliqués dans le développement du projet et sont également en discussion préliminaires avec Deutsche Telekom « entre autres » pour « gagner plus de partenaires d’un certain nombre de secteurs différents. »

Au cœur de cette nouvelle norme, la procédure d’accès aux activités en ligne est une clé dite principale. Les clients peuvent utiliser cette clé pour les besoins d’enregistrement et d’identification dans un certain nombre d’industries.

Ce n’est pas seulement plus pratique, mais aussi plus sécurisé et vise à garantir les normes les plus élevées en matière de sécurité et de protection des données. Non seulement la plate-forme est conforme aux réformes de la protection des données de l’UE, mais elle respecte également les dispositions du règlement eIDAS1, qui régit les services de fiducie pour l’identification électronique (eID).

De plus, la plate-forme est conçue pour être ouverte et compatible avec les projets en cours gérés par les autorités sous le gouvernement allemand et les États fédéraux allemands, même au niveau des gouvernements locaux, par exemple, pour les portails citoyens. Des fonctions supplémentaires peuvent suivre, par exemple, l’accès numérique aux autorités publiques (e-government). En outre, le développement de services de paiement numérique et de services financiers numériques est également possible sur la plate-forme.

Les initiateurs cherchent à obtenir plus de partenaires d’un certain nombre de secteurs différents à court terme, y compris des entreprises d’aviation, des agents de commerce électronique, des détaillants et des entreprises de télécommunications.

Des négociations préliminaires sont déjà en cours avec plusieurs entreprises qui ont manifesté un intérêt pour la plate-forme. Entre autres, des discussions avec Deutsche Telekom concernant l’adhésion au projet ont débuté récemment.

« Nous, les Européens, devons enfin diriger nos forces dans la numérisation », déclare Christian Sewing, PDG adjoint de Deutsche Bank. « Le moment est venu pour une initiative de plate-forme de ce genre. Cela augmentera la sécurité juridique pour les clients et stimulera la croissance de l’économie numérique européenne. »

« Les nouveaux produits, services et solutions numériques changent rapidement notre façon de vivre, de se déplacer et d’interagir les uns avec les autres et il est essentiel que nous puissions y accéder de manière conviviale et sécurisée », ajoute Edzard Overbeek, PDG de Here Technologies.

« Alors que nous entrons dans l’ère de l’autonomie, une clé principale numérique sera particulièrement utile pour les personnes qui cherchent un accès facile aux différents modes de transport. Nous attendons avec impatience pour permettre les avantages de cette initiative aux participants grâce à notre plate-forme Open Location Platform [Plate forme de Localisation Ouverte – OLP]. »

Les entreprises vont finaliser les détails de cette collaboration dans les prochaines semaines et fixeront une date de lancement pour la plate-forme avant de soumettre leur plan aux autorités de concurrence pour approbation réglementaire.

traduction Thomas Jousse

Allianz, Daimler, Here, Deutsche Bank, NFC World

1 ANSSI : « Le Règlement « eIDAS » n°910/2014 du 23 juillet 2014 a pour ambition d’accroître la confiance dans les transactions électroniques au sein du marché intérieur. Il établit un socle commun pour les interactions électroniques sécurisées entre les citoyens, les entreprises et les autorités publiques. »

L’UE annonce que tous les articles scientifiques européens seront en libre accès à partir de 2020

Communiqué de presse du 27 mai 2016

Cette semaine a été révolutionnaire pour les sciences, certains des leaders mondiaux les plus éminents ont annoncé une initiative qui affirme que les documents scientifiques européens vont être mis gratuitement à disposition à tous d’ici à 2020.

En 2020, tous les articles scientifiques seront librement accessibles en Europe. Les États membres entendent ainsi optimiser la réutilisation des données de la recherche. Ils élaborent également un visa valable dans toute l’UE pour les start-up. Par ailleurs, la nouvelle réglementation européenne devra désormais, conformément au principe d’innovation, tenir compte de son impact sur cette dernière. Ce sont là les principaux résultats du Conseil Compétitivité qui s’est tenu à Bruxelles le 27 mai.

Partage libre des connaissances
Libre accès
Réutilisation des données de la recherche
Impact social accru
Améliorer le climat d’implantation et d’investissement
Visa pour les start-up
Le programme de recherche Horizon 2020

Télécharger le communiqué sur EU2016 (PDF), ou via notre site (PDF)

Un projet de cellules souches robotique est à venir au Royaume-Uni

L’Université d’Aston au Royaume-Uni a reçu des fonds (6 millions d’euros) par le biais du programme Horizon 2020 de la Commission européenne pour faciliter le consortium AUTOSTEM dans leur recherche sur les cellules souches. Avec NUI Galway en Irlande, ils espèrent régler les défis actuels dans la fabrication de cellules souches.

Les thérapies par les cellules souches ont le potentiel pour traiter actuellement les besoins des patients non satisfaits et de fournir des traitements pour des conditions telles que le diabète, maladie cardiaque et maladie de Parkinson. Cependant, les méthodes actuelles de fabrication des cellules souches adultes sont coûteuses, nécessites beaucoup de temps et de mains-d’œuvre, donc incapables de satisfaire la demande prévue des patients” explique Dr. Qasim Rafiq dans le communiqué.

“Notre projet élaborera un système robotique évolutif et automatisé pour la croissance des cellules souches adultes, ce qui nous permet de réduire considérablement les coûts associés aux cellules souches et aider à améliorer la qualité de vie des patients dans le monde entier”.

Les fonds serviront à mettre l’accent sur le développement d’un produit qui pourrait être en mesure de guérir des milliers de patients dans le monde entier. Le processus consiste à isoler et purifier les cellules souches adultes provenant de la moelle osseuse, puis ces cellules souches seront cultivées dans des bioréacteurs pour produire la quantité de cellules souches saines pour être placé dans le corps du patient. Ce qui est spécial au sujet de leur installation, c’est que la salle blanche hautement stérile et aseptique sera exploitée par un système robotisé.

Le traitement des cellules souches a été utilisé pour plusieurs maladies comme la maladie de Parkinson, Alzheimer, traumatismes médullaires (lésions de la moelle épinière), leucémie et lymphome, pour n’en nommer que quelques-uns.

source : National Centre for Universities and Business