Humanité – Tome 1 : La Fracture

Extrait
«— […] Nicolas Bain a un seul objectif dans la vie, il veut contribuer à vaincre la mort. Certes cela créera bien des inégalités dans un premier temps, mais n’est-ce pas ce que nous vivons déjà à bien des égards ? Un jour nous ne serons plus toutes et tous égaux devant la mort. La course pour atteindre cette frontière ultime a déjà commencé dans les laboratoires et centres de recherche du monde entier ».

ISBN 1026225418

Résumé

Et si demain, vous et votre famille deveniez immortels ? La famille Bain est constituée d’une lignée d’entrepreneurs dont le but ultime est de vaincre la mort. Avec l’immortalité en ligne de mire, ce premier tome emmène le lecteur dans un monde qui ne sera peut-être pas tellement éloigné de la réalité. De nationalité américaine, Nicolas Bain s’engage dans cette course contre la grande Faucheuse. Son fils Théo poursuivra son œuvre. Le monde sera régi par le Gouvernement d’Union dans lequel Américains, Russes et Chinois se partageront le pouvoir. Nous n’aurons pas réussi à protéger notre planète du dérèglement climatique ; la mafia, gangrène du pouvoir, tirera profit de toutes les situations et les progrès médicaux et technologiques vont transformer l’humanité. L’intelligence artificielle s’imposera progressivement. Quant à la conquête de Mars, ne serait-elle pas le commencement d’une nouvelle branche de l’humanité ?

La course vers l’immortalité

Milliardaire ambitieux et homme d’affaires, Nicolas est convaincu que l’immortalité est à portée de main. Soutenu par son ami, Samuel Johnson, il décide de mettre sa fortune personnelle en jeu et de tout mettre en œuvre pour accélérer la recherche. Ce projet un peu fou au premier abord, devient très vite un véritable enjeu pour les générations à venir. Chercheurs et scientifiques collaborent activement et parviennent en peu de temps à contrecarrer la mort elle-même. Nul n’aurait pu en prévoir les conséquences. À qui sera destiné ce fameux remède ? Conflits, révolutions et guerres civiles éclatent alors aux quatre coins de la planète. Laissez-vous entraîner dans cet univers futuriste où les avancées scientifiques révolutionnent le monde !

À la conquête d’un nouveau monde

L’auteur nous plonge ici dans un roman où science-fiction et politique s’entrecroisent. On y rencontre de sombres personnages tel Fang Chen, futur président chinois avide de pouvoir qui ne recule devant aucune promesse pour satisfaire sa soif de pouvoir. Malgré les conflits persistants et les machinations des uns et des autres, les trois puissances mondiales décident de coopérer dans un ultime but : la colonisation de Mars. La mission se concrétise et les premières colonies d’immortels voient le jour. À quoi ressemblera cette nouvelle civilisation ? Entre réalité et fiction, laissez-vous entraîner par les rêves de grandeur de la famille Bain !

Un mot sur l’auteur

Né à Bruxelles en 1965, Éric Lechien travaille dans l’industrie pharmaceutique. C’est au cours d’une lecture de vacances que naît l’idée d’écrire un roman d’anticipation qui irait jusqu’à l’année 2150. L’immortalité et ses conséquences, l’environnement, la géopolitique, la religion et le pouvoir, l’intelligence artificielle et la conquête de l’espace, sont autant de thèmes traités dans ce roman.

Page dédiée Facebook

2024 pourrait devenir 1984 sans réglementation biométrique

Le président de Microsoft a déclaré que nous devions réglementer la technologie de reconnaissance faciale avant que «l’année 2024 ne ressemble à celle du livre 1984 »

Brad Smith a annoncé la nécessité de réglementer la technologie de reconnaissance faciale, avertissant un auditoire d’acteurs de l’industrie de l’internet que 2024 pourrait ressembler au livre «1984» sans la mise en place rapide de garanties visant à limiter son utilisation par les entreprises et les gouvernements, rapporte Recode.

Smith a pris la parole lors de la conférence Web Summit au Portugal, où il a averti que la technologie pourrait bientôt permettre aux gouvernements de suivre tout le monde et de consigner toutes les actions, ce qui pourrait avoir de profondes répercussions sur les libertés civiles fondamentales sur lesquelles reposent les sociétés démocratiques.

« Cela signifie potentiellement que à chaque fois que vous entrez dans un magasin, un détaillant sait à quel moment vous y étiez, quels biens vous avez choisi, quels achats vous avez achetés », déclare Smith. « Je pense même que cela est franchement dérisoire par rapport à ce que cela pourrait produire dans les relations entre les individus et l’État. »

Microsoft construit une technologie de reconnaissance faciale, et Smith a déjà rendu public le besoin de réglementation. Facebook et Apple aussi. Amazon vend sa technologie de reconnaissance faciale aux forces de l’ordre, un arrangement qui a provoqué la colère de certains de ses employés qui s’inquiètent de la façon dont elle est utilisée à des fins de surveillance.

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a rejoint Smith sur scène et a soutenu son appel à la réglementation.

« Je ne pense pas que les gouvernements soient encore équipés pour comprendre [ces problèmes], mais je pense qu’ils doivent l’être », a déclaré Blair. « Il est vraiment nécessaire pour ceux du monde de la technologie… d’éduquer les décideurs politiques sur ce que cela signifie. »

Blair a également suggéré que le premier groupe politique à exploiter la question dans un récit d’utilisation bénéfique pourrait représenter l’avenir de la politique.

De la rareté des ressources aux paris sur l’avenir

Guillaume Pitron livre avec La guerre des métaux rares1 la synthèse d’une enquête de plusieurs années sur les nouveaux équilibres géopolitiques et les problèmes environnementaux auxquels nous confronte la convergence des technologies vertes avec les technologies numériques. Ces dernières étant non seulement supposées optimiser les premières, mais également œuvrer à la dématérialisation des flux, on pourrait s’attendre à l’avènement d’une croissance mondiale décarbonée, présentée comme « propre » et durable par ses promoteurs. Mais c’est sans compter avec la matérialité bien tangible des métaux rares nécessaires à l’ensemble de ces technologies, dont nous feignons d’ignorer l’impact sur la terre et les gens comme si, par exemple, le cloud était une sorte de saint-esprit sans support physique. Or nous ne sommes qu’au début du paradoxe de la transition énergétique, dont la consommation ne cesse de croître : la dernière étude de Greenpeace estime que le secteur numérique représente déjà 7% de la consommation mondiale d’électricité… tout en encourageant ce secteur à se tourner vers les énergies renouvelables2. Le travail de Guillaume Pitron inviterait justement à douter de l’évidence de cette recommandation (qui n’est d’ailleurs pas contredite par les géants du numérique, pressés de se mettre au diapason vert des marchés du moment). Contre toute attente, il existe même quelques convergences entre certains courants écologistes et transhumanistes3. Les solutions transhumanistes au problème écologique vont de la modification de l’environnement (géo-ingénierie par exemple) à la modification de l’empathie et de la morale humaine (moral enhancement). Elles ne remettent pas en question la capacité de la technologie à surmonter la finitude terrestre en explorant l’univers.

Voyons plutôt où mène l’examen de l’industrie des métaux rares. Tout le monde se souvient de l’usine de Rhône-Poulenc de la Rochelle qui, au début des années 90, était le premier traiteur et fournisseur mondial de terres rares4 (à côté des activités textiles, agrochimiques et pharmaceutiques du groupe, nationalisé en 1982 et privatisé en 1993, et auquel succéda Aventis en 1998). Les Français s’inquiétaient à l’époque du traitement des déchets radioactifs générés par l’usine. Le problème du traitement des déchets n’a pas été résolu, mais les temps ont changé. En 2010, c’est la Chine qui détenait 95% du marché mondial des métaux rares5. Sous la pression des citoyens, des riverains, et des écologistes, tout comme sous la pression des marchés financiers mondialisés, les activités d’extraction minière et de raffinage – confrontées à une demande mondiale exponentielle – furent délocalisées et alimentèrent l’illusion occidentale des technologies propres. Guillaume Pitron, qui est allé voir sur place, donne une toute autre version de ce « cauchemar environnemental où se côtoient – pour ne citer qu’eux – rejets de métaux lourds, pluies acides et eaux contaminées. (…) En ce sens, la transition énergétique et numérique est une transition pour les classes les plus aisées : elle dépollue les centre-villes, plus huppés, pour mieux lester de ses impacts réels les zones plus miséreuses et éloignées des regards6. » En conséquence de quoi l’auteur propose de réouvrir les mines sur le sol français, à l’encontre des militants écologistes, afin que les citoyens et gouvernements aient à nouveau « sous leurs fenêtres », dit-il, les conséquences intenables du mode de production et de consommation actuel et prennent les responsabilités qui vont de pair. Une proposition de bon sens pour réintégrer les externalités dans le bilan final. Les standards européens sont, de fait, plus exigeants que les standards chinois et la confrontation directe avec les problèmes environnementaux pousseraient peut-être les consommateurs à exiger la fin de l’obsolescence programmée. C’est du moins là-dessus que l’on peut spéculer.

Or il se pourrait que cette idée – défendue par Emmanuel Macron – soit prise au sérieux, non pas tant par souci de l’environnement que pour retrouver dans le domaine des métaux rares une souveraineté perdue, essentielle en termes de stratégie économique et militaire. Ce livre conte l’ascension fulgurante de la Chine dans le monopole mondial des métaux rares, qui explique sa position actuelle de première puissance informatique au monde – exploit conjugué à son bilan écologique catastrophique. Ayant compris qu’elle n’avait aucun intérêt à rester le fournisseur de matières premières à bas prix qu’elle avait été jusqu’alors et ayant pris la mesure de la fin annoncée des énergies fossiles, la Chine a provoqué des embargos sur ses exportations de terres rares, attiré les industriels étrangers sur son territoire en les alléchant par un accès aux matières premières et passé avec eux des partenariats de « co-innovation » qui lui permirent de s’approprier les technologies de pointe, de garder la main sur la valeur ajoutée et d’investir ensuite dans ses propres laboratoires de recherche. L’Union Européenne, le Japon et les États-Unis furent pris de vitesse et l’attaquèrent d’ailleurs devant l’OMC pour ses quotas d’exportation7. La Chine remplaça alors ses quotas par un système de licences. Mais le chantage chinois « technologies contre ressources8 » inspira d’autres pays émergents…

Comme le rappelle Guillaume Pitron, devant la raréfaction de ces ressources difficiles à extraire de la croûte terrestre, certains lorgnent déjà les gisements marins et la captation d’astéroïdes. La question que personne ne pose volontiers est la suivante : « Combien faut-il d’énergie pour produire de l’énergie ?9 » Car les procédés d’extraction capables d’atteindre l’espace ou le fond des océans ne sauraient être eux-mêmes gratuits et écologiquement inoffensifs, ils ne font que décupler le challenge énergétique. Ainsi la question des limites de la croissance ne fait que reculer indéfiniment son échéance jusqu’à l’acculement ultime. Comme le résumait Philippe Bihouix : « Nous faisons face à [ces] deux problèmes au même moment, et ils se renforcent mutuellement : plus d’énergie nécessaire pour extraire et raffiner les métaux, plus de métaux pour produire une énergie moins accessible10. » Ce n’est pas tout : l’impact écologique des voitures électriques, panneaux solaires ou éoliennes est, selon certains calculs, peu concluant considéré sur l’ensemble d’un cycle de vie, même si l’empreinte carbone est moindre. Si l’on ajoute à ce bilan pas si glorieux l’effet rebond (selon lequel un équipement technologique plus efficace et plus rentable s’accompagne en fait d’une hausse de consommation et non de la diminution attendue) – duquel l’auteur de la Guerre des métaux rares ne fait pas mention – alors le battage médiatique et les formidables investissements que mobilisent les énergies renouvelables semblent une cruelle escroquerie effectuée sur le dos des populations des pays émergents, qui, certes, voient leur niveau de vie s’élever au rythme de la croissance mondiale, mais en ignorant la facture ultime de cette amélioration relative.

Il ne resterait, pour non pas empêcher mais ralentir cette échéance, que le recyclage. Or lui-même a un coût si prohibitif que l’on investit peu dans cette filière. Les alliages et matériaux composites, les multicouches à l’origine de propriétés extraordinaires des objets modernes sont difficiles à séparer et nécessitent de repenser les modes de fabrication, afin de prendre en compte dès la conception la perspective du recyclage en fin de vie. Le recyclage de matériel électronique exige des opérations chimiques polluantes destinées à séparer les composants. Des méthodes plus propres et prometteuses sont toutefois en cours de recherche. Le caractère apparemment écologique et charitable de la volonté de rendement (rendre accessible à plus de monde des produits informatiques ou de l’énergie bon marché avec moins de risques sanitaires et écologiques) ne saurait masquer l’enjeu capitaliste : produire, vendre et consommer toujours plus. Dans ces conditions, même le recyclage intégral ne compenserait pas l’augmentation constante de la consommation globale et l’apparition régulière de nouveaux gadgets, tels la cigarette électronique. Les annonces d’Apple sur le recyclage des iPhones représentent en effet une goutte d’eau dans les chiffres de la consommation électronique. La directive européenne DEEE de 2002, qui transfère la responsabilité du recyclage aux fabricants reste suivie d’effets très insuffisants et les fabricants ont plus intérêt à fabriquer de nouveaux appareils à l’aide de matériaux partiellement recyclés qu’à récupérer les pièces et réparer les vieux. Il y a fort à parier que des techniques propres et efficaces de recyclage ne seront étudiées et mises en œuvre à grande échelle que lorsque les ressources disponibles seront épuisées (c’est à dire lorsque le coût d’extraction des ressources disponibles sera devenu supérieur à celui de l’exploitation des montagnes de déchets accumulées entre temps), ce qui laisse augurer d’une situation planétaire infernale, chaque parcelle de terre ayant été exploitée au maximum, avec une humanité dépendante de machines qui seront devenues omniprésentes et hypersophistiquées, mais peut-être privées de l’énergie nécessaire à leur entretien… Nous devrions alors nous contenter d’un stock de ressources limité à gérer parcimonieusement et à se disputer âprement entre terriens, loin des rêves de conquêtes spatiales. Enfin, aucun recyclage n’est intégral, son écobilan n’est jamais nul et les matériaux recyclés peuvent être de qualité inférieure. Georgescu-Roegen l’exprimait de cette manière imagée : « Nous pouvons ramasser toutes les perles tombées par terre et reconstituer un collier cassé, mais aucun processus ne peut effectivement réassembler toutes les molécules d’une pièce de monnaie usée11. » Il précisait qu’il ne s’agit pas d’exclure en principe la reconstitution d’une structure matérielle, mais que « si en pratique de telles opérations sont impossibles, c’est seulement parce qu’elles réclameraient un temps pratiquement infini12. » On ne reconstitue pas miraculeusement des stocks naturels qui ont mis des millions d’années à se constituer.

Georgescu-Roegen démontra implacablement pourquoi la dégradation de l’environnement était liée à un principe d’entropie irréversible (« la seule loi naturelle dont la prédiction n’est pas quantitative13 ») mais accéléré par les activités humaines et constamment ignoré par les économistes orthodoxes, qui ne s’intéressent ni à l’input des ressources ni à l’output des déchets. Selon lui, les limites du progrès technologique seront données par le coefficient de rendement énergétique qui ne saurait être exponentiel sans rendre la production incorporelle, ce que prétend sans le savoir « le sophisme de la substitution perpétuelle14» qui ne tient pas compte du coût énergétique croissant de l’accès à de nouvelles énergies. Ce modèle suppose, en somme, une croyance surnaturelle exactement là où il se prétend le plus scientifique. La promotion de l’extropie – antonyme de l’entropie – développée dans le journal et l’institut du même nom, et formalisée par Max More en 1998 dans Les principes extropiens15 se fonde, quant à elle, exclusivement sur un article de foi dans le progrès technologique illimité. Elle ne constitue en rien une réponse scientifique aux travaux de Georgescu-Roegen et aux objections de nombreux physiciens.

Guillaume Pitron ne prône pas la décroissance, ne s’exprime pas sur les principes de la thermodynamique et ne tire aucune conclusion prospective. C’est au lecteur de le faire. La situation qu’il décrit ne nous confronte pas seulement au délire d’une croissance qui ne s’arrête jamais et se croit capable d’inventer sans cesse à mesure de ses nouveaux déficits. Elle nous ramène aussi au pari transhumaniste, celui qui propose de risquer le va-tout pour atteindre peut-être « la maturité technologique » capable de résoudre un jour des problèmes aujourd’hui insolubles. Au-delà du risque brandi par certains de l’avènement d’une intelligence artificielle maligne, c’est le problème platement physique des ressources qui se pose déjà. Un problème trop terre-à-terre ? La focalisation sur le développement de l’intelligence occulte la question d’une barrière énergétique infranchissable dans les conditions physiques connues. Le technoprogressisme ne donne aucun scénario vraisemblable de réponse à l’accroissement exponentiel de la demande d’énergie que suppose sa vision. Au mieux, il affirme son engagement écologique sur le mode religieux du déni green tech exposé plus haut et choisit de croire qu’il existe quelque part dans le futur un degré de développement technologique capable d’inverser une équation tenue par les physiciens pour impossible, à savoir l’accès à une source d’énergie à la fois propre, gratuite et illimitée.

Le paradoxe formulé par le prix Nobel de physique Enrico Fermi en 1950 – s’étonnant de l’absence de signes extraterrestres, compte tenu de la très haute probabilité de civilisations extraterrestres plus anciennes que la nôtre – a suscité un nombre considérable d’hypothèses. Une solution fut celle formulée par l’astrophysicien Haqq-Misra et le géographe Baum16, qui considéraient les paramètres de croissance durable ou non durable comme une explication plausible soit de l’échec (en raison d’un effondrement de leurs écosystèmes), soit de la lenteur (en raison d’une croissance ralentie ou bloquée) de civilisations extraterrestres à coloniser l’espace jusqu’à nous. Le physicien Gabriel Chardin a émis récemment une hypothèse similaire : « Sous l’hypothèse apparemment raisonnable d’un taux de croissance de la consommation et de l’utilisation des ressources de 2 % par an, la durée d’épuisement des ressources de la Terre est de quelques centaines d’années, avec une large marge d’incertitude. Pour l’Univers observable tout entier, curieusement, l’estimation est plus précise : entre 5 000 et 6 000 ans, à très peu de chose près… (…) Autrement dit, une croissance de 2 % par an poursuivie pendant quelques millénaires grille presque nécessairement le système planétaire qui en subit l’expérience17. »

Ces hypothèses ne sont pas apocalyptiques, au sens où elles ne postulent pas l’extinction inéluctable de l’espèce humaine (du moins une extinction d’origine anthropique). En revanche elles suggèrent qu’une croissance rapide est à coup sûr incompatible avec la colonisation de l’espace ou même avec l’accomplissement d’un progrès technologique qui sera pris de court par sa propre accélération. Seul un rythme d’innovation ralenti, déconnecté d’intérêts marchands et financé par des fonds publics, éloigné d’applications de masse et faisant l’objet de délibération éthique et politique aurait peut-être une chance de favoriser le progrès technologique à long terme. La course en avant chargée de nous donner la solution toujours repoussée à des problèmes toujours plus gros semble par contre aller droit dans le mur. Mais notons que ce n’est pas sûr : personne ne connaît la structure ultime de l’univers. Georgescu-Roegen concluait ses travaux sur cette alternative : « Peut-être le destin de l’homme est-il d’avoir une vie brève mais fiévreuse, excitante et extravagante, plutôt qu’une existence longue, végétative et monotone. Dans ce cas, que d’autres espèces dépourvues d’ambition spirituelle – les amibes par exemple – héritent d’une Terre qui baignera longtemps encore dans une plénitude de lumière solaire !18 » Cet avertissement pose d’une manière plus aiguë que jamais l’enjeu de choix politiques fondés sur des paramètres inconnus et peut-être inconnaissables ou impossibles à mesurer.

Sandrine Aumercier

1Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares – La face cachée de la transition énergétique et numérique, Éditions Les Liens qui Libèrent, Paris, 2018.

2« Impact environnemental du numérique : il est temps de renouveler Internet », 10 janvier 2017

3Marc Roux, « Transhumanisme et écologie », 11 avril 2016

4Dominique Challiol, « Déchets : une solution en vue pour l’usine Rhône-Poulenc de la Rochelle », Les Echos, 24 mai 1991.

5Bertrand d’Armagnac, « Grandes manœuvres autour des métaux rares », Le Monde, 03 février 2010.

6Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares, pp. 80-81.

7Dominique Albertini, « Les terres rares, un facteur majeur de la puissance chinoise », Libération, 14 mars 2012.

8Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares, p. 151.

9Ibid. p. 220.

10Philippe Bihouix, « Du mythe de la croissance verte à un monde post-croissance », in Crime climatique stop , Collectif, Seuil, Paris, 2015.

11Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance, Sang de la Terre, Paris, 2011, p. 105.

12Ibid., p. 105.

13Ibid., p. 98.

14Ibid., p. 113.

15Principes transhumanistes d’Extropie

16Jacob D. Haqq-Misra et Seth D. Baum, « The Sustainability Solution to the Fermi Paradox », Journal of British Interplanetary Society, vol. 62,‎ 2009.

17Gabriel Chardin, « Le paradoxe de Fermi et les extraterrestres invisibles », Libération, 2 mai 2015.

18Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance, op. cit., p. 149.

La guerre des métaux rares

La face cachée de la transition énergétique et numérique

Transition énergétique, révolution numérique, mutation écologique… Politiques, médias, industriels nous promettent en chœur un nouveau monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Cet ouvrage, fruit de six années d’enquête dans une douzaine de pays, nous montre qu’il n’en est rien !

En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares… ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole.

Dès lors, c’est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte – le récit clandestin d’une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d’une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu’à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu’elle s’était donné pour mission de résoudre.

“Le secteur des technologies de l’information et de la communication produit ainsi 50% de plus de gaz à effet de serre que le transport aérien! Cercle vicieux!”

Journaliste pour Le Monde Diplomatique, Géo ou National Geographic (il est notamment lauréat de l’édition 2017 du Prix Erik Izraelewicz de l’enquête économique, créé par Le Monde), Guillaume Pitron signe ici son premier ouvrage. La géopolitique des matières premières est un axe majeur de son travail. Il intervient régulièrement auprès du parlement français et de la Commission européenne sur le sujet des métaux rares.

Extrait ↓

Désirs de data. Le trans et post humanisme comme horizons du plissement numérique du monde

Maryse Carmes, Jean-Max Noyer. Désirs de data. Le trans et post humanisme comme horizons du plissement numérique du monde. 2014. <sic_01152497>

Télécharger le PDF

Résumé : Dans cet article, la prolifération de data est examinée dans le cadre du processus d’artificialisation du monde et comme effet d’une sémiotique générale pour assurer la permanence et la transformation de la fabrique de nous-mêmes et de notre milieu associé. Cette prolifération de data est réglée sur les mouvements, intensités, des régimes de désirs et sur les processus de subjectivation qui lui sont immanents. Mais elle active en même temps de nouveaux états du Virtuel qui les enveloppent. On prend comme exemples l’urbanisation et le marketing en insistant sur certains aspects de la transformation des intelligences collectives. Ce faisant est esquissée une perspective sur le « trans et post humaniste », expression et exprimé de ces désirs.

Futurs possibles à l’horizon 2030-2050 : Rapport Vigie 2016 Futuribles

L’édition 2016 du Rapport Vigie propose à ses lecteurs un panorama structuré des connaissances et des incertitudes des experts que Futuribles International a mobilisés pour explorer les évolutions des 15 à 35 prochaines années sur 11 thématiques. Il constitue ainsi un document de synthèse des grandes transformations repérées et analysées dans le cadre de Vigie, le dispositif permanent de veille et d’analyse prospective développé par l’association Futuribles International au profit de ses membres partenaires.

Futuribles International a organisé le 14 janvier 2016 à la Caisse des Dépôts (Paris) un événement pour la restitution de son rapport Vigie 2016. Voici les supports de présentation de cette demi-journée.

Introduction Futurs possibles à l’horizon 2030-2050

Diaporama

Un article intéressant sur Les Echos où ils confirment l’explosion des dépenses de santé :

Santé : hausse des coûts et couverture universelle

C’est une tendance de long terme qui ne se limite pas aux pays développés : les dépenses de santé n’ont cessé de croître au cours des cinquante dernières années. Contrairement à une idée reçue, note Louis-Charles Viossat, « le vieillissement de la population n’a représenté jusqu’à présent qu’un facteur modeste (0,5 point sur 4,3 points) de la croissance annuelle ». Ce qui pèse le plus sur les dépenses, ce sont les progrès médicaux, l’essor des nouvelles technologies, et la hausse des prix et services de santé. Sur fond de médecine plus personnalisée et plus prédictive, nul n’envisage une inversion de la courbe : l’OCDE estime que les dépenses pourraient doubler entre 2015 et 2060. A cette date, le secteur de la santé pourrait représenter 14 % du PIB des pays de l’OCDE et 10 % de celui des BRIC. Dans ce contexte, le rapport de Futuribles voit dans « la progression vers une couverture santé universelle » une « tendance lourde de l’organisation des politiques et des systèmes de santé dans le monde », symbolisée par l’Obamacare aux Etats-Unis.


Un économiste prédit l’explosion des dépenses de santé

Le futurologue Dr Ian Pearson prédit comment les humains vont évoluer d’ici à 2050 : “Alors que cette technologie pourrait être disponible dès 2050, il peut devenir assez bon marché pour être généralisée d’ici 2070.”


Transhumanisme : interview Laurent Alexandre

Laurent Alexandre, chirurgien, expert en nouvelles technologies et créateur de DNAvision détaille l’histoire du transhumanisme de sa création jusqu’à aujourd’hui.

⇒note de l’Admin : Nous autres, le texte de Zamiatine est souvent présenté comme la source d’inspiration de chefs-d’œuvre, tels, Le Meilleur des mondes (1932), 1984 (1949) ou Un bonheur insoutenable (1970), ayant à leur tour fait école.

Qu’est ce que le Transhumanisme

Quel rapport entre transhumanisme, argent et pouvoir ?

Le transhumanisme intéresse aujourd’hui les dirigeants des plus grandes entreprises comme les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) mais quel est le lien entre transhumanisme, argent et pouvoir ?

Santé : la révolution du transhumanisme

Coeur artificiel, séquençage ADN… le transhumanisme introduit une véritable révolution dans le domaine de la santé tant du côté de la prévention des risques que de la guérison.

Encadrer le transhumanisme, une utopie ?

Les bouleversements induits par le transhumanisme posent de véritables questions a propos de l’avenir de nos sociétés. Mais est-ce encore possible d’encadrer aujourd’hui ce qui ressemble à une véritable fuite en avant vers toujours plus d’innovation ?

Transhumanisme, peut-on légiférer contre l’eugénisme technologique ?

Si aujourd’hui, sélectionner le sexe de son enfant est désormais possible aux Etats-Unis, ne peut-on craindre demain l’instauration d’un véritable eugénisme technologique ?

Demain, serons-nous tous des êtres augmentés ?

L’idéal transhumaniste est de perfectionner l’humain : augmenter ses capacités intellectuelles mais également améliorer le corps et ses performances. Avec le développement scientifique et technologique de demain, serons-nous tous des êtres augmentés ?

« Bientôt, semées sous votre peau, les puces feront partie de votre corps. Vous serez votre propre robot. Un autre monde est déjà au travail. Tout ce que la science est capable de faire, elle le fera. Un rêve de puissance nous emporte ». Jean d’Ormesson

Transhumanisme et Santé : En quoi le Big Data change la donne ?

Grâce aux objets connectés nous produisons chaque jour un nombre extraordinaire de données a propos de nos habitudes de vie, notre sommeil ou activité physique… Ces données intéressent de plus en plus le domaine médical, mais en quoi le Big Data peut servir la santé ?

Demain, tous centenaires mais trop nombreux sur Terre ?

Avec le développement des thérapies géniques et autres avancées du transhumanisme dans le domaine de la santé, nous pourrions voir notre espérance de vie s’allonger presque indéfiniment. N’existe-t-il pas un risque de surpeuplement, l’espace disponible sur notre planète étant par définition limité ?

L’immortalité ne sera-t-elle accessible qu’aux riches* ?

Prolonger la vie jusqu’à nous rendre immortel, c’est le projet fou que caressent de nombreux partisans du transhumanisme. Si aujourd’hui, de trop nombreuses personnes n’ont pas accès au soin comment imaginer qu’elles puissent demain accéder à l’immortalité ? De fait, l’immortalité ne sera-t-elle accessible qu’aux riches ?

Faut-il craindre le développement de l’intelligence artificielle ?

Des ordinateurs de plus en plus puissants, des systèmes informatiques de plus en plus autonomes… La révolution numérique s’accompagne d’un essor constant de l’intelligence artificielle. Mais faut-il craindre l’émergence d’une intelligence artificielle hostile mais surtout surpuissante dans l’avenir ?

Citations : « Il suffit de jeter un coup d’oeil sur les disparités séparant aujourd’hui l’étroite minorité des super-riches et les 95 % de citoyens restant à l’écart du progrès, pour se convaincre que la Singularité promise par Ray Kurzweil et ses disciples, ne sera pas pour tout le monde» JP Baquiast 20/08/2014

«On ne peut pas vivre en un meilleur temps qu’aujourd’hui ou la mort est, ou sera bientôt anéantie pour un certain nombre de personnes privilégiées qui se seront vouées, consacrées à l’anéantir ou pour les bien nantis de la planète.» Death is obsolete. C’est le titre du dernier site in. Il est l’œuvre de Andy Walker, un ami intime de David Bunnel, fondateur de PC Magazine, PC World et MarWorld. Ces bienfaiteurs de l’humanité ont un grand mérite. Ils évitent la démagogie consistant à promettre à tous une solution finale dont ils savent très bien qu’elle sera réservée à quelques-uns. Agora – google et l’immortalité transhumaniste

Les transhumanistes annoncent l’émergence d’une nouvelle forme d’humanité réservée à une élite. EchoMagazine.ch

Seuls les riches seront immortels

Bien que l’espérance de vie continue d’augmenter sur la planète, le site du magazine britannique Aeon prédit qu’à l’avenir seuls les riches seront capables de vivre plus longtemps. L’écart s’agrandit entre ceux qui ont les moyens de mieux vivre et les autres, créant ainsi une nouvelle lutte des classes, estime le magazine : une lutte des âges. Pour Aeon, cette lutte a d’ailleurs déjà commencé. Des scientifiques américains sont en train de mettre au point des pilules antiâge qui pourront ralentir le vieillissement, ainsi que des prothèses et des implants électromécaniques qui permettront d’augmenter les capacités humaines. Des innovations qui ne seront accessibles qu’à ceux qui en auront les moyens.

Pierre Concialdi : « L’utopie (le délire ?) transhumaniste peut faire miroiter le mirage d’une vie de cyborg quasi éternelle libérée du travail. C’est un rêve réservé à une minuscule élite d’ultrariches. Pour les autres, le cauchemar continue. »

Google, rêve de vivre sans Etat

Les États-Unis de Google – The United States of Google

Google a aujourd’hui les ressources et la volonté de s’assumer un peu comme un Etat, bien que dans l’ouvrage et à juste titre, les auteurs démontrent avec clarté que Google entend dépasser cette dimension « classique » de la conception des rapports de force et compte bien diffuser une idéologie (page 11).

« Aujourd’hui déjà, Google est plus puissante que tous les autres groupements industriels de la planète. C’est une puissance mondiale. Une puissance mondiale qui n’est représentée sur aucun atlas. Une puissance mondiale sans frontières. Une puissance mondiale à laquelle nous sommes pourtant déjà liés avec de grandes angoisses et de grands espoirs. Assurément, Google ne possède ni porte-avions, ni police, ni tribunaux, ni prisons. Seuls les États traditionnels ont ce genre de choses. Google n’écrit aucune loi. Et pourtant Google a dû pouvoir, beaucoup de pouvoir. Car Google formule d’autres règles, qui régissent nos vies : du code informatique. »

Google le fait avec une force de frappe financière capable d’apaiser les voix les plus discordantes.

« l’entreprise met en cause les mécanismes politiques traditionnels – et se différencie aussitôt de la plupart des autres entreprises en ce qu’elle ne veut pas simplement voir grimper son chiffre d’affaires, accroître la valeur de ses actions, maximiser ses profits. Google veut bien plus que cela. Google veut diffuser une idéologie. »

« Google et de manière plus générale les grands services de l’Internet (le plus souvent californiens) sont en train de prendre, sans qu’on s’en rende compte, la place de l’État, des États, dans la gestion quotidienne de nos droits et libertés. Cette évolution quasiment invisible s’est faite avec l’assentiment tacite (parce que l’enjeu est incompris) des citoyens-internautes-clients, et avec la complicité aveugle des gouvernements qui, par manque de vision politique, ont cédé chaque jour davantage de terrain en croyant y trouver leur intérêt. Si, en moins de vingt ans, une entreprise comme Google a pu prendre une place aussi gigantesque dans le cœur même des usages et des infrastructures numériques, c’est qu’elle a su maîtriser son développement sur tous les fronts. »

Source : Livre : The united states of Google et Google le rêve de vivre sans état