L’intelligence artificielle pourrait détourner les interfaces cerveau-machine

et prendre le contrôle de nos esprits

Les technologies BCI (interface cerveau-machine) ont reçu plus d’attention depuis que le PDG et fondateur de Tesla, Elon Musk, a annoncé son intention de développer une interface cerveau-machine par le biais de sa startup Neuralink. Cependant, Musk n’était pas le premier à proposer la possibilité d’améliorer les capacités humaines grâce à l’interfaçage cerveau-machine. Un certain nombre d’autres startups travaillent sur un objectif similaire, y compris le fondateur de Braintree Bryan Johnson avec Kernel. Même la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) du département de la Défense des États-Unis y travaille.

Aujourd’hui, selon une collaboration de 27 experts – neuroscientifiques, neurotechnologues, cliniciens, éthiciens et ingénieurs de l’intelligence machine – se qualifiant eux-mêmes de Morningside Group – les BCI présentent une énigme unique et plutôt troublante dans le domaine de l’intelligence artificielle. Essentiellement conçus pour pirater le cerveau, les BCI eux-mêmes courent le risque d’être piratés par l’intelligence artificielle.

« De tels progrès pourraient révolutionner le traitement de nombreuses affections, allant des lésions cérébrales et de la paralysie à l’épilepsie et à la schizophrénie, et transformer l’expérience humaine pour le mieux », ont écrit les experts dans un article de la revue Nature. « Mais la technologie pourrait également exacerber les inégalités sociales et offrir aux entreprises, aux hackers, aux gouvernements ou à quiconque d’autres moyens d’exploiter et de manipuler les gens. Et cela pourrait modifier profondément certaines caractéristiques fondamentales de l’être humain : la vie mentale privée, l’action individuelle et la compréhension des individus en tant qu’entités liées par leur corps. »

Les experts ont utilisé l’analogie d’un homme paralysé qui participe à un essai BCI mais n’aime pas l’équipe de recherche qui travaille avec lui. Une intelligence artificielle pouvait alors lire dans ses pensées et interpréter son aversion pour les chercheurs comme un ordre de leur causer du mal, bien que l’homme n’ait pas donné explicitement un tel ordre.

Ils ont expliqué plus en détail :

Les développements technologiques signifient que nous sommes sur la voie d’un monde dans lequel il sera possible de décoder les processus mentaux des gens et de manipuler directement les mécanismes cérébraux qui sous-tendent leurs intentions, leurs émotions et leurs décisions ; où les individus peuvent communiquer avec les autres simplement en pensant ; et où de puissants systèmes informatiques reliés directement au cerveau des gens facilitent leurs interactions avec le monde, de sorte que leurs capacités mentales et physiques sont grandement améliorées.

Afin de se préparer à cette éventualité, le Morningside Group a proposé quatre considérations éthiques qui doivent être abordées : la vie privée et le consentement, la volonté et l’identité, l’augmentation et le parti pris. « Pour que les neurotechnologies prennent leur envol sur les marchés de grande consommation, les dispositifs devraient être non invasifs, présenter un risque minimal et nécessiter beaucoup moins de dépenses que les procédures neurochirurgicales actuelles », ont-ils écrit.

« Néanmoins, même aujourd’hui, les entreprises qui développent des dispositifs doivent être tenues responsables de leurs produits et être guidées par certaines normes, de meilleures pratiques et de normes éthiques ». Ces considérations deviennent encore plus cruciales lorsque l’on considère que « la chasse au profit l’emporte souvent sur la responsabilité sociale » en ce qui concerne la poursuite de la technologie, selon l’histoire de l’humanité.

L’une des utilisations potentielles des BCI est sur le lieu de travail. Comme l’explique Luke Tang, directeur général de l’accélérateur de technologies d’intelligence artificielle TechCode : « Je crois que le plus grand secteur dans lequel cette technologie est présente est le milieu des affaires – la machine cérébrale façonnera nos futurs lieux de travail ». Concrètement, les technologies BCI pourraient améliorer la collaboration à distance, accroître les connaissances et améliorer la communication.

Pour cette dernière, la technologie BCI fonctionnerait comme une « technologie capable de traduire vos pensées en paroles ou en actions qui, sans aucun doute, se révéleront transformatrices pour les méthodes de communication technologiques actuelles. La technologie cerveau-machine peut conduire à un flux de communication plus rapide et plus précis. » a déclaré M. Tang.

C’est précisément cette capacité à plonger dans les pensées d’une personne qui pourrait présenter un défi pour les BCI à mesure que des technologies telles que l’intelligence artificielle deviennent beaucoup plus avancées. Afin de ne pas perdre tout le potentiel que les BCI peuvent offrir, il est important d’avoir les bonnes considérations. « Les avantages cliniques et sociétaux possibles des neurotechnologies sont vastes », ont conclu les chercheurs de Morningside. « Pour les récolter, nous devons guider leur développement d’une manière qui respecte, protège et permette ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité. »

traduction Thomas Jousse

Newsweek, Nature

Imaginer les technologies de “mémoire totale” avec la SF audiovisuelle occidentale

Étude sémiotique, intermédiale et technocritique des représentations de la mémoire personnelle

Résumé

On reconnaît généralement la science-fiction cyberpunk et postcyberpunk à sa particularité de mettre en scène des objets techniques plus évolués que ceux que nous utilisons au quotidien. Ces objets sont à la fois défamiliarisants et familiers. L’étrangeté instaurée par les mondes (post)cyberpunks repose en partie sur une mise à distance de notre présent dans le but de nous le faire éprouver.

Elle repose également sur l’exploration du devenir de nos propres objets techniques. Formant un laboratoire de possibles, la science-fiction concourt à l’élaboration de nouvelles séries technologiques dans les diégèses. Toutefois, nous aurions tort de les cantonner à de simples fantaisies. Ces technologies fictionnelles s’inscrivent en effet dans une dialectique propre : si la science-fiction se réapproprie et narrativise les objets techniques existants, elle nourrit en retour des liens étroits avec la science appliquée à l’industrie (les technosciences).

La science-fiction forme en réalité un moteur de l’innovation technologique. Cette dialectique invite à prendre au sérieux le « terrain socio-anthropologique » que constitue la science-fiction et les objets que celle-ci met en scène.

Par ailleurs, qu’il soit virtuel ou actuel, tout objet technologique peut s’observer suivant les dynamiques relationnelles qu’il entretient avec les autres objets. Les études intermédiales n’appréhendent pas les objets comme des dispositifs autonomes pour lesquels il faut penser a posteriori les dynamiques, mais partent du principe que ce sont les relations qui informent les objets.

Selon cette approche, une technologie comporte en elle des structures sémiotiques qui ne lui sont pas exclusives et réarticule des mémoires, des conflictualités, des matérialités, des questions, des concepts et des rapports de force liés à des objets plus anciens. Les technologies imaginées dans la science-fiction ne semblent pas échapper à ce nœud de relations.

En s’appuyant sur ce cadre théorique, cette thèse s’intéresse à un ensemble de technologies qui émerge dans la science-fiction audiovisuelle au sortir de la Guerre froide. Ces technologies, que nous appelons technologies de « mémoire totale », permettent aux personnages de gérer de façon inédite leur mémoire personnelle.

Du dispositif de lifelogging implanté dans le cerveau au phénomène du mind uploading (« téléversement de l’esprit »), la science-fiction imagine et problématise le devenir de la mémoire humaine.

Ainsi, l’étude entreprise ici consiste, d’une part, à comprendre d’où provient l’idée d’une mémoire totale, et d’autre part, à analyser les enjeux et les conséquences des technologies de mémoire totale sur la mémoire, les individus et les univers fictionnels.

À terme, ce projet de thèse vise à réfléchir avec la science-fiction aux limites de l’innovation technologique à l’heure où, d’un côté, l’idéologie transhumaniste prend de plus en plus d’ampleur et, de l’autre, les projets technoscientifiques s’inspirent ouvertement des fantaisies technologiques issues de la science-fiction.

En explorant les technologies de « mémoire totale », cette étude développe une critique de l’idéologie transhumaniste et de son projet d’amplification corporelle radicale (human enhancement) au sein duquel la mémoire tient un rôle clé.

Caccamo, Emmanuelle (2017). « Imaginer les technologies de “mémoire totale” avec la science-fiction audiovisuelle occidentale (1990-2016) : étude sémiotique, intermédiale et technocritique des représentations de la mémoire personnelle » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en sémiologie.

Une nouvelle mini antenne pourrait ouvrir la voie à des interfaces cerveau-ordinateur

Des chercheurs de l’Université Northeastern de Boston ont développé une antenne 100 fois plus petite que la technologie actuelle. Ce développement pourrait aider à ouvrir la voie à des interfaces cerveau-ordinateur (BCI), à des téléphones cellulaires implantables et de permettre le développement de meilleurs dispositifs médicaux.

L’équipe a pu développer un dispositif qui prend des ondes électromagnétiques et les convertit en ondes acoustiques, qui ont des longueurs d’onde plus courtes, ce qui permet à l’antenne d’être plus petite. Afin de faciliter cette conversion, les scientifiques ont utilisé de fines feuilles d’un matériau piézomagnétique. Ce matériau se développe et se contracte en réponse aux ondes électromagnétiques, créant des vibrations acoustiques. Leurs résultats ont montré que les nouvelles antennes pouvaient envoyer et recevoir des signaux de 2,5 gigahertz environ 100 000 fois plus efficacement qu’une antenne à anneau classique. Le rapport a été publié dans Nature Communications.

Les applications potentielles dans les interfaces cerveau-ordinateur sont particulièrement intéressantes pour l’auteur principal de l’étude, Nian Sun. Il les considère comme une science-fiction. Il travaille actuellement avec un neurochirurgien du Massachusetts General Hospital pour créer un implant qui peut lire et/ou contrôler l’activité neurale, ce qui pourrait aider à mieux diagnostiquer et traiter les troubles neurologiques et ouvrir la voie à des dispositifs qui relieraient notre cerveau aux ordinateurs.

Science | AAAS

Et si vous pouviez « voir » directement dans le cerveau d’une autre personne ?

Ce dispositif d’IRM portable (wearable MRI) pourrait nous aider à lire les esprits

La capacité de lire les esprits, appelée télépathie, est encore un concept qui est abondant en science-fiction, mais un ancien responsable de Facebook déclare que nous pourrions tous être capables de voir dans l’esprit de quelqu’un d’autre – à condition que nous soyons équipés de la bonne technologie.

Mary Lou Jepsen a été responsable de la technologie d’affichage de la division Oculus VR de Facebook avant de créer sa propre startup Openwater. L’objectif de l’entreprise, bien que ambitieux, est en théorie assez simple : « créer un wearable pour nous permettre de voir le fonctionnement interne du corps et du cerveau en haute résolution ». En bref, la télépathie est une interface cerveau-ordinateur (BCI) – un appareil portatif qui fonctionne comme une machine d’imagerie par résonance magnétique (IRM).

« OpenWater est en train de créer un appareil qui peut nous permettre de voir dans votre cerveau et votre corps avec beaucoup de détails. Avec cela, vient la promesse de nouvelles possibilités pour diagnostiquer et traiter les maladies et bien au-delà – celle de communiquer uniquement par la pensée ».

“Je ne pense pas que cela va prendre des décennies”, a déclaré Jepsen sur le développement de la technologie, lors d’un entretien avec CNBC. “Je pense que nous parlons de moins d’une décennie, probablement huit ans jusqu’à la télépathie.” Son entreprise prévoit de mettre un nombre très limité de prototypes à la disposition de ses partenaires afin d’y accéder d’ici l’an prochain.

La technologie de l’IRM portative (Wearable MRI) pourrait être un atout en termes de diagnostic et de traitement de la maladie. D’un coup d’œil, un médecin peut voir ce qui se passe dans le cerveau d’une personne ou ailleurs dans le corps. Bien sûr, cela soulève de nombreuses questions et préoccupations au sujet de la vie privée, où Jepsen affirme que sa compagnie y travaille. « Nous essayons de faire en sorte que le chapeau ne fonctionne que si l’individu veut qu’il fonctionne, puis en filtrant des éléments que la personne qui le porte ne pense pas qu’il soit approprié de partager », a-t-elle déclaré.

Facebook travaille sur une interface cérébrale qui vous permettra de « communiquer uniquement avec votre esprit »
Elon Musk lance une entreprise pour fusionner votre cerveau avec un ordinateur
→ L’interface cerveau-à-cerveau — le prochain grand saut dans la communication humaine : des pouvoirs télépathiques
Les scientifiques décodent les pensées, lisent l’esprit des personnes en temps réel
Brevets américains pour les technologies de manipulation et contrôle de l’esprit
Mind control
Interfaces cerveau-ordinateur : des fonds militaires pour contrôler les sentiments
Les tatouages télépathie ou télékinésie
La communication cerveau à cerveau chez les humains pourrait bientôt devenir une réalité
Un pas vers le transhumanisme : contrôler les gènes par la pensée
Neurosciences : un système fait entendre tout haut ce que notre cerveau raconte
Nataliya Kosmyna, pilote des objets par la pensée
Une étude pilote de communication directe cerveau-à-cerveau chez l’homme

C’est ce que le CEO de Tesla et SpaceX, Elon Musk, a à l’esprit avec Neuralink, son entreprise de fusion de l’esprit / machine. La branche de recherche du Département de la Défense des États-Unis, DARPA, travaille également sur des projets qui combinent les humains avec les machines. Une autre société est Kernel, qui travaille sur une neuroprothèse qui peut rendre programmable le code neuronal du cerveau.

CNBC, CNET, Openwater

Openwater portion starts at 30 minutes into this presentation from the Milken Global Conference of May 2017

Étude prospective à l’horizon 2030 : impacts des transformations et ruptures technologiques sur notre environnement stratégique et de sécurité.

Pour la première fois, un document gouvernemental en matière de prospective technologique est réalisé par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) pour penser les défis technologiques à venir auxquels nous serons confrontés et les ruptures stratégiques qui en découleront. Il vise à proposer des pistes de réflexion à l’ensemble des acteurs de la communauté stratégique française, voire alimenter le débat public dans une période où les questions de sécurité et de défense s’imposent au cœur des préoccupations.

A vocation pédagogique, cet exercice de prospective n’exprime pas de position officielle et ne correspond pas à une quelconque doctrine, livre blanc ou politique publique. Il reflète le point de vue de chercheurs et l’état des réflexions sur un ensemble de sujets. Le choix des thématiques résulte du travail de veille technologique réalisé par le SGDSN, en relation étroite avec le monde de la recherche. Il pourra être actualisé et augmenté par l’étude ultérieure d’autres sujets.

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Sommaire

Avant-propos
Introduction
Partie 1 : Des tendances qui se consolident
La défense antimissile balistique en 2030 : un système militaire mature au cœur des équilibres stratégiques
La démocratisation de l’accès à l’espace
Paix et guerre dans le cyberespace
La dissuasion, atout de puissance et facteur de paix
Terrorisme et menaces NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) : vers un terrorisme technologique ?
Frontières passoires ou frontières intelligentes
Partie 2 : ruptures technologiques – ruptures stratégiques
Les missiles et vecteurs hypervéloces, nouveaux déterminants des puissances ?
Militarisation et insécurisation de l’espace
La révolution de l’impression 3D
La biologie de synthèse : un saut dans l’inconnu
Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?
La cryptographie est-elle à l’aube de la révolution quantique ?
Le champ de bataille « 3.0 » : intelligence artificielle, robots, nanotechnologies et armes à énergie dirigée sous l’uniforme


Extrait : Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?

L’impact potentiel des neurosciences sur la manière de faire la guerre est identifié et de nombreuses recherches sont en cours. Essentielles en termes de santé, ces avancées vers « l’homme augmenté » sont parfois déroutantes au plan militaire et éthique. La France et l’Europe doivent les prendre en compte pour maintenir leurs capacités de défense pour la guerre du futur, identifier les priorités afin de ne pas disperser moyens et financements et se préparer à créer les conditions d’une modération des acteurs et d’un encadrement international.

De formidables avancées susceptibles d’intéresser la défense

Les stratégies et méthodes permettant d’étudier le fonctionnement cérébral ou de modifier les capacités cognitives sont de natures très diverses, impliquant à la fois des technologies non-invasives ou invasives. Des avancées récentes en matière d’imagerie cérébrale, de techniques de neuromodulation ou d’interfaces cerveau-machine ouvrent de nouvelles perspectives à plus ou moins long terme.

Pour les forces armées, les recherches actuelles dans le domaine des neurosciences, si elles aboutissent, pourraient participer à la réalisation de plusieurs objectifs, comme :

– la préservation de la santé et de la sécurité des opérateurs militaires ;
– le maintien, voire l’amélioration de leurs performances, notamment en matière d’endurance, de capacités sensorielles, de réactivité, de productivité, de créativité ou encore de résistance au stress.

Ces applications auraient une incidence directe sur les performances individuelles et la capacité opérationnelle.

Parmi les axes de recherche qui suscitent également un intérêt – et soulèvent autant d’enjeux éthiques et sociétaux – figurent l’exploitation des connaissances et technologies relevant des neurosciences, en particulier des techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle, en vue d’évaluer la véracité des informations obtenues lors d’un interrogatoire ou même de déterminer le degré de responsabilité d’un individu, notamment dans le cadre d’expertises judiciaires ou dans le domaine du renseignement.

L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire
Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche
Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies : Quelles implications pour la défense et la sécurité ?

Les applications potentielles des neurosciences pour les forces armées, dont certaines restent à l’heure actuelle très hypothétiques, comprennent :

– le suivi médical individuel des combattants, par exemple la surveillance de l’évolution de la vigilance ou du niveau de stress ;
– la prise en charge médico-psychologique, avec notamment la possibilité de restaurer une fonction après une atteinte à l’intégrité physique, voire psychique (commande de dispositif prothétique, perception de sensations recréées, restauration des souvenirs, etc.) ;
– l’amélioration de la formation et de l’entraînement, y compris en cas de stress ;
– l’amélioration des performances physiques et sensorielles des combattants ;
– le guidage à distance de systèmes d’armes, tels que des robots, des drones ou un exosquelette, par une interface cerveau-machine ;
– l’amélioration des performances cognitives des opérateurs et des combattants, en particulier dans un environnement complexe et avec des sollicitations multiples ;
– l’obtention et l’évaluation d’informations à des fins de renseignement ;
– la mise en réseau de capacités cérébrales afin de pouvoir combiner des compétences individuelles.

Le nouvel exosquelette des Forces Spéciales « Iron Man » arrête les balles avec une armure liquide
Robotisation des armées : « Il y a un début de fuite en avant dans certains pays »
Réalité augmentée pour les forces armées
Le nouveau programme de la DARPA envisage de stimuler vos nerfs pour l’auto-guérison

S’ils se concrétisent, certains développements pourraient être à l’origine de profonds bouleversements dans les prochaines décennies, sans qu’il ne soit encore possible de déterminer toutes les conséquences au niveau individuel, sociétal ou international. En effet, outre la restauration des capacités, il devient désormais envisageable de pouvoir altérer de façon ciblée des fonctions cognitives telles que la mémorisation ou le processus de prise de décision, en les améliorant ou en les dégradant, voire peut-être un jour de modifier ou créer des souvenirs ou encore d’accéder aux pensées d’un individu. Ces évolutions imposent d’engager une réflexion approfondie sur les questions éthiques, sociétales, juridiques et médicales afférentes, en fonction des applications, qu’elles soient civiles ou militaires, et du contexte d’emploi. Elles soulèvent des questions quant aux conséquences en termes de dignité humaine et de respect de la vie privée, mais aussi de risques d’atteinte à l’identité personnelle et à l’autonomie. En interférant avec les fonctions cognitives, ces avancées s’accompagnent ainsi d’une possible remise en cause des notions de libre arbitre ou de responsabilité individuelle, telles qu’elles sont traditionnellement appréhendées. Enfin, il convient de considérer les risques de détournement à des fins malveillantes.

Les scientifiques ont repéré le circuit cérébral qui pourrait aider à effacer la peur
Interfaces cerveau-ordinateur : des fonds militaires pour contrôler les sentiments
Une manipulation de neurones spécifiques aide à effacer les mauvais souvenirs et améliorer les bons
José Delgado et ses dispositifs de contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau

Au-delà de l’état actuel des connaissances sur le cerveau et son fonctionnement, la complexité de la problématique est aussi liée à l’interdépendance fonctionnelle avec l’environnement physique et social. Que la modification soit recherchée ou secondaire, il peut y avoir atteinte à l’intégrité physique ou psychique des individus. Sans même chercher à dégrader certaines capacités, il existe un risque que l’amélioration de fonctions cognitives spécifiques se fasse au détriment d’autres. La question de la réversibilité des effets doit également être posée. Il faut de plus considérer la problématique de l’acceptabilité individuelle mais aussi sociétale.

La sécurité des équipements médicaux implantables fait déjà partie des préoccupations majeures pour les acteurs du secteur de la santé. En plus des risques de dysfonctionnement, la vulnérabilité aux cyber-attaques de certains systèmes représente donc une crainte légitime, en particulier s’agissant de ceux qui sont connectés et reçoivent et/ou transmettent des flux de données à distance, et ce d’autant plus s’ils sont invasifs. En prenant pour exemple les travaux de recherche en cours portant sur le développement d’un implant neuronal qui pourrait remplacer les dispositifs externes de réalité virtuelle, des informations altérées pourraient par exemple être transmises directement au niveau du cortex visuel.

A l’horizon 2030, un soutien financier substantiel à des programmes de recherche innovants aura permis d’obtenir des résultats concrets, avec une transition réussie de la recherche fondamentale à des applications concrètes de façon générale mais aussi a posteriori dans les forces armées. Dans le même temps, les recherches relevant des neurosciences bénéficieront des approches collaboratives et interdisciplinaires, permettant la levée de verrous technologiques. « L’homme augmenté » sera en passe de devenir une réalité.

Les États-Unis, comme la Chine, auront investi massivement dans ce domaine. Malgré de fortes réticences au sein de la société civile et d’organisations non gouvernementales, voire du Comité international de la Croix-rouge, certains systèmes innovants seront déployés et opérationnels au sein des forces armées américaines et vraisemblablement, de façon plus limitée, de celles d’autres pays comme la Chine, de la Russie ou Israël. A ce stade, il s’agira principalement :

– d’implants destinés à augmenter l’acuité visuelle ou auditive ;
– de dispositifs d’électrostimulation cérébrale pour les opérateurs exerçant en environnement complexe ;
– d’interfaces cerveau-machine permettant soit d’utiliser des exosquelettes afin d’augmenter les capacités locomotrices, soit de piloter des drones ou des robots pour le déminage des engins explosifs improvisés (IED) ;
– d’outils d’aide aux interrogatoires à des fins de renseignement.

L’intelligence artificielle peut-elle dépasser les humains ?

Robots, intelligence artificielle, blockchain… la technologie est devenue partie intégrante de nos vies, elle se développe à une vitesse exponentielle et révolutionne le monde des entreprises. A côté de cela, l’instauration de nouvelles façons de travailler, combinant l’humain et le digital, apparaissent comme primordiales. Automatisation, décentralisation, désintermédiation, le digital est-il en train de prendre le pas sur l’humain ? Start-ups, sociologues, chercheurs ou encore philosophes se sont succédés sur scène le 9 mars 2017 pour décrypter les nouvelles « Humanité(s) Digitale(s) ». Cet évènement était organisé par Orange Business Services, Bain & Company et HEC.

Les IA peuvent-elles prendre le contrôle sur l’Homme ? Auteur de plusieurs ouvrages sur l’évolution du monde de la santé, le docteur Laurent Alexandre s’intéresse aux bouleversements que les technologies du vivant vont entraîner.

Téléchargez le livre blanc : Humanité(s) Digitale(s). Robots, intelligence artificielle, blockchain… la technologie est devenue partie intégrante de nos vies https://oran.ge/2mQnkkF

Replay de la soirée

Elon Musk lance une entreprise pour fusionner votre cerveau avec un ordinateur

Au cas où vous l’auriez manqué, Elon Musk est assez préoccupé par le sort de l’humanité, compte tenu des progrès extrêmes réalisés dans l’intelligence artificielle. Fondamentalement, il craint que l’IA ne nous dépasse un jour. Lorsque cela se produira, il prétend que les humains deviendront probablement des citoyens de deuxième classe (voire des esclaves, ou pire).

En ce moment, des rapports ont fait surface qui affirment qu’il soutient une entreprise d’interface cerveau-ordinateur qui a été fondée pour permettre aux humains de suivre les progrès réalisés dans les machines. L’interface est destinée à fonctionner en augmentant ce qui nous rend humain : notre cerveau.

La découverte vient du Wall Street Journal. Selon eux, l’entreprise Neuralink est encore dans les premiers stades de développement. À cette fin, elle n’a actuellement aucune présence publique. Ce que nous savons, c’est que son but ultime est de créer un dispositif (ou peut-être une série de dispositifs) qui peut être implanté dans le cerveau humain. Ceux-ci serviront à une multitude d’objectifs – la finalité étant d’aider les humains à fusionner avec nos logiciels et à suivre le rythme des intelligences artificielles, de sorte que nous ne soyons pas à la traîne.

Au départ, ces améliorations aideront probablement de manière assez réduite, par exemple en nous aidant à améliorer notre mémoire en créant des dispositifs de stockage amovibles supplémentaires. Ce n’est pas la première fois que nous entendons parler de Musk travaillant sur un tel dispositif. Auparavant, il a mentionné un appareil appelé « neural lace » [lacet neuronal ]. Il a expliqué comment il imaginait que cela fonctionnerait à la Code Conference 2016, que vous pouvez voir ci-dessous :

Sans surprise, Musk n’est pas le seul à s’inquiéter de l’IA. Dans une vidéo publiée par Big Think, Michael Vassar, responsable scientifique principal de MetaMed Research, a déclaré que l’IA nous tuera (littéralement) vraisemblablement : « Si une intelligence artificielle générale supérieure à celle humaine est inventée sans la moindre précaution, il est plus que certain que l’espèce humaine s’éteindra peu de temps après ». Pour faire court, il avertit qu’une IA non contrôlée pourrait éradiquer l’humanité dans le futur.

De même, Stephen Hawking a déclaré que l’IA est l’une des plus grandes menaces pour l’humanité : « Le développement de l’intelligence artificielle pourrait se traduire par la fin de la race humaine. Elle s’envolerait seule et se reconceptualiserait à un rythme toujours croissant. Les humains, qui sont limités par une lente évolution biologique, ne pourraient pas concurrencer et seraient remplacés. »

À cette fin, Musk n’est pas la seule personne qui travaille à faire en sorte que l’humanité puisse suivre l’IA. Le fondateur de Braintree, Bryan Johnson, a investi 100 millions de dollars pour faire une neuroprothèse afin de débloquer le pouvoir du cerveau humain et, finalement, rendre notre code neuronal programmable.

Johnson décrit le but de son travail, affirmant qu’il s’agit de co-évolution :

Notre connexion avec nos nouvelles créations d’intelligence est limitée par des écrans, des claviers, des interfaces gestuelles et des commandes vocales – des modalités d’entrée/sortie contraintes. Nous avons très peu d’accès à notre propre cerveau, limitant notre capacité à co-évoluer avec des machines à base de silicium de manière forte.

Il travaille à changer cela et à assurer une interface transparente avec nos technologies (et notre IA).

Johnson est très clair que son entreprise, Kernel, commencera en faisant des recherches sur le cerveau et en déterminant exactement comment celui-ci fonctionne. Cette recherche, déclare Johnson, est la première étape pour aider les humains à obtenir une égalité permanente avec les machines.

Bien sûr, de telles technologies feront beaucoup plus que permettre aux humains d’interagir avec les machines. Les neuroprothèses pourraient également réparer nos capacités cognitives – ce qui nous permettra de lutter contre les maladies neurologiques telles que la maladie d’Alzheimer, la SLA (sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot), la maladie de Parkinson et d’autres conditions qui détruisent notre cerveau…

De tels progrès pourraient nous permettre de fusionner avec des machines, oui, mais ils peuvent aussi nous permettre de programmer littéralement notre code neuronal, ce qui nous permettrait de nous transformer d’une manière que nous ne pouvons même pas imaginer. Bref, nous pourrions nous programmer pour devenir les personnes que nous voulons être. Comme le déclare Johnson, « notre biologie et notre génétique sont de plus en plus programmables; Notre code neuronal est le suivant en ligne. »

Cela ressemble à de la science-fiction, mais c’est basé sur un travail scientifique remarquable. En résumé, les dispositifs en cours de développement fonctionnent en reproduisant la façon dont nos cellules du cerveau communiquent. La technologie envisagée repose sur une recherche académique de 15 ans qui a été financée par le NIH et la DARPA. Alors préparez-vous. La superintelligence humaine n’est qu’une question de temps.

traduction Thomas Jousse

Futurism

La communication cerveau à cerveau chez les humains pourrait bientôt devenir une réalité

Imaginez vivre dans un monde où la communication verbale n’est plus requise, une société dans laquelle la télépathie est la norme, où les individus seraient capables de “parler” entre eux en utilisant uniquement leurs pensées.

Les scientifiques ont depuis longtemps envisagé les possibilités d’une communication de cerveau à cerveau chez les humains, et il semble que leurs rêves pourraient devenir réalité au cours de la prochaine année, ou plus. Un tel système serait rendu possible grâce à des avancées majeures qui ont été obtenues dans des essais récents impliquant des animaux.

Dans une étude, trois singes étaient reliés par des implants cérébraux individuels, puis placés dans des chambres séparées. Ils ont eu la tâche de contrôler un bras virtuel sur un écran, une tâche qu’ils ne pouvaient réaliser avec succès que s‘ils travaillaient ensemble. Finalement, ils l’ont fait. Selon Miguel Nicolelis, le dirigeant de l’étude, “ils ont synchronisé leurs cerveaux et ont achevé la tâche en créant un super cerveau – une structure qui est la combinaison de trois cerveaux”.

→ Nature, Computing Arm Movements with a Monkey Brainet
→ Nature, Building an organic computing device with multiple interconnected brains

Alternativement, une autre expérience ayant testé la synchronicité du cerveau chez quatre rats a obtenu des résultats similaires. Après 10 essais, les scientifiques ont trouvé que les rats étaient capables de penser comme un seul 61 pourcents du temps. Ils ont acquis une plus grande précision dans la résolution de problèmes simples lorsqu’ils ont combiné leurs esprits.

Plus récemment, la recherche s’est focalisée sur les humains. Dans une étude, les chercheurs ont placé deux individus dans des chambres séparées et leur ont donné la tâche de jouer un jeu de 20 questions sur un ordinateur en utilisant uniquement leurs cerveaux. Ils ont transmis des réponses “oui” ou “non” à l’aide d’un casque d’électroencéphalographie (EEG), qui suivait l’activité cérébrale d’une personne et déclenchait un courant électrique dans le cerveau de l’autre personne.

Une étude pilote de communication directe cerveau-à-cerveau chez l’homme
Interface cerveau-à-cerveau — le prochain grand saut dans la communication humaine

Un jour, nous pourrions essayer d’aller plus loin afin de détecter des processus de pensée individuels. Ces pensées pourraient être transmises à une autre personne, influençant les décisions qu’ils prennent.

Les scientifiques décodent les pensées, lisent l’esprit des personnes en temps réel
Le machine-learning peut lire votre électroencéphalographie (EEG) et découvrir vos habitudes

Cela pourrait être un énorme changement pour les personnes atteintes de paralysie et d’autres conditions médicales les empêchant d’être en mesure d’effectuer des tâches physiques. Par exemple, assembler une combinaison robotique équipée de brainet, (réseau de cerveaux ou cerveau ordinateur) une synchronisation de plusieurs cerveaux agissant comme un ordinateur organique, pourrait permettre aux gens de recevoir l’aide des autres lorsqu’ils apprennent à utiliser un exosquelette pour retrouver le mouvement.

Pour l’instant, il est assez difficile de créer un dispositif imitant la pure télépathie. Nos cerveaux sont uniques, et chacun d’entre eux pense différemment, nos pensées étant influencées par nos souvenirs et expériences individuelles. Les schémas cérébraux résultants rendent difficile pour les neuroscientifiques de développer la communication cerveau à cerveau, mais s’ils peuvent révéler les modes de pensée d’un individu, ils pourraient potentiellement utiliser l’activité cérébrale d’une autre personne pour déclencher ces pensées.

traduction Benjamin Prissé

New Scientist, Popular Mechanics, Futurism

Peter Diamandis pense que nous évoluons vers la “méta-intelligence”

Au cours des 30 prochaines années, l’humanité va être en pleine transformation comme jamais auparavant. Le fondateur et président de la Fondation XPRIZE, Peter Diamandis, pense que cela donnera naissance à une nouvelle espèce. Diamandis admet que cela pourrait paraître trop loin pour la plupart des gens. Il est convaincu, cependant, que nous évoluerons vers ce qu’il appelle la « méta-intelligence », et le taux exponentiel actuel de croissance est une indication claire.

« Je crois que nous nous dirigeons rapidement vers une transformation à l’échelle humaine, la prochaine étape évolutive dans ce que j’appelle une « méta-intelligence », un avenir dans lequel nous sommes tous très liés – cerveau à cerveau, via le Cloud – partageant des pensées, des connaissances et des actions », écrit-il.

Interface cerveau-à-cerveau — le prochain grand saut dans la communication humaine

Diamandis décrit les prochaines étapes de l’évolution de l’humanité en quatre étapes. Il y a quatre forces motrices derrière cette évolution : notre monde interconnecté, l’apparition de l’interface cerveau-ordinateur (BCI), l’émergence de l’intelligence artificielle et l’homme atteignant la dernière frontière de l’espace.

Dans les 30 prochaines années, l’humanité passera de la première étape – où nous sommes aujourd’hui – à la quatrième étape. De simples humains dépendants les uns des autres, l’humanité intégrera la technologie dans son corps pour permettre une utilisation plus efficace de l’information et de l’énergie. Cela se produit déjà aujourd’hui.

La troisième étape est un point crucial.

Grâce à l’interface cerveau-ordinateur et à l’IA, les humains vont se connecter massivement entre eux et des milliards d’IA (ordinateurs) via le cloud, analogues aux premières formes de vie multicellulaires, il y a 1,5 milliard d’années. Une telle interconnexion massive mènera à l’émergence d’une nouvelle conscience globale, et un nouvel organisme que j’appelle la méta-intelligence.

Cela rappelle un autre événement futuriste que beaucoup attendent avec impatience : la singularité technologique. “Dans un quart de siècle, l’intelligence non biologique correspondra à la gamme et à la subtilité de l’intelligence humaine“, a déclaré Ray Kurzweil.

En raison de l’accélération continue des technologies informatiques, ainsi que de la capacité des machines à partager instantanément leurs connaissances. Kurzweil prévoit que cela se produira d’ici 2045. Dans la chronologie évolutive de Diamandis. « L’intelligence non biologique créée cette année sera un milliard de fois plus puissante que toute intelligence humaine aujourd’hui. »

La quatrième et dernière étape marque l’évolution de l’humanité pour devenir une espèce multiplanétaire.

« Notre voyage vers la Lune, Mars, les astéroïdes et au-delà, représentent l’analogie moderne du parcours réalisé par le poisson pulmonaire s’échappant des océans, il y a environ 400 millions d’années », explique Diamandis.

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