Archives de catégorie : Grand Reset New Normal Technocratie

Le pass sanitaire est 100% compatible avec le Grand Reset

Vers une surveillance de masse ?

Ancien élève de l’ENA, Éric Verhaeghe a quitté l’administration en 2007. Entrepreneur et essayiste, il est notamment le fondateur du site Le Courrier des Stratèges, qui propose chaque jour une série d’articles en lien avec l’actualité politique et économique.

Dans son dernier ouvrage, Le Great Reset : mythes et réalités publié aux éditions Culture et Racines, Éric Verhaeghe décortique le contenu du livre Covid-19 : The Great Reset écrit par Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, et Thierry Malleret, ancien collaborateur de Michel Rocard devenu consultant.

Si le livre de K. Schwab et T. Malleret, paru en juillet 2020, a fait couler beaucoup d’encre, Éric Verhaeghe s’est efforcé de faire la part des choses et de décrypter le projet porté par les auteurs à travers une lecture et une interprétation littérales.

Près d’un an après la parution du livre de K. Schwab et T. Malleret, Epoch Times a recueilli le point de vue d’Éric Verhaeghe sur les mesures politiques prises ces derniers mois en France, en Europe ou aux États-Unis afin de comprendre si elles s’inscrivaient dans le cadre idéologique du Grand Reset et si les recommandations formulées par le Forum économique mondial trouvaient un écho auprès des dirigeants occidentaux.

voir aussi : Covid-19 : Un rapport préconise la collecte de données personnelles

Conférence de presse du Sénat sur la censure des origines du COVID-19

L’affaire des #FauciEmails fait toujours scandale outre-Atlantique. Les républicains du Sénat ont poursuivi leur attaque contre les grandes entreprises technologiques jeudi 10 juin, accusant cette fois les sociétés de médias sociaux de censurer les origines du COVID-19.

Un groupe de législateurs républicains reproche aux plates-formes technologiques de limiter les discussions sur la théorie, de plus en plus répandue, selon laquelle le virus aurait fui accidentellement d’un laboratoire chinois.

“Ils ont dépassé les limites sur ce point”, a déclaré le sénateur Marsha Blackburn, R-TN.

“Il s’agit d’une menace sérieuse et grave pour la liberté et l’échange ouvert d’idées en vertu de notre Constitution”, a déclaré le sénateur Roger Wicker, R-MS. “Twitter a décidé de censurer toute couverture du coronavirus qui, selon lui, pourrait provoquer une panique générale. Comment une plateforme Internet riche et puissante peut-elle prendre cette décision ? Je pourrais continuer encore et encore”.

Wicker a présenté un projet de loi visant à empêcher les entreprises de contrôler le discours en ligne.

“Ces grandes plateformes technologiques Internet ne peuvent pas faire de discrimination sur la base de leurs propres opinions et sur la base de ce qu’elles pensent que le public devrait ou ne devrait pas être autorisé à entendre”, a-t-il déclaré.

L’Union européenne vient de se joindre à l’appel des États-Unis en faveur d’une nouvelle enquête de l’Organisation mondiale de la santé sur les origines de la pandémie, tandis que le président Joe Biden continue de rencontrer les dirigeants du monde entier.

“Nous voulons tous faire la lumière sur ce qui s’est passé ici”, a déclaré Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche, lors d’un briefing sur le sujet la semaine dernière.

Conférence de presse du @SenateGOP sur la censure des grandes entreprises technologiques sur les origines du COVID-19. @RogerMarshallMD @SenatorBraun @SenRonJohnson @SenatorWicker

disponible également sur Fox News

Transcription en Fr

Merci à tous d’être parmi nous aujourd’hui, vous savez qu’il y a eu beaucoup de vagues à propos de la censure des géants de la technologie, de ce qui s’est passé autour des origines du virus du covid 19, et d’où cela vient, comment il s’est transformé en pandémie, et il y a aussi des questions sur la nature des informations qui ont été révélés ou non aux américains et sur comment elles ont évolué en fonction de l’avancée de la pandémie.

Nous savons que facebook a récemment inversé ses décisions, de retirer tout type d’information disant que le virus vient du laboratoire de Wuhan, que Pékin devrait rendre des comptes, youtube avait précédemment annoncé qu’il allait censurer tout contenu qui contredirait l’organisation mondiale de la santé dirigée par Pékin et financée par la Chine, youtube a même retiré une vidéo de certains médecins qui remettaient en cause la valeur de ces confinements, et remettaient en question ce qu’il fait à la population et surtout ce que cela fait à nos enfants.

Twitter, ils ont fermé le compte d’un virologue, un virologue chinois, qui disait “c’est ce qu’ils font, de la recherche sur le gain de fonction, c’est ce qu’ils font à l’institut de virologie de Wuhan”, il demandait des comptes au parti communiste chinois.

Je vais vous dire que ces géants de la technologie ont vraiment franchi le pas, ils ont franchi la ligne rouge sur cette affaire.

Nous avons tous des suggestions sur la façon dont nous, en tant que Sénat, devrions gérer cela, et les choses que nous devrions faire pour nous assurer cela n’arrive jamais plus au peuple américain.

Sénateur Braun.

Merci.

Je vais vous dire par où nous devons commencer. Une chose unique est arrivée, je pense la semaine dernière, où par consentement unanime, qui n’arrive presque jamais sur une question critique à moins que vous soyez peut-être en train de renommer un bureau de poste ou quelque chose du genre, nous avons obtenu par le sénat de demander à nos propres agences de renseignement, de divulguer les informations que nous hébergeons, car cela a occasionné bien des ravages, non seulement pour notre propre pays, mais à travers le monde.

Pourquoi nous ne commencerions pas par là avec le président Biden, qui a parlé au secrétaire Blinken, demandez-lui, il a dit “Aviez-vous une bonne raison pour laquelle vous ne divulguez pas les informations ?”

Nous devons commencer par là pour aller au fond des choses, et quand vous parlez des géants de la technologie, qui ont contrôlé le sujet, en gros, quand tous les sénateurs américains veulent au moins commencer par là, nous avons des responsabilités.

Et je pense que c’est à eux de progresser, et de mener la charge.

Ils représentent l’endroit que les gens regardent, écoutent, et nous devons commencer par là, tenons nos propres agences de renseignement responsables afin qu’elles déclassifient cette information.

Sénateur Marshall.

Sénatrice Blackburn merci beaucoup de nous avoir donné une chance de nous tenir ici et de parler de la fuite du laboratoire de Wuhan, ainsi que sa dissimulation.

Nous nous y référons par le terme de “cas chauve-souris”.

Vous savez, cela m’est venu à l’esprit alors que j’étais en train de lire les e-mails du Dr. Fauci récemment, disant tout ce que j’ai appris en sciences de 10e année, tout ce que j’ai appris en tant que médecin sur la méthode scientifique, sur les hypothèses et les théories en développement, nous venons de tout jeter par la fenêtre.

Vous savez, j’ai été choqué en passant en revue certaines des lettres qui ont été écrites, mais vraiment ce qui a suscité mes soupçons, est un événement de janvier 2020.

Et les chinois disaient qu’il n’y avait pas de transmission de personne à personne, l’OMC a acquiescé, et le CDC ne s’est pas opposé à elle.

Et cela m’a amené à avoir un appel téléphonique avec le CDC, et tous les journalistes nationaux ont rapportés que les scientifiques des États-Unis enquêtaient sur ce nouveau virus. Et quand j’ai parlé au CDC, ils ont dit “Eh bien, nous avons des scientifiques à Pékin, mais ils sont à des milliers de miles de Wuhan donc nous n’avons vraiment rien à vous dire”

La prochaine chose que j’ai remarqué était une lettre, signée par un groupe de scientifiques qui ont ignoré la possibilité même que ce virus ait pu provenir du laboratoire, ils l’ont totalement ignoré, ils ont rejeté cette hypothèse scientifique disant que cela était même réalisable.

Et nous en sommes par la suite venus à découvrir que la plupart de ces scientifiques, sinon tous, recevaient un certain type de financement dans la passé comme dans le présent du NIH, et notre CDC n’a fait que hocher la tête pour approuver.

Et puis, les journalistes nationaux, les grandes entreprises technologiques, ils ont travaillé ensemble pour supprimer cette histoire, ils ont travaillé ensemble pour censurer ceux d’entre nous qui pensaient que ce virus peut être originaire de là.

Et non seulement ils ont réprimé, ils ont fait honte aux gens qui pensaient que cela pourrait provenir d’un laboratoire.

Finalement, nous voyons dans les e-mails du Dr Fauci, une collusion entre le Dr. Fauci et les géants de la techonologie travaillant ensemble, pour supprimer cette histoire. Vous savez, nous voilà ici, 17 mois plus tard, nous ne savons toujours rien de plus sur ce virus, je pense que nous devons tenir le parti communiste chinois responsable, et si les États-Unis sont en aucune façon responsables, s’ils ont aidé à financer le laboratoire qui a conduit au développement de ce virus, alors nous devons également être tenus pour responsables, et nous devons approfondir le sujet des règles de recherche sur le gain de fonction également.

Nous n’arriverons jamais au fond de cette affaire, à moins que nous arrêtions cette dissimulation de la fuite du laboratoire de Wuhan, jusqu’à ce que nous arrêtions le “cas chauve-souris”.

Merci Marsha.

Sénateur Johnson.

Je tiens à souligner que les preuves d’un potentielle théorie de fuite du laboratoire se cache à la vue de tous depuis des mois.

Le fait que nos agences fédérales, sous la direction d’Anthony Fauci, ont financé ce type de recherche pendant des années, était à la fois exposé et caché pendant des mois.

Honte aux médias, honte aux médias sociaux, de ne pas y avoir prêté attention, de l’avoir ignoré complètement.

Le résultat de ce décalage de 18 mois, d’exploration de la véritable origine du virus du covid, signifie probablement que nous n’aurons jamais le fin mot de cette histoire. La Chine a eu 18 mois, pour détruire ces preuves.

Mais n’en doutez pas, la Chine est responsable, ils sont coupables.

Ils savaient qu’ils avaient un coronavirus, ils savaient qu’ils avaient un virus mortel qui pouvait provoquer une pandémie à Wuhan.

Ils n’ont pas autorisé les vols au départ de Wuhan dans le reste de la Chine, mais ils ont laissé ce virus infecter le monde entier.

Donc nous savons déjà que la Chine est coupable, nous savons déjà qu’ils devaient être tenus reponsables.

Je pense que nous devons également tenir pour réponsables les médias et les médias sociaux, ce n’est pas le seul sujet censuré. Je pourrais dresser une longue liste, de faux récits, de fausses histoires, que les médias et les médias sociaux promeuvent, et ne corrigent jamais vraiment.

Mais quand il s’agit du covid, j’ai l’expérience personnelle, de la censure et de la suppression et cela a coûté la vie à des dizaines de milliers d’Américains.

Les directives du NIH, en ce qui concerne le traitement du covid restent, restent des directives impitoyables, qui disent en gros de ne rien faire, de rentrer à la maison s’isoler, d’avoir peur, et s’il vous arrive de tomber assez malade vous devez vous faire tester à l’hôpital, testez-vous à l’hôpital et peut-être que nous allons pouvoir sauver votre vie !

J’ai tenu deux audiences sur le traitement précoce, le Dr. Peter McCulloch a exposé les quatre piliers de la réponse à la pandémie.

Le premier est d’essayer d’arrêter la propagation et la Chine ne l’a pas fait. Le deuxième pilier est le traitement précoce, en gros la façon dont nous appliquons la médecine à toutes les autres maladie, détection précoce, traitement précoce, puis hospitalisation et enfin vaccin.

Pourquoi nos agences de santé, pourquoi Anthony Fauci, pourquoi les médias grands publics répriment et censurent, les médecins qui ont eu le courage et la compassion de traiter les patients tôt avec des génériques bon marché, des médicaments repositionnés, pourquoi cela s’est-il produit ?

Il y a de plus en plus de preuves, qui se sont pas rapportées par les médias. Le Méxique connaît un grand succès avec l’ivermectine, certaines provinces de l’Inde connaissent un grand succès avec l’ivermectine, où sont les rapports à ce sujet ?

* L’étude est là: https://osf.io/preprints/socarxiv/r93g4/

Nous avons vu des études où 50 à 85% des vies pourraient avoir été sauvées, cela pouvait empêcher tellement de morts. Appliquez ce pourcentage aux 600 000 américains qui ont perdu la vie. C’est pourquoi je pense que les médias n’admettront jamais leur complicité, et pourquoi ils n’admettront jamais qu’ils ont eu tort.

Mais il n’est pas trop tard, des vies peuvent être sauvées, nous aurons encore besoin des traitements précoces, quelle que soit l’efficacité du vaccin, quelle que soit l’immunité après avoir été infecté est, d’autres personnes seront infectées, d’autres personnes vont avoir besoin d’un traitement précoce.

Alors je supplie les médias, prêtez attention au Dr. Korry, au Dr. Peter McCullough, les autres médecins qui ont le courage et la compassion de traiter les patients, il n’est pas trop tard, nous devons commencer et explorer les traitements précoces dès maintenant.

Et enfin le sénateur Wicker qui se joint à moi pour tenir les géants de la technologie responsables, et afin de traiter avec la censure.

Merci à la sénatrice Blackburn et aux autres.

Le dernier quart de siècle a vu une croissance énorme dans le domaine d’internet. Cela a en grande partie été positif, comme nous le savons tous.

Mais le résultat de ce quart de siècle, a été qu’il a permis à une poignée, de grandes plateformes technologiques d’Internet, de devenir extrêmement grandes, extrêmement riches et extrêmement puissantes, au point, qu’ils décident quelles sont les nouvelles, ils décident de quelles informations le public va obtenir et quelles informations vont être bloquées.
Il n’y a pas que le virus Wuhan, qui est un scandale, comme mes collègues viennent de décrire, nous pourrions citer des chapitres et des chapitres, maintes et maintes fois, sur ces grandes plates-formes décidant de ce que nous pouvons entendre et ce que nous ne pouvons pas entendre.

Alors laissez-moi juste… laissez-moi juste contribuer en disant que le sénateur Johnson a raison, et je vais citer quelques exemples :

Google a menacé de couper plusieurs sites Web conservateurs, y compris les fédéralistes, comment ont-ils le pouvoir de le faire ? Comment peuvent-ils justifier de faire cela ? Les entreprises restreignent ou résilient les utilisateurs, les comptes et les contenus conservateurs sur les réseaux sociaux.

Facebook a annoncé la suspension, du compte d’un ancien président des États-Unis, c’est trop de pouvoir, ils peuvent décider qui peut et qui ne peut pas faire l’actualité et être cité.

Twitter a censuré toute information sur le coronavirus, qu’ils pensaient, à leur avis pouvoir provoquer une panique généralisée.

Comment se fait-il qu’une plate-forme Internet richissime et puissante prenne cette décision ?

Et je pourrais continuer encore et encore, c’est pourquoi je me suis joins avec des sénateurs comme la sénatrice Blackburn, en essayant de corriger les deux tiers des lacunes de la section 230. Mais je suis également là pour faire l’introduction, d’un projet de loi pour préciser, que ces grandes plates-formes technologiques Internet ne peuvent pas discriminer sur la base de leurs propres opinions et sur la base de ce qu’ils pensent que le public devrait et ne devrait pas être autorisé à entendre.

Il s’agit d’une menace sérieuse et grave, pour la liberté, et l’échange ouvert d’idées en vertu de notre constitution, et je suis heureux d’oeuvrer pour ça avec d’autres membres du Sénat.

Merci à tous. Comme vous pouvez le voir, c’est quelque chose qui va s’étendre sur plusieurs comités ici au sénat américain. C’est notre travail d’aller au fond de ce qu’il s’est passé, puis d’apporter des solutions, comme le sénateur Wicker vient d’exposer.

Vous avez une question ?

Merci, donc l’UE et le G7 ont appelé à une enquête visant à déterminer s’il s’agissait ou non d’une fuite de laboratoire. Je me demande si vous pensez qu’une approche internationale est la meilleure façon d’enquêter sur cette question à l’avenir ?

Je pense que les comités permanents du Sénat devraient prendre l’initiative, nous sommes heureux que nos alliés se joignent également à nous, en disant que cela doit être étudié, il est évident que quelque chose n’était pas juste. Nous sommes préocupés par la décision de l’OMS de laisser la parti communiste chinois, leur dire quand et comment ils pourraient approcher de ce laboratoire, et que nous avons dû attendre des mois.

Egalement, j’ai vu votre discours hier à propos de virer le Dr. Fauci, pouvez-vous juste parler un peu de ce sujet ?

Bien sûr, je pense qu’il est approprié que les responsabilités du Dr. Fauci à la NIAID lui soit retirées, et qu’il se rende disponible au congrès, pour savoir exactement comment était-il de mèche avec Mark Zuckerberg et les géants de la technologie, ce qui s’est réellement passé.

Le peuple américain a-t-il entendu une partie de la vérité ? Mais pas toute la vérité ou rien que la vérité ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu un respect des délais dans la reconnaissance des inquiétudes autour du laboratoire ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu plus d’inquiétude autour de Wuhan disant “vous ne pouvez aller nulle part ailleurs en Chine” ou le parti communiste chinois disant “vous ne pouvez aller nulle part ailleurs en Chine, si vous venez de la province d’Hubei, ou si vous venez de Wuhan, mais vous pouvez parcourir le globe, partout sauf en Chine”.

Ce sont des choses qui semblent… Ecoutez, nous avons 3 millions et demi de personnes qui ont perdu la vie, 3 millions et demi de personnes.

Nous avons des centaines de milliers de familles américaines, qui ont ont eu des pertes dans leur famille, leurs proches, leurs amis.

Nous avons subi la perte des moyens de subsistance pour des centaines de millions de gens. Nous avons des enfants, précieux enfants qui viennent de vivre une perte d’apprentissage pendant un an, une perte de socialisation, qui témoignent de problèmes émotionnels.

Et le Dr. Fauci, est financé par le contribuable américain, et le contribuable dit “qu’avez-vous fait de nos dollars ?” Merci beaucoup à tous.

vidéo en français


Origine du virus dans la Presse :

‘Damning’ science shows COVID-19 likely engineered in lab: experts https://nypost.com/2021/06/06/damning-science-shows-covid-19-likely-engineered-in-lab/

Le sénateur Cruz affirme que Facebook censurait le contenu COVID-19 «au nom du gouvernement» https://www.foxnews.com/politics/sen-cruz-facebook-censoring-covid-19-content-government

Top House Republican Kevin McCarthy calls on Dr. Anthony Fauci to resign or be fired. ‘The American people don’t have trust in Dr. Fauci,‘ McCarthy said. https://www.foxnews.com/politics/kevin-mccarthy-anthony-fauci-resign-fired

Critics Call to Fire Dr. Fauci After Emails Show Him Saying Masks Don’t Work Against COVID https://www.newsweek.com/critics-call-fire-dr-fauci-after-emails-show-him-saying-masks-dont-work-against-covid-1597034

New York Post : Chinese virologist says Fauci’s emails ‘verify’ her Wuhan lab leak claims https://nypost.com/2021/06/04/chinese-virologist-says-fauci-emails-verify-her-lab-leak-claims/

Pentagon funneled $39 MILLION to the EcoHealth Alliance, the “charity” that funded coronavirus research at the Wuhan bio lab accused of being the source of the outbreak (Daily Mail). The majority of the DoD funding to #EcoHealth came from the DTRA, a US military branch with a mission to “counter and deter weapons of mass destruction and improvised threat networks”. https://www.dailymail.co.uk/news/article-9652287/The-Pentagon-funneled-39million-charity-funded-Wuhan-lab.html

DailyMail : British doctor and his secret campaign to gag the Covid lab leak theory: He worked in Wuhan and manipulated coronaviruses — yet orchestrated a campaign to clear it of blame and tried to hide his tracks. Now we publish the evidence, writes SIAN BOYLE https://www.dailymail.co.uk/news/article-9653613/British-doctor-Peter-Daszak-worked-Wuhan-scientists-secret-plan-stop-lab-leak-theory.html
– Mail reveals Dr Peter Daszak, 55, has links with Chinese scientists in Wuhan lab
– The British expert on zoonotic ‘spillovers’ (viruses jumping from animals to humans) was among those who signed Lancet letter condemning lab leak theory
– He also worked in so-called pandemic prevention and the manipulation of coronaviruses, admitting they can be manipulated ‘pretty easily’ in 2019 podcast
– Dr Daszak was appointed to World Health Organisation’s Wuhan 2021 delegation while The Lancet has its own close relationship with Chinese science community
– Leaked emails and intelligence reports continue to challenge pandemic origins

DailyMail EXCLUSIVE: COVID-19 ‘has NO credible natural ancestor’ and WAS created by Chinese scientists who then tried to cover their tracks with ‘retro-engineering’ to make it seem like it naturally arose from bats, explosive new study claims : https://www.dailymail.co.uk/news/article-9629563/Chinese-scientists-created-COVID-19-lab-tried-cover-tracks-new-study-claims.html
– An explosive new study claims researchers found ‘unique fingerprints’ in COVID-19 samples that they say could only have arisen from manipulation in a laboratory
– DailyMail.com exclusively obtained the new 22-page paper authored by British Professor Angus Dalgleish and Norwegian scientist Dr. Birger Sørensen as submitted for publication in the Quarterly Review of Biophysics Discovery
– The study showed there’s evidence to suggest Chinese scientists created the virus while working on a Gain of Function project in a Wuhan lab
– Gain of Function research, which was temporarily outlawed in the US, involves altering naturally-occurring viruses to make them more infectious in order to study their potential effects on humans
– According to the paper, Chinese scientists took a natural coronavirus ‘backbone’ found in Chinese cave bats and spliced onto it a new ‘spike’, turning it into the deadly and highly transmissible COVID-19
– The researchers, who concluded that COVID-19 ‘has no credible natural ancestor’, also believe scientists reverse-engineered versions of the virus to cover up their tracks
– ‘We think that there have been retro-engineered viruses created,’ Dalgleish told DailyMail.com. ‘They’ve changed the virus, then tried to make out it was in a sequence years ago.’
– The study also points to ‘deliberate destruction, concealment or contamination of data’ in Chinese labs and notes that ‘scientists who wished to share their findings haven’t been able to do so or have disappeared’
– Until recently, most experts had staunchly denied the origins of the virus were anything other than a natural infection leaping from animals to humans
– Earlier this week, Dr. Anthony Fauci defended US funding of the Wuhan Institute of Virology, saying the $600,000 grant was not approved for Gain of Function research

DailyMail : Chinese virologist who was among first to tout Wuhan lab theory says Fauci’s emails back up what she’s been saying all along – the coronavirus is ‘an unrestricted bioweapon’ – and blasts Fauci and medical experts for cover-up https://www.dailymail.co.uk/news/article-9648687/Chinese-virologist-says-Fauci-emails-claim-coronavirus-unrestricted-bioweapon.html
– Dr. Li-Meng Yan – who was among the first people to tout the Wuhan lab theory – said in her latest report COVID-19 is ‘an unrestricted bioweapon’
– She said the Chinese government and ‘certain overseas scientists and organizations’ covered it up
– In an interview on Newsmax Wednesday night, Yan referenced a February 1, 2020 exchange from Fauci’s email dump with one of his direct reports
– Dr. Hugh Auchincloss wrote in email to Fauci that the ‘experiments were performed before the gain of function pause but have since been reviewed and approved by NIH (National Institutes of Health)’
– Yan’s work has been heavily scrutinized, criticized and said to be ‘deeply flawed’ by other leading scientists
Fauci said multiple times in interviews over the last two days he still believes the coronavirus origin jumped species; not from a lab leak

Covid-19 : Un rapport préconise la collecte de données personnelles

Dans un rapport présenté par la délégation sénatoriale à la prospective, les membres de la Haute assemblée défendent la mise en place d’une plateforme numérique de collecte de données pour prévenir de nouvelles épidémies.

Véronique Guillotin membre du Mouvement Radical
Christine Lavarde membre du parti Les Républicains
René-Paul Savary membre du parti Les Républicains

Le rapport « CRISES SANITAIRES ET OUTILS NUMÉRIQUES : RÉPONDRE AVEC EFFICACITÉ POUR RETROUVER NOS LIBERTÉS » est disponible ici (ou copie ici).

Les recommandations n’ont pas de valeur législative à ce jour et le rapport n’est donc pas un projet de loi adopté à ce jour. Mais, le contenu de ce rapport interroge.

Pour retrouver nos libertés il faut accepter une société de contrôle maximal, un contrôle numérique de l’intrusivité dans votre vie privée. Les seules réponses à une épidémie sont les restrictions de libertés.

https://www.publicsenat.fr/article/societe/covid-19-un-rapport-du-senat-preconise-la-collecte-de-donnees-personnelles-pour

p.10 http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/delegation/prospective/PRO_Rapport_numerique_pandemies.pdf
p.13-14
p.13-14
p.15
p.23
p.23-24
p.24
p.24-25
p.25
p.43-44
p.54
p.54
p.59
p.60
p.62
p.87
p.106
Source : Institut Montaigne, avril 2020
p.133
p.133 cdh
p.137
p.139
p.144
http://www.senat.fr/notice-rapport/2020/r20-673-notice.html

L’avenir de l’argent

Chaque jour, environ 80 % de toutes les transactions sur le marché sont effectuées par des ordinateurs. Les robots-conseillers mettent de plus en plus ce processus à la disposition des consommateurs, ce qui leur permet de gagner du temps et de l’argent.

Les humains n’intervenant plus dans la chaîne de transaction, les frais sont réduits. La plupart des robo-advisors prélèvent environ 0,25 %, alors que les gestionnaires de portefeuille prélèvent généralement 2 % de leurs bénéfices (sans parler des primes de 20 %).

Et l’IA s’insère dans presque tous les aspects du monde financier.

“Fintech” décrit la convergence de la technologie et des services financiers. D’abord colonisée par les réseaux et les apps, elle a ensuite été radicalisée par l’IA et la blockchain, et sous-tend désormais un mécanisme mondial de redistribution des richesses.

L’argent se réinvente rapidement.

Bitcoin, Ethereum, DeFi, crowdfunding, etc. perturbent massivement les systèmes financiers dans le monde entier. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’incroyable décision du Salvador de faire du bitcoin une monnaie légale – le premier pays au monde à le faire.

Aujourd’hui, nous aborderons la manière dont les réseaux et l’IA réinventent l’argent.

LE FINANCEMENT PEER-TO-PEER

Crowdfunding

Le crowdfunding implique un réseau de peer-to-peer où toute personne peut présenter son produit ou service au monde entier et demander un financement. Le financement peut prendre la forme d’un prêt, d’une prise de participation, d’une récompense ou d’un achat anticipé du produit ou service proposé.

Le volume mondial total du crowdfunding, y compris le prêt peer to peer, était de 14 milliards de dollars en 2019, avec plus de 2 000 plateformes pour accéder au financement. Mais comme de nombreuses plateformes numériques, celui-ci connaît lui aussi une croissance à deux chiffres. Les experts prévoient que le crowdfunding atteindra 30 B$ d’ici 2025.

En fin de compte, le crowdfunding démocratise totalement l’accès au capital, permettant à toute personne ayant une bonne idée, où qu’elle soit, de recevoir les fonds dont elle a besoin pour se lancer.

Et aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC) a récemment mis à jour les réglementations relatives au crowdfunding pour le rendre encore plus démocratique et favorable aux entrepreneurs.

Grâce à la loi JOBS adoptée il y a plusieurs années, le crowdfunding dispose de deux voies légales : le règlement Crowdfunding et la Regulation A+.

Grâce à la réglementation sur le crowdfunding, les entrepreneurs peuvent lever des fonds auprès d’un plus grand nombre d’investisseurs. Auparavant, seuls les “investisseurs accrédités” pouvaient acquérir des parts dans une startup (historiquement, il s’agissait de personnes gagnant plus de 200 000 dollars par an ou de personnes disposant d’une valeur nette supérieure à 1 million de dollars). Mais avec la réglementation sur le crowdfunding, les entrepreneurs peuvent lever des fonds auprès de tout investisseur âgé de plus de 18 ans, y compris les clients, les fans et le grand public.

Alors que les entreprises ne pouvaient auparavant lever que 1 million de dollars sur une période de douze mois dans le cadre de la réglementation sur le crowdfunding, la SEC a porté cette limite à 5 millions de dollars au début de cette année.

La Regulation A+ s’adresse aux entreprises qui cherchent à lever davantage de fonds et est souvent considérée comme une “mini-IPO” – une forme moins intensive et moins chère de l’offre publique initiale typique. Ici aussi, en mars de cette année, la SEC a augmenté la limite que les entreprises peuvent lever en utilisant la Regulation A+ de 50 à 75 millions de dollars.

Avec toute cette activité accrue, il existe maintenant des entreprises qui proposent des portails de crowdfunding, ce qui facilite encore plus la mise en relation d’investisseurs moyens et d’entreprises en quête de financement. Parmi ces plateformes, on peut citer WeFunder, Republic et StartEngine.

WeFunder a été créé au sein de Y combinator en 2012 et est le leader du marché. Nécessitant aussi peu que 100$ pour entrer, WeFunder a démocratisé l’accès à l’investissement en actions. En outre, elle a levé près de 10 millions de dollars pour elle-même, via sa propre plateforme, dans un cycle vertueux.

Republic a été fondée en 2016 et a levé près de 70 millions de dollars, clôturant tout récemment un cycle de série A de 36 millions de dollars. Ils embrassent également les crypto-monnaies et ont lancé un token numérique natif de la plateforme dans le cadre d’un accord de partage des bénéfices avec leurs utilisateurs.

StartEngine est le plus ancien portail de crowdfunding, ayant levé près de 350 millions de dollars pour plus de 500 startups. Ils proposent également Start-Engine Secondary, une plateforme de négociation permettant aux utilisateurs d’acheter et de vendre des titres d’entreprises qui ont levé des capitaux avec des ventes de crowdfunding de type Regulation Crowdfunding et Regulation A+.

Peer-to-Peer Crowdfunding Crowdlending. Credit Istock

Crowdlending

Outre l’investissement dans les entreprises, d’autres formes de financement de peer-to-peer ont fait leur apparition.

Dans le domaine du change, cela a donné naissance à une société appelée TransferWise, désormais simplement connue sous le nom de Wise. En mettant en relation des clients qui ont, par exemple, des pesos qu’ils veulent transformer en dollars avec des clients qui veulent changer des dollars en pesos, TransferWise utilise une application de dating adaptée pour s’attaquer à l’ensemble du marché du change.

En effet, l’entreprise a atteint une valorisation de 3,5 Md$ en moins de cinq ans. En 2017, l’entreprise gérait 1 milliard d’euros par mois en change de devises. Ils se préparent maintenant à une introduction en bourse, avec une valorisation d’environ 5 milliards de dollars, tout en étendant leurs offres avec des comptes multidevises et des services commerciaux mondiaux.

Construit sur des réseaux et des applications, TransferWise est également un exemple de la vague de colonisation de la fintech. La vague de radicalisation est apparue lorsque l’IA est entrée en scène.

Prenons l’exemple de la pratique séculaire du ” Buddy, puis-je t’emprunter un dollar ? “, également connue sous le nom de prêt de peer-to-peer. Traditionnellement, il s’agit d’une pratique à haut risque, c’est-à-dire que Buddy récupère rarement son dollar.

Ce problème ne fait qu’empirer avec son ampleur. À mesure que les villages se sont transformés en villes, que celles-ci se sont étendues et que les villes ont commencé à s’étendre, la confiance entre voisins s’est effondrée. C’est là que les banques sont entrées en jeu – elles ont réintroduit la confiance dans l’équation du prêt.

Mais qui a besoin de confiance quand il y a des données ?

Grâce à l’IA, d’énormes groupes de personnes peuvent se réunir, partager des informations financières et mettre en commun les risques, devenant ainsi le marché de peer-to-peer désormais connu sous le nom de “crowdlending”.

Prosper, Funding Circle et LendingTree sont trois exemples d’acteurs sur un marché qui devrait passer de 26 milliards de dollars en 2015 à 559 milliards de dollars en 2027.

Un autre exemple est celui du groupe Smart Finance. Créé en 2013 pour servir l’énorme population chinoise non bancarisée et sous-bancarisée, Smart Finance utilise une IA pour passer au peigne fin les données personnelles d’un utilisateur – données de médias sociaux, données de smartphones, historique d’éducation et d’emploi, etc… – afin de générer un score de crédit fiable presque instantanément.

Grâce à cette méthode, ils peuvent approuver un prêt peer-to-peer en moins de huit secondes, y compris les micro-prêts aux personnes non bancarisées.

Et les résultats parlent d’eux-mêmes. Environ 1,5 à 2 millions de prêts sont contractés chaque mois via Smart Finance.

INVESTIR AVEC L’IA

L’IA a également un impact sur les investissements.

Traditionnellement, ce jeu était joué par les riches, car il s’agit d’un jeu de données. Les conseillers financiers disposaient des meilleures données, mais il fallait être suffisamment riche pour s’offrir un conseiller financier afin d’y accéder.

Et les conseillers sont pointilleux. Comme la gestion des petits investisseurs peut prendre plus de temps que celle des gros investisseurs, de nombreux gestionnaires de portefeuille ont des investissements minimums de l’ordre de centaines de milliers de dollars.

Mais l’IA a uniformisé les règles du jeu.

Aujourd’hui, des robo-advisors comme Wealthfront et Betterment mettent la gestion de portefeuille à la portée de tous. Via une application, les clients répondent à une série de questions initiales sur leur tolérance au risque, leurs objectifs d’investissement et leurs souhaits de sortie, puis les algorithmes prennent le relais.

En réalité, les algorithmes ont déjà pris le dessus.

Comme mentionné précédemment, 80 % des transactions sur le marché sont effectuées par des ordinateurs. Tout ce que les robo-advisors ont fait, c’est mettre ce processus à la disposition directe des clients, leur permettant ainsi d’économiser de l’argent. Au lieu des 2 % de bénéfices (et des 20 % d’incitations) habituellement facturés par un gestionnaire de portefeuille, la plupart des robo-advisors prennent environ un quart de pour cent.

Et les investisseurs réagissent.

Le mois dernier, Wealthfront avait 25 milliards de dollars sous gestion, tandis que Betterment en avait 29 milliards. Bien que les robo-advisors ne soient utilisés que par environ 8 % de l’ensemble des ménages américains, les estimations suggèrent que le total des actifs sous gestion par les robo-advisors atteindra 2,5 milliards de dollars d’ici 2023, soit environ 10 % du marché total.

LA MORT DE L’ARGENT LIQUIDE

Enfin, nous arrivons à notre dernière catégorie : l’utilisation de l’argent pour payer des choses.

Mais nous connaissons déjà cette histoire. À quand remonte la dernière fois où vous avez déposé des pièces dans un poste de péage ? Ou payé en liquide pour une course en taxi ? En fait, Uber et Lyft nous permettent de nous déplacer dans une ville sans portefeuille. Les magasins sans caissier avec des services comme Amazon Go et Uber Eats et les mécanismes de paiement sans portefeuille sont sur le point de devenir la nouvelle normalité (new normal).

Le Danemark a cessé d’imprimer de la monnaie en 2017. L’année précédente, dans le but de développer les services bancaires mobiles et de démonétiser l’économie de gray-market (marché gris) du pays, l’Inde a rappelé 86 % de son argent liquide. Le Vietnam était déjà à 50 % sans argent liquide à partir de 2020. Et la Suède, où plus de 80 % des transactions sont déjà numériques, s’est engagée à devenir la première société entièrement sans espèces d’ici 2023.

Les économistes soulignent souvent que deux des principaux facteurs de croissance économique sont la disponibilité de l’argent – les réserves dans lesquelles nous pouvons puiser – et la vitesse de circulation de l’argent, c’est-à-dire la rapidité et la facilité avec lesquelles nous pouvons déplacer cet argent. Ces deux facteurs sont amplifiés par les technologies exponentielles.

À mesure que nos transactions passent dans le domaine numérique, davantage de données sur les habitudes de consommation peuvent être collectées et transmises à des algorithmes d’IA qui continuent d’apprendre sur la base de données en temps réel. Ces informations alimenteront les campagnes de marketing, les dossiers de crédit et les objectifs d’investissement.

DERNIÈRES PENSÉES

Que faisons-nous exactement avec notre argent ?

Nous le stockons, bien sûr. Principalement dans les banques. Nous le déplaçons également, parfois en transférant de l’argent entre entreprises, d’autres fois en empruntant ou en prêtant à des particuliers. Ensuite, nous l’investissons, en essayant d’utiliser notre argent pour faire fructifier davantage d’argent. Enfin, depuis l’époque où les pièces étaient des coquilles de conque, nous l’échangeons contre les choses que nous voulons.

Grâce à la convergence des technologies exponentielles, chacun de ces domaines est en train d’être réimaginé, les bits et les octets remplaçant les dollars et les cents.

Et ni l’économie contemporaine ni la façon dont nous vivons nos vies ne seront plus jamais les mêmes.

Peter Diamandis

Google Archipelago : Le goulag numérique et la simulation de la liberté

Big Digital

Google Archipelago

Le nouveau livre de Michael Rectenwald entreprend une tâche audacieuse dès la lecture de son titre, en établissant une analogie entre l’état actuel de l’économie de l’internet et les conditions horribles endurées par Alexandre Soljenitsyne dans les goulags soviétiques. Son argument général, par ailleurs, est direct et potentiellement convaincant : en raison de la nature oligopolistique de l’internet moderne, Google, Facebook, Twitter, Instagram et Amazon contrôlant une si grande partie du trafic dans leurs sphères respectives, ces sociétés ont la possibilité de faire passer leurs propres programmes personnels, de gauche, auprès des consommateurs qui veulent simplement être en mesure d’accéder aux informations et aux produits pour lesquels ils sont devenus une passerelle essentielle.

À leur tour, ces entreprises, avec l’aide du gouvernement, utiliseront leur pouvoir monopolistique pour soumettre toute personne qui ne veut pas s’aligner sur le nouvel agenda “woke“.

Les préoccupations générales de Rectenwald concernant la censure privée et sociale, plutôt que gouvernementale, le placent en bonne compagnie. L’éminent philosophe libéral J.S. Mill a noté dans son ouvrage On Liberty (1859 ; 2011, Gutenberg Institute, p. 8) que la censure de la société civile “pratique [sic] une tyrannie sociale plus redoutable que de nombreux types d’oppression politique, car, bien qu’elle ne soit pas habituellement soutenue par des sanctions aussi extrêmes, elle laisse moins de moyens de s’échapper et pénètre beaucoup plus profondément dans les détails de la vie”.

Rectenwald note à juste titre (p. 78) que la Révolution culturelle chinoise, bien que dirigée par les élites politiques, a été entreprise par de simples citoyens qui, dans leur zèle, étaient prêts à détruire littéralement les moyens de subsistance de leurs compatriotes considérés comme insuffisamment fidèles au maoïsme.

Google Archipelago : The Digital Gulag and the Fate of Free Speech explore la portée, la pénétration, la puissance et l’impact du “Big Digital” – ou les méga gestionnaires d’information, les plateformes de médias sociaux, les développeurs d’intelligence artificielle, les fournisseurs d’autres applications et fonctionnalités web, et les architectes et promoteurs de l’Internet des objets à venir. Alphabet (Google, YouTube, etc.) Facebook et Instagram, Twitter, Yelp et Linkedin, ainsi que leurs nombreuses filiales et concurrents, constituent un collectif numérique – Big Digital – dont le domaine est mondial et dont le pouvoir idéologique et fonctionnel représente une force sans équivalent dans l’histoire.

Big Digital, une constellation non gouvernementale de sociétés de technologie numérique, préside désormais à la vie publique et privée à un point tel qu’elle rivalise, voire dépasse, la portée et la pénétration gouvernementales de plusieurs gouvernements nationaux réunis. Le Big Digital représente une nouvelle forme privée de gouvernement, ou une gouvernementalité, les moyens par lesquels les populations sont gouvernées, et les technologies qui permettent cette gouvernance.

Le principal moyen derrière les fonctions gouvernementales de Big Digital est l’idéologie. Et l’idéologie de Big Digital est résolument de gauche. J’appelle l’idéologie de Big Digital “gauchisme d’entreprise” – ou, pour emprunter et redéfinir une expression inventée par George Gilder, “le marxisme de Google”. Le gauchisme d’entreprise ou le marxisme de Google constituent l’ensemble des valeurs et des croyances que l’on retrouve aujourd’hui dans un nombre croissant d’entreprises américaines et autres corporations. Le gauchisme d’entreprise informe les politiques et les procédures de Big Digital.

Mais le gauchisme d’entreprise est également disséminé bien au-delà des cultures de travail du quartier général de Big Digital. Le gauchisme d’entreprise n’est pas une caractéristique subsidiaire ou un aspect accessoire de Big Digital. Le gauchisme est codé dans l’ADN même de la technologie du Big Digital et se réplique avec chaque ramification organisationnelle et chaque nouvelle technologie. L’idéologie gauchiste de Big Digital circule dans les profonds réseaux neuronaux du cyberespace et des autres sphères numériques. Le gauchisme corporatif est intrinsèque à la structure de l’internet, du ” Cloud “, des algorithmes, des applications, des bots d’IA, des services de médias sociaux, des systèmes software de tracking de la navigation web, des assistants virtuels, et plus encore.

Google Archipelago raconte comment les entreprises de technologie numérique de la Silicon Valley sont devenues des bastions du gauchisme – comment, pourquoi et à quelles fins le gauchisme d’entreprise a constitué et informé Big Digital, tout en continuant à promouvoir les objectifs commerciaux de ses conglomérats numériques mondiaux et en étendant leur portée en tant que gouvernementalité privée.

Le gauchisme d’entreprise de Big Digital est autoritaire jusqu’à la moelle – et la principale gouvernementalité dans le monde d’aujourd’hui est la constellation autoritaire gauchiste d’entreprise que j’appelle l’Archipel Google : Le goulag numérique et la simulation de la liberté. Rectenwald, Michael. (2019).

Le cocktail dangereux : Big Tech et idéologie de la justice sociale-Michael Rectenwald | American Thought Leaders

Le gouvernement de Google et le goulag numérique | Michael Rectenwald | The Glenn Beck Podcast | Ep 47

Extrait interview :

“Google Archipelago (ci-après GA) retrace la métastase de l’idéologie sociale dans le domaine numérique. Il peut être considéré comme le deuxième d’une série d’épisodes sur la justice sociale, une série que j’ai commencée dans Springtime for Snowflakes et que je poursuivrai peut-être dans un troisième livre, complétant ainsi une trilogie.

Ce livre représente une étude de la manifestation largement étendue et magnifiée de l’idéologie autoritaire-totalitaire gauchiste à mesure qu’elle s’étend dans le cyberespace, s’étend dans le corps cybersocial et pénètre les recoins les plus profonds de la vie sociale et politique. Dans GA, je relie la politique de Big Digital à ses technologies. Je soutiens et démontre que les technologies sont intrinsèquement gauchistes et autoritaires.

Pour des raisons que j’expose dans le livre, la seule façon de comprendre la politique d’organisations telles que Google, Facebook, Twitter, etc. et la façon dont cette politique se reflète dans ses technologies est de voir le Big Digital comme la pointe d’un conglomérat économique et gouvernemental qui vise à monopoliser la vie humaine à l’échelle mondiale.

L’ambition politique de Big Digital est d’établir un système à deux niveaux composé de monopoles mondiaux d’entreprise et d’État au sommet, avec un “socialisme existant” pour tous les autres. J’appelle ce système à deux niveaux “socialisme d’entreprise“, que je préfère au terme “techno-féodalisme”, utilisé par d’autres.

J’ai de très bonnes raisons d’adopter le nom de socialisme d’entreprise plutôt que celui de techno-féodalisme, dont la moindre n’est pas le penchant des monopolistes à utiliser la rhétorique et l’idéologie socialistes dans leurs tentatives de faire exister le système à deux vitesses.

Le socialisme d’entreprise a pour but d’arriver à un État unique, un seul monde, avec de vastes monopoles mondialistes contrôlant la production. Ces monopoles seraient mis en parallèle avec un socialisme ou une égalité réduisant les perspectives de tous les autres. Des dupes imprudents comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez servent les socialistes d’entreprise en habituant les masses à cet état de fait. Les objectifs du socialisme d’entreprise sont introduits sous l’apparence d’une égalité économique et sociale, une égalité avec des perspectives réduites pour la grande majorité.

Les socialistes d’entreprise n’ont pas besoin d’égalité ; l’égalité s’applique strictement à la majorité destinée à vivre avec des perspectives réduites de “socialisme réellement existant” sur le terrain. En fin de compte, Big Digital tente de remplacer la réalité par une ou plusieurs simulations numériques, des simulacres se présentant comme des substituts de la réalité – pour introduire des réalités simulées et fausses ou des simulacres qui déplacent et remplacent le réel. Oubliez les Fake News. Essayez la Fake Reality (la fausse réalité)”.

Dr. Michael Rectenwald

Michael Rectenwald est l’auteur de onze ouvrages, dont Thought Criminal (2020), Beyond Woke (2020), Google Archipelago (2019), Springtime for Snowflakes (2018), Nineteenth-Century British Secularism (2016). Il a été professeur à l’université de New York de 2008 à 2019. Il a également enseigné à la Duke University, la North Carolina Central University, la Carnegie Mellon University et la Case Western Reserve University. Il est un expert et un défenseur de la liberté d’expression contre toutes les formes d’autoritarisme et de totalitarisme, y compris le socialisme-communisme, la “justice sociale”, le fascisme et le politiquement correct.

Il est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de l’université Carnegie Mellon, d’une maîtrise en littérature anglaise de l’université Case Western Reserve et d’une licence en littérature anglaise de l’université de Pittsburgh. (voir son C.V. pour plus de détails). Ses essais universitaires et académiques sont parus dans le Quarterly Journal of Austrian Economics, Academic Questions, Endeavour, le British Journal for the History of Science, College Composition and Communication, International Philosophical Quarterly, les anthologies De Gruyter (Organized Secularism in the United States), etc.

Les publications de Michael destinées au grand public sont apparues sur le fil de Mises Institute, The Epoch Times, RT.com, Campus Reform, The New English Review, The International Business Times, The American Conservative, Quillette, The Washington Post, The Pittsburgh Post-Gazette, entre autres. Le Dr Rectenwald a participé à de nombreux talk-shows politiques et autres sur les grands réseaux (Tucker Carlson Tonight, Fox & Friends, Fox & Friends First, Varney & Company, The Glenn Beck Show), à des émissions de radio syndiquées (Glenn Beck et bien d’autres), ainsi qu’à des émissions et podcasts.

Voir aussi :

Qu’est-ce que le Grand Reset ? Espoirs réduits et Bio-techno-féodalisme
Le socialisme d’entreprise
Le capitalisme aux caractéristiques chinoises
Capitalisme des parties prenantes vs. néolibéralisme
L’idéologie Woke

Partie V – Le Grand Reset : L’idéologie Woke

Qu’est-ce que le Grand Reset ? Partie V : L’idéologie Woke

Dans les articles précédents, j’ai abordé le Grand Reset et présenté plusieurs façons d’en comprendre l’économie. Le Grand Reset peut être considéré comme du néo-féodalisme, du “socialisme d’entreprise“, du “capitalisme aux caractéristiques chinoises” et du “capitalisme des parties prenantes” versus le “néolibéralisme“. Dans les prochains articles, j’ai l’intention de traiter les aspects technologiques (transhumanistes) et monétaires (banque centralisée et monnaie numérique) que Klaus Schwab et d’autres anticipent et prescrivent.

Dans cet essai, je souhaite examiner l’aspect idéologique du Grand Reset. Comment les planificateurs entendent-ils établir la réinitialisation sur le plan idéologique ? En d’autres termes, comment une réinitialisation de l’esprit de masse pourrait-elle avoir lieu et permettre aux nombreux éléments du Grand Reset d’être mis en place – sans rébellion de masse, bien sûr ? Après tout, si la Grande Réinitialisation doit s’installer, un certain degré de conformité de la part de la population sera nécessaire – indépendamment du contrôle accru, étendu et plus précis sur la population que la technologie transhumaniste et une monnaie numérique centralisée pourraient se permettre.

C’est la fonction de l’idéologie. L’idéologie, comme l’a affirmé l’historien marxiste des sciences Richard Lewontin, fonctionne “en convainquant les gens que la société dans laquelle ils vivent est juste et équitable, ou si elle n’est pas juste et équitable, qu’elle est inévitable, et qu’il est tout à fait inutile de recourir à la violence1“. L’idéologie établit la “légitimation sociale” que Lewontin considère comme nécessaire pour obtenir l’assentiment des gouvernés. “Le champ de bataille est dans la tête des gens, et si la bataille est gagnée sur ce terrain, alors la paix et la tranquillité de la société sont garanties2.” De ce point de vue, l’idéologie n’est pas la même chose que la vision du monde. Il s’agit plutôt de la programmation mentale nécessaire à la domination et au contrôle sans recourir à la force. L’endoctrinement idéologique est plus facile, moins désordonné et moins coûteux que la violence étatique ou soutenue par l’État.

Certains diront que l’idéologie du Grand Reset est simplement une idéologie socialiste-communiste. Après tout, à bien des égards, l’idéologie socialiste-communiste soutient ce que le Grand Reset promet d’apporter. Et cela peut fonctionner pour certains. Certains se réjouiraient, pour des raisons socialistes, de la “justice”, de l'”égalité” ou de l'”équité” que promet le Grand Reset.

Les socialistes pourraient négliger ou excuser le contrôle oligarchique de la société sur la base de la justice, de l’égalité ou de l’équité supposées parmi la masse de la population, et sur la présomption que l’oligarchie sera renversée dans un avenir pas si lointain. Le socialisme intègre une prédisposition au nivellement qui privilégie l'”égalité” au sein de la majorité visible, même si cette égalité est une grande perte pour de nombreux sujets de la “classe moyenne”. En fait, lorsque j’ai brièvement écouté les élucubrations des membres du Parti communiste révolutionnaire des États-Unis, y compris son dirigeant, Bob Avakian, ils m’ont avoué que le socialisme mondial signifierait une baisse du niveau de vie pour une grande partie du monde, en particulier aux États-Unis.

Ils n’avaient aucun problème avec cela ; en fait, ils semblaient se réjouir de cette perspective. Sans doute, comme l’a suggéré Friedrich Nietzsche, le socialisme est alimenté, au moins en partie, par le ressentiment – le ressentiment et l’envie pour le détenteur de la propriété. Il y aurait beaucoup à dire sur l’approbation apparente des socialistes, ou du moins leur acceptation conditionnelle et temporaire, des grands corporatistes monopolistiques et oligarchiques et leur préférence pour les grandes entreprises par rapport aux petites3. Les socialistes considèrent la monopolisation sous le capitalisme comme inévitable, comme nécessaire pour produire une cible plus consolidée à renverser, et comme un signe de l’effondrement imminent du capitalisme et de l’apocalypse socialiste-communiste à venir.

De même, de nombreux socialistes seront favorables à la grande réinitialisation par principe – en particulier ceux qui acceptent sa rhétorique pour argent comptant. Mais malgré sa nouvelle popularité, le socialisme-communisme ne représente toujours pas la majorité. Bien qu’il soit populaire parmi les milléniaux et autres millénaristes, le socialisme-communisme reste peu recommandable pour beaucoup. Il est considéré comme étranger, obscur, et connote vaguement quelque chose de négatif. Mais surtout, pour des raisons que je donnerai plus loin, l’idéologie socialiste-communiste n’est pas l’idéologie qui correspond le mieux aux objectifs de la Grande Réinitialisation. C’est là que le wokeness entre en jeu.

Woke wokeness cancel culture. Credit: The Washington Times

Qu’est-ce que le wokeness exactement ? Comme je l’écris dans Beyond Woke, Selon le credo de la justice sociale, être “woke – éveillé ” est le réveil politique qui découle de l’émergence d’une conscience et d’une conscience de l’injustice sociale et politique. Le wokeness est l’inscription indélébile de la conscience de l’injustice sociale dans l’esprit conscient, suscitant la piqûre de la conscience, qui oblige les nouveaux éveillés à changer leurs croyances et leurs comportements4.

C’est la définition la plus proche de wokeness que je puisse donner, en me basant sur les affirmations de ceux qui l’adoptent. Bien sûr, l’étymologie du mot “woke” et la façon dont il est devenu un adjectif décrivant ceux qui sont ainsi éveillés à la conscience de l’injustice sociale et politique, est une autre question. Je discute de l’étymologie dans Google Archipelago :

“Woke” a commencé en anglais comme un passé et un participe passé de “wake”. Il suggérait “être devenu éveillé”. Mais, dans les années 1960, woke a également commencé à fonctionner comme un adjectif, prenant le sens figuré dans la communauté afro-américaine de “bien informé” ou “à jour”. En 1972, le passé verbal autrefois modeste a commencé à décrire une conscience politique élevée. En 2017, l’Oxford English Dictionary (OED) a reconnu la conscience sociale des woke et a ajouté la définition suivante : “alerte à la discrimination raciale ou sociale et à l’injustice”.5

Pourtant, il existe autant de définitions du wokeness que de personnes qui en ont entendu parler, comme c’est le cas pour tout ce qui est le moins controversé. Je suis sûr que d’autres peuvent et vont ajouter à la définition ou suggérer que le wokeness devrait être défini tout à fait différemment. Mais la définition et les interprétations historico-sémantiques ci-dessus sont suffisantes pour nos besoins. Selon les adeptes, le wokeness est donc une conscience accrue de l’injustice sociale et politique et la détermination à l’éradiquer.

Mais qu’est-ce que le wokeness pourrait avoir à faire avec le Grand Reset ? En tant que correctif, le wokeness n’est pas destiné à ceux qui souffrent et dont il entend corriger les plaintes, ou les plaintes imaginaires. Le wokeness agit sur la majorité, les bénéficiaires supposés de l’injustice. Il le fait en faisant comprendre à la majorité qu’elle a bénéficié de “privilèges” et de préférences fondés sur la couleur de la peau (blancheur), le genre (patriarcat), la propension sexuelle (hétéronormativité), le lieu de naissance (colonialisme, impérialisme et premier monde), l’identité sexuelle (privilège du genre cis) et la domination de la nature (spécisme), pour ne citer que quelques-uns des principaux coupables.

La liste pourrait être longue et s’enrichit, semble-t-il, de jour en jour. Cette majorité doit être réhabilitée, en quelque sorte. Les masses doivent comprendre qu’elles ont acquis les avantages dont elles ont bénéficié jusqu’à présent grâce au traitement injuste des autres, directement ou indirectement, et que ce traitement injuste est fondé sur les circonstances de la naissance. Le “privilège” de la majorité s’est fait au détriment des minorités désignées comme bénéficiaires de la wokeness, et la wokeness est le moyen de rectifier ces nombreuses injustices.

Et quels sont les effets d’une réprimande répétée en tant que telle, de l’affirmation que l’on a bénéficié d’un “privilège” non mérité, que sa richesse et son bien-être relatifs ont été obtenus aux dépens d’autres personnes opprimées, marginalisées et mal utilisées ? Honte, culpabilité, remords, indignité. Et quels sont les ajustements attitudinaux et comportementaux attendus de la part de la majorité ? Ils doivent s’attendre à moins. Dans le cadre de cette idéologie, on s’attend à ce que les gens renoncent à leurs droits, parce que même ces droits, non, surtout ces droits, ont été obtenus aux dépens des autres.

Ainsi, le wokeness fonctionne en habituant la majorité aux attentes réduites que j’ai présentées dans mon premier article sur le Grand Reset. Il le fait en instillant une croyance dans l’indignité de la majorité à s’épanouir, à prospérer et à profiter de leur vie. Le Wokeness endoctrine la majorité dans l’avenir sans propriété (pour eux, du moins) de la Grande Réinitialisation, tout en gratifiant la gauche, ses principaux propagateurs idéologiques, d’un sentiment de supériorité morale, même s’il est prévu qu’eux aussi soient privés de perspectives.

Une question demeure. Pourquoi le wokeness est-il plus adapté aux objectifs du Grand Reset que l’idéologie socialiste-communiste ? Pour répondre à cette question, nous devons rappeler les arguments de vente du socialisme-communisme. Malgré le nivellement par le bas que j’ai mentionné plus haut, le socialisme-communisme est prometteur. Il promet des avantages, pas des déficits. Il ne fonctionne pas en promettant à la majorité qu’elle sera perdante à son instauration.

Bien au contraire, le socialisme-communisme promet des conditions grandement améliorées – oui, la justice, l’égalité ou l’équité, mais aussi la prospérité pour la masse de l’humanité, prospérité qui lui a été refusée sous le capitalisme. Les travailleurs du monde sont appelés à s’unir, non pas dans la perspective d’attentes réduites, mais sur la base de grandes attentes – non pas, selon Marx, pour établir une utopie, mais au moins pour détruire et remplacer la dystopie actuelle par une cornucopia partagée. Nous savons, bien sûr, comment cette promesse est tenue. Mais il n’en demeure pas moins qu’elle est encore proférée et crue par un trop grand nombre de nos concitoyens.

Nous avons vu, d’autre part, le caractère soustractif de l’idéologie woke. Le wokeness exige le renoncement à des avantages pour des raisons morales. Contrairement au socialisme-communisme, il n’offre pas d’empowerment (ou autonomisation) et ne préconise pas la prise de contrôle des moyens de production et de l’État par des moyens politiques. Le wokeness est une forme de récrimination qui contraint à l’abdication, et non à l’acquisition, de biens.

L’idéologie woke, à mon avis, a labouré le sol et planté les graines pour la récolte que la grande réinitialisation représente pour l’élite dirigeante. Le wokeness a-t-il été conçu intentionnellement dans ce but ? Je ne le pense pas, mais il peut néanmoins être et est adopté à ces fins, tout comme d’autres formations idéologiques ont été utilisées à d’autres fins. L’élite dirigeante s’approprie les moyens disponibles pour réaliser ses plans, y compris les idéologies disponibles. L’idéologie Woke était disponible et prête à être appropriée et appliquée. Le wokeness sert au mieux le Grand Reset, et nous voyons donc le langage du wokeness dans les livres et autres écrits consacrés à son établissement : équité, inclusion, etc.

Naturellement, le wokeness ne fonctionnera pas sur tout le monde. Mais l’exigence a été rendue si universelle que les dissidents qui ne s’y conforment pas sont considérés comme régressifs, réactionnaires, racistes, suprématistes blancs et autres, et sont écartés, voire punis, pour ces raisons. Le Wokeness a ainsi atteint la domination. La contrer sera une exigence majeure pour défier le Grand Reset.

Michael Rectenwald

Michael Rectenwald est l’auteur de onze ouvrages, dont Thought Criminal (2020), Beyond Woke (2020), Google Archipelago (2019), Springtime for Snowflakes (2018), Nineteenth-Century British Secularism (2016). Il a été professeur à l’université de New York de 2008 à 2019. Il a également enseigné à la Duke University, la North Carolina Central University, la Carnegie Mellon University et la Case Western Reserve University. Il est un expert et un défenseur de la liberté d’expression contre toutes les formes d’autoritarisme et de totalitarisme, y compris le socialisme-communisme, la “justice sociale”, le fascisme et le politiquement correct.

Il est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de l’université Carnegie Mellon, d’une maîtrise en littérature anglaise de l’université Case Western Reserve et d’une licence en littérature anglaise de l’université de Pittsburgh. (voir son C.V. pour plus de détails). Ses essais universitaires et académiques sont parus dans le Quarterly Journal of Austrian Economics, Academic Questions, Endeavour, le British Journal for the History of Science, College Composition and Communication, International Philosophical Quarterly, les anthologies De Gruyter (Organized Secularism in the United States), etc.

Les publications de Michael destinées au grand public sont apparues sur le fil de Mises Institute, The Epoch Times, RT.com, Campus Reform, The New English Review, The International Business Times, The American Conservative, Quillette, The Washington Post, The Pittsburgh Post-Gazette, entre autres. Le Dr Rectenwald a participé à de nombreux talk-shows politiques et autres sur les grands réseaux (Tucker Carlson Tonight, Fox & Friends, Fox & Friends First, Varney & Company, The Glenn Beck Show), à des émissions de radio syndiquées (Glenn Beck et bien d’autres), ainsi qu’à des émissions et podcasts.


Notes :

1R.C. Lewontin, Biology as Ideology: The Doctrine of DNA (New York: HarperPerennial, n.d.), p. 6.

2Lewontin, Biology as Ideology, p. 7.

3Matt Bruenig, “Small Businesses Are Overrated,” Jacobin, Jan. 16, 2018, https://jacobinmag.com/2018/01/small-businesses-workers-wages.

4Michael Rectenwald, Beyond Woke (Nashville, TN: New English Review Press, 2020), pp. 7–8.

5Michael Rectenwald, Google Archipelago: The Digital Gulag and the Simulation of Freedom (Nashville, TN: New English Review Press, 2019), p. 42.

Partie IV Grand Reset, Capitalisme des parties prenantes vs néolibéralisme

Qu’est-ce que le Grand Reset ? Partie IV : Capitalisme des parties prenantes vs. néolibéralisme

Toute discussion sur le “capitalisme des parties prenantes” doit commencer par la constatation d’un paradoxe : à l’instar du “néolibéralisme”, son ennemi juré, le “capitalisme des parties prenantes” n’existe pas en tant que tel. Il n’existe pas de système économique tel que le “capitalisme des parties prenantes”, tout comme il n’existe pas de système économique tel que le “néolibéralisme”. Les deux jumeaux antipathiques sont des fantômes imaginaires qui s’affrontent dans une lutte frénétique et sans fin.

Au lieu du capitalisme des parties prenantes et du néolibéralisme, il y a des auteurs qui écrivent sur le capitalisme des parties prenantes et le néolibéralisme et les entreprises qui souscrivent plus ou moins à l’idée que les entreprises ont des obligations envers les parties prenantes en plus des actionnaires. Mais si Klaus Schwab et le Forum économique mondial (WEF) parviennent à leurs fins, il y aura des gouvernements qui inciteront, par des réglementations et la menace d’une fiscalité lourde, les entreprises à souscrire à la redistribution des parties prenantes.

Les parties prenantes sont “les clients, les fournisseurs, les employés et les communautés locales”1, en plus des actionnaires. Mais pour Klaus Schwab et le WEF, le cadre du capitalisme des parties prenantes doit être mondialisé. Une partie prenante est toute personne ou tout groupe qui risque de bénéficier ou de perdre d’un comportement d’une entreprise – à l’exception des concurrents, on peut le supposer. Puisque le prétexte principal du Grand Reset est le changement climatique mondial, n’importe qui dans le monde peut être considéré comme une partie prenante dans la gouvernance d’entreprise (ou gouvernement d’entreprise) de n’importe quelle grande entreprise. Et les partenariats fédéraux avec des sociétés qui ne “servent” pas leurs parties prenantes, comme le projet Keystone Pipeline, par exemple, doivent être abandonnés. L'”équité” raciale, la promotion des agendas des transgenres et d’autres politiques identitaires de ce type seront également injectées dans les systèmes de partage des entreprises.

En fait, le capitalisme des parties prenantes représente un ver consommateur qui s’enfonce dans les entreprises et les vide de l’intérieur, dans la mesure où l’idéologie et la pratique trouvent des hôtes dans les organes de l’entreprise. Il s’agit d’un moyen de liquidation socialiste des richesses au sein même des organisations capitalistes, en utilisant un certain nombre de critères de redistribution des bénéfices et des “externalités”.

Capitalisme des parties prenantes. Dans quelle direction allez-vous orienter votre entreprise ? Credit: AbsolutVision sur Unsplash.com

Mais ne me croyez pas sur parole. Prenez un certain David Campbell, un socialiste britannique (bien que non marxiste) et auteur de The Failure of Marxism (1996). Après avoir déclaré que le marxisme avait échoué, Campbell a commencé à préconiser le capitalisme des parties prenantes comme moyen d’arriver aux mêmes fins. Son conflit avec le marxiste orthodoxe britannique de Paddy Ireland représente une querelle intestine sur les meilleurs moyens de réaliser le socialisme, tout en offrant un regard sur l’esprit des socialistes déterminés à essayer d’autres méthodes, vraisemblablement non violentes2.

Campbell a fustigé Ireland pour son rejet du capitalisme participatif. Ireland soutenait – à tort, selon Campbell – que le capitalisme participatif était en fin de compte impossible. Rien ne peut interférer, pendant très longtemps, avec l’inexorable demande de profit du marché. Les forces du marché écraseront inévitablement toute considération éthique telle que les intérêts des parties prenantes.

Le marxisme plus radical que tout de Paddy Ireland a laissé Campbell perplexe. Ireland ne se rendait-il pas compte que son déterminisme du marché était exactement ce que les défenseurs du “néolibéralisme” affirmaient comme étant l’inévitable et le seul moyen sûr pour la distribution du bien-être social ? Le marxisme, a noté Campbell à juste titre, “peut être identifié à la dérision de la “réforme sociale” comme ne représentant pas, ou même comme faisant obstacle à la “révolution”. Comme tant de marxistes antiréformistes, Paddy Ireland n’a pas su reconnaître que “les réformes sociales dont il se moquait sont la révolution”3. Le socialisme n’est rien d’autre qu’un mouvement dans lequel “la prétendue nécessité naturelle représentée par les impératifs “économiques” est remplacée par des décisions politiques conscientes concernant l’allocation des ressources” (c’est moi qui le souligne)4. Ce socialisme politique, par opposition aux épigones orthodoxes de Marx, est ce que Marx entendait réellement par socialisme, suggère Campbell. Le capitalisme des parties prenantes n’est que cela : du socialisme.

Ireland et Campbell s’accordent à dire que l’idée même du capitalisme des parties prenantes découle du fait que les entreprises sont devenues relativement autonomes par rapport à leurs actionnaires. L’idée de l’indépendance managériale et donc de l’autonomie de l’entreprise ou de la société a été traitée pour la première fois par Adolf A. Berle et Gardiner C. Means dans The Modern Corporation and Private Property (1932) et, après eux, dans The Managerial Revolution (1962) de James Burnham.

Dans “Corporate Governance, Stakeholding, and the Company : Towards a Less Degenerate Capitalism“, Ireland écrit à propos de cette autonomie putative : L’idée d’une entreprise des parties prenantes est ancrée dans l’autonomie de “l’entreprise” par rapport à ses actionnaires ; son argument est que cette autonomie… peut être exploitée pour garantir que les entreprises ne fonctionnent pas exclusivement dans l’intérêt de leurs actionnaires”5.

Selon Paddy Ireland, cette autonomie apparente de l’entreprise est apparue non pas avec l’incorporation ou des changements juridiques à la structure de la société, mais avec la croissance du capitalisme industriel à grande échelle. L’augmentation du nombre d’actions et l’avènement du marché boursier ont permis de vendre facilement les actions. Les actions sont devenues du “capital monétaire”, des titres facilement échangeables contre un pourcentage des bénéfices, et non des créances sur les actifs de l’entreprise. C’est à ce moment-là que les actions ont acquis une autonomie apparente par rapport à l’entreprise et l’entreprise par rapport à ses actionnaires.

« De plus, avec l’émergence de ce marché, les actions ont développé une valeur autonome propre tout à fait indépendante, et souvent différente, de la valeur des actifs de l’entreprise. Apparaissant comme ce que Marx appelait le capital fictif, ils ont été redéfinis en droit comme une forme autonome de propriété indépendante des actifs de l’entreprise. Ils n’étaient plus conceptualisés comme des intérêts équitables dans les biens de l’entreprise, mais comme des droits au profit ayant une valeur propre, droits qui pouvaient être librement et facilement achetés et vendus sur le marché…

En acquérant leur indépendance par rapport aux actifs des sociétés, les actions sont devenues des objets juridiques à part entière, doublant apparemment le capital des sociétés par actions. Les actifs appartiennent désormais à la société et à elle seule, soit par le biais d’une société par actions, soit, dans le cas des sociétés non constituées, par le biais de fiduciaires. Le capital social immatériel de la société, en revanche, était devenu la seule propriété de l’actionnaire. Ce sont désormais deux formes de propriété bien distinctes. En outre, avec la constitution juridique de l’action en tant que forme de propriété entièrement autonome, l’externalisation de l’actionnaire par rapport à la société a été achevée d’une manière qui n’était pas possible auparavant.6 »

Ainsi, selon Ireland, une différence d’intérêts est apparue entre les détenteurs du capital industriel et les détenteurs du capital monétaire, ou entre la société et l’actionnaire.

Néanmoins, selon Ireland, l’autonomie de l’entreprise est limitée par la nécessité pour le capital industriel de produire des bénéfices. La valeur des actions est en fin de compte déterminée par la rentabilité des actifs utilisés par la société. “L’entreprise est, et sera toujours, la personnification du capital industriel et, en tant que telle, soumise aux impératifs de rentabilité et d’accumulation. Ceux-ci ne sont pas imposés de l’extérieur à une entité par ailleurs neutre et sans direction, mais lui sont, au contraire, intrinsèques, se trouvant au cœur même de son existence.” Cette nécessité, selon Paddy, définit les limites du capitalisme des parties prenantes et son incapacité à se maintenir. “La nature de l’entreprise est telle, par conséquent, qu’elle suggère qu'[il] existe des limites strictes à la mesure dans laquelle son autonomie vis-à-vis des actionnaires peut être exploitée au profit des travailleurs ou, en fait, d’autres parties prenantes7.”

Voilà un point sur lequel le “néolibéral” Milton Friedman et le marxiste Paddy Ireland auraient été d’accord, même si ce dernier insiste sur le fait que l’extraction de la “plus-value” au point de production en est la cause. Et cet accord entre Friedman et Ireland est exactement la raison pour laquelle Campbell a rejeté l’argument de Ireland. Un tel déterminisme du marché n’est nécessaire que sous le capitalisme, affirme Campbell. Les prédictions sur le comportement des entreprises dans le contexte des marchés ne sont valables que dans les conditions actuelles du marché. Modifier les règles de l’entreprise de telle sorte que la rentabilité soit mise en danger, même si, ou surtout, de l’intérieur, est la définition même du socialisme. Changer le comportement des entreprises dans le sens d’un capitalisme participatif est révolutionnaire en se.

Malgré cette impasse “néolibérale”/marxiste insurmontable, la notion de capitalisme des parties prenantes a au moins cinquante ans. Les débats sur l’efficacité du capitalisme des parties prenantes remontent aux années 1980. Ils ont été attisés par le rejet par Friedman de la “soulful corporation“, qui a atteint son apogée avec “The Social Significance of the Modern Corporation” de Carl Kaysen en 1957. Kaysen considérait l’entreprise comme une institution sociale qui doit mettre en balance la rentabilité avec un large éventail croissant de responsabilités sociales : “Il n’y a pas de démonstration de cupidité ou d’avidité ; il n’y a pas de tentative de rejeter sur les travailleurs ou la communauté une grande partie des coûts sociaux de l’entreprise. L’entreprise moderne a un esprit d’entreprise8.” Ainsi, chez Kaysen, nous voyons des indices de la notion ultérieure de capitalisme des parties prenantes.

Il est probable que le capitalisme des parties prenantes remonte, même si ce n’est pas en ligne droite, à l'”idéalisme commercial9” de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, lorsque Edward Bellamy et King Camp Gillette, entre autres, ont envisagé des utopies socialistes d’entreprise via l’incorporation10. Pour ces socialistes d’entreprise, le principal moyen d’établir le socialisme était l’incorporation continue de tous les facteurs de production. Avec l’incorporation, une série de fusions et d’acquisitions devait se produire jusqu’à ce que la formation d’un monopole mondial unique, dans lequel tous “les gens” ont des parts égales, soit achevée. Dans “World Corporation“, Gillette a déclaré que “l’esprit entraîné des affaires et de la finance ne voit pas d’arrêt à l’absorption et à la croissance des entreprises, sauf l’absorption finale de tous les biens matériels du monde dans une seule société, sous le contrôle direct d’un seul esprit d’entreprise11“. Un tel monopole mondial singulier deviendrait socialiste à la suite d’une distribution égale des parts parmi la population. Le capitalisme des parties prenantes n’atteint pas cette répartition égale des parts, mais il la contourne en distribuant la valeur sur la base de la pression sociale et politique.

Il est intéressant de noter que Campbell termine son argumentation, de manière plutôt non dogmatique, en déclarant sans équivoque que si Friedman avait raison et “si ces comparaisons [entre le capitalisme actionnarial et le capitalisme des parties prenantes] tendent à montrer que la maximisation exclusive de la valeur actionnariale est le moyen optimal de maximiser le bien-être”, alors “on devrait renoncer à être socialiste12“. Si, après tout, la maximisation du bien-être humain est vraiment l’objet, et que le “capitalisme actionnarial” (ou “néolibéralisme”) s’avère être le meilleur moyen d’y parvenir, alors le socialisme lui-même, y compris le capitalisme des parties prenantes, doit nécessairement être abandonné.

Michael Rectenwald

Michael Rectenwald est l’auteur de onze ouvrages, dont Thought Criminal (2020), Beyond Woke (2020), Google Archipelago (2019), Springtime for Snowflakes (2018), Nineteenth-Century British Secularism (2016). Il a été professeur à l’université de New York de 2008 à 2019. Il a également enseigné à la Duke University, la North Carolina Central University, la Carnegie Mellon University et la Case Western Reserve University. Il est un expert et un défenseur de la liberté d’expression contre toutes les formes d’autoritarisme et de totalitarisme, y compris le socialisme-communisme, la “justice sociale”, le fascisme et le politiquement correct.

Il est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de l’université Carnegie Mellon, d’une maîtrise en littérature anglaise de l’université Case Western Reserve et d’une licence en littérature anglaise de l’université de Pittsburgh. (voir son C.V. pour plus de détails). Ses essais universitaires et académiques sont parus dans le Quarterly Journal of Austrian Economics, Academic Questions, Endeavour, le British Journal for the History of Science, College Composition and Communication, International Philosophical Quarterly, les anthologies De Gruyter (Organized Secularism in the United States), etc.

Les publications de Michael destinées au grand public sont apparues sur le fil de Mises Institute, The Epoch Times, RT.com, Campus Reform, The New English Review, The International Business Times, The American Conservative, Quillette, The Washington Post, The Pittsburgh Post-Gazette, entre autres. Le Dr Rectenwald a participé à de nombreux talk-shows politiques et autres sur les grands réseaux (Tucker Carlson Tonight, Fox & Friends, Fox & Friends First, Varney & Company, The Glenn Beck Show), à des émissions de radio syndiquées (Glenn Beck et bien d’autres), ainsi qu’à des émissions et podcasts.

– Partie I : Qu’est-ce que le Grand Reset ? Espoirs réduits et Bio-techno-féodalisme
– Partie II : le socialisme d’entreprise
– Partie III : Le capitalisme aux caractéristiques chinoises
– Partie IV : Capitalisme des parties prenantes vs. néolibéralisme
– Partie V : L’idéologie Woke


Notes : 

1Neil Kokemuller, “Does a Corporation Have Other Stakeholders Other Than Its Shareholders?,” Chron.com, Oct. 26, 2016, https://smallbusiness.chron.com/corporation-other-stakeholders-other-its-shareholders-63538.html.

2David Campbell, “Towards a Less Irrelevant Socialism: Stakeholding as a ‘Reform’ of the Capitalist Economy,” Journal of Law and Society 24, no. 1 (1997): 65–84.

3Campbell, “Toward a Less Irrelevant Socialism,” 75 and 76, emphasis in original.

4Campbell, “Toward a Less Irrelevant Socialism,” 76.

5Paddy Ireland, “Corporate Governance, Stakeholding, and the Company: Towards a Less Degenerate Capitalism?,” Journal of Law and Society 23, no. 3 (September 1996): 287–320, esp. 288.

6Paddy, “Corporate Governance, Stakeholding, and the Company,” 303.

7Paddy, “Corporate Governance, Stakeholding, and the Company,” 304 (both quotes).

8Carl Kaysen, “The Social Significance of the Modern Corporation,” in “Papers and Proceedings of the Sixty-Eighth Annual Meeting of the American Economic Association,” ed. James Washington Bell and Gertrude Tait, special issue, American Economic Review 47, no. 2 (May 1957): 311–19, 314.

9Gib Prettyman, “Advertising, Utopia, and Commercial Idealism: The Case of King Gillette,” Prospects 24 (January 1999): 231–48.

10Gib Prettyman, “Gilded Age Utopias of Incorporation,” Utopian Studies 12, no. 1 (2001): 19–40; Michael Rectenwald, “Libertarianism(s) versus Postmodernism and ‘Social Justice’ Ideology,” Quarterly Journal of Austrian Economics 22, no. 2 (2019): 122–38, https://doi.org/10.35297/qjae.010009.

11King Camp Gillette, “World Corporation” (Boston: New England News, 1910), p. 4.

12Campbell, “Toward a Less Irrelevant Socialism,” 81.

Partie III – Grand Reset, Le capitalisme aux caractéristiques chinoises

Qu’est-ce que le Grand Reset ? Partie III : Le capitalisme aux caractéristiques chinoises

Le titre de cet essai est un jeu de mots sur la description que fait le parti communiste chinois de son économie.

Il y a plusieurs décennies, lorsque le PCC ne pouvait plus nier de manière crédible la dépendance croissante de la Chine à l’égard des secteurs à but lucratif de son économie, ses dirigeants ont approuvé le slogan “socialisme aux caractéristiques chinoises” pour décrire le système économique chinois1. Formulée par Deng Xiaoping, cette phrase est devenue une composante essentielle de la tentative du PCC de rationaliser le développement capitaliste chinois dans le cadre d’un système politique socialiste-communiste.

Selon le parti, la privatisation croissante de l’économie chinoise ne devait être qu’une phase temporaire – pouvant durer jusqu’à cent ans selon certains dirigeants du parti – sur la voie d’une société sans classes du socialisme-communisme intégral. Les dirigeants du parti ont affirmé, et affirment toujours, que le socialisme aux caractéristiques chinoises était nécessaire dans le cas de la Chine parce que la Chine était un pays agraire “arriéré” lorsque le communisme a été introduit – trop tôt, a-t-on dit. La Chine avait besoin d’une piqûre de rappel capitaliste.

Avec ce slogan, le parti a pu faire valoir que la Chine avait été une exception à la position marxiste orthodoxe selon laquelle le socialisme n’arrive qu’après le développement du capitalisme – bien que Marx lui-même ait dévié de sa propre formule vers la fin de sa vie. En même temps, le slogan a permis au PCC de confirmer la position marxiste orthodoxe. La révolution communiste chinoise s’est produite avant le développement du capitalisme industriel – une exception au marxisme orthodoxe. Le capitalisme a donc été introduit plus tard dans le système économique de la Chine – une confirmation du marxisme orthodoxe.

Dépouillé de ses prétentions idéologiques socialistes, le socialisme aux caractéristiques chinoises, ou le système chinois lui-même, se résume à un État socialiste-communiste de plus en plus financé par le développement économique capitaliste. La différence entre l’ancienne Union soviétique et la Chine contemporaine est que, lorsqu’il est devenu évident que l’économie socialiste-communiste avait échoué, la première a abandonné ses prétentions économiques socialistes-communistes, alors que la seconde ne l’a pas fait.

Que les dirigeants du PCC croient ou non à leur propre rhétorique, la gymnastique idéologique déployée est néanmoins spectaculaire. À première vue, le slogan incorpore et dissimule une contradiction apparemment évidente dans une tentative de sanctifier ou de “recommunifier” le développement capitaliste chinois comme une condition préalable au socialisme-communisme intégral.

Cependant, le slogan chinois capture une vérité essentielle sur le communisme, une vérité qui est soit non reconnue ou non admise par le PCC et niée par les marxistes occidentaux. Contrairement aux affirmations des dirigeants et des adeptes du communisme, et même contrairement aux affirmations de beaucoup de ceux qui s’y opposent, le socialisme-communisme n’est pas essentiellement un système économique mais plutôt un système politique.

Une fois au pouvoir, les dirigeants socialistes-communistes reconnaissent qu’étant donné leur contrôle sur les ressources, ils sont effectivement devenus les nouveaux propriétaires des moyens de production (alors que, comme Ludwig von Mises l’a suggéré, les consommateurs détiennent effectivement le pouvoir de disposition économique dans les marchés libres2). En tentant de mettre en place une économie socialiste-communiste, ils reconnaissent qu’en l’absence de prix, la production industrielle à grande échelle nécessite une prise de décision sous surveillance. De même, la prise de décision n’est pas démocratique dans le sens promis par les idéologues socialistes-communistes. La prise de décision doit être centralisée, ou du moins bureaucratisée, dans une large mesure. La prise de décision démocratique est exclue par le fait que la production et la distribution appartiennent à l’État et sont contrôlées par lui.

Le socialisme-communisme est un système politique dans lequel l’allocation des ressources est commandée par l’État et donc effectivement contrôlée par les dirigeants de l’État, la véritable classe dirigeante. Ces derniers conservent le contrôle par l’idéologie et la force.

Par opposition à un système économique pleinement mis en œuvre, le socialisme-communisme n’est toujours qu’un arrangement politique. C’est pourquoi le socialisme-communisme peut être combiné au “capitalisme” sous des formes telles que le “capitalisme d’État3” ou le socialisme d’entreprise. Ses prétentions économiques seront abandonnées à mesure que le développement capitaliste sera introduit et habilement rationalisé, comme en Chine. Si de telles prétentions sont maintenues pendant longtemps, elles détruiront la société, comme dans l’ancienne Union soviétique. Dans les deux cas, les dirigeants socialistes-communistes apprendront que la production de richesses nécessite l’accumulation de capital privé – qu’ils comprennent ou non pourquoi.

Le Grand Reset, Le capitalisme avec des caractéristiques chinoises © Oliver Munday

Entrez dans le socialisme d’entreprise

Une version socialiste-communiste arrive bientôt près de chez vous. Certains des mêmes anciens protagonistes réapparaissent, tandis que de nouveaux ont rejoint le casting. Si l’idéologie et la rhétorique sont presque les mêmes, elles sont utilisées à des fins légèrement différentes. Cette fois-ci, les vieilles promesses sont en jeu, et un appât similaire mais non identique est brandi. Le socialisme promet la protection des personnes assiégées contre le “mal” économique et politique, la promotion des intérêts économiques de la sous-classe, le bannissement des personnes “dangereuses” des forums publics et de la vie civique, et une préoccupation primaire ou exclusive pour le “bien commun”. L’initiative chinoise “One Belt, One Road” (une ceinture, une route) peut suspendre ses bénéficiaires en Afrique et dans d’autres régions sous-développées comme s’il s’agissait d’un nœud coulant infrastructurel. Une autre variété de projets est prévue dans le monde développé, y compris aux États-Unis.

L’initiative chinoise “One Belt, One Road”4 (La nouvelle route de la soie, litt. “ceinture économique de la route de la soie” ou la ceinture et la route) peut suspendre ses bénéficiaires en Afrique et dans d’autres régions sous-développées comme s’il s’agissait d’un nœud coulant infrastructurel. Une autre variété de projets est prévue dans le monde développé, y compris aux États-Unis.

La variante contemporaine est le socialisme d’entreprise, ou un système à deux niveaux de “socialisme réellement existant5” sur le terrain, couplé à un ensemble parallèle de monopoles d’entreprise ou de monopoles potentiels au sommet. La différence entre le socialisme d’État et le socialisme d’entreprise est simplement qu’un groupe d’intérêt différent contrôle effectivement les moyens de production. Mais les deux dépendent du monopole, l’un de l’État et l’autre de l’entreprise qui monopolise l’économie. Et les deux dépendent de l’idéologie socialiste-communiste du socialisme démocratique, ou, dans une variante récente, de l’idéologie de la “justice sociale” ou du “woke”. Le socialisme d’entreprise est la fin souhaitée, tandis que le socialisme démocratique et le capitalisme sauvage font partie des moyens.

La Chine est le modèle du système économique et politique promu en Occident, et le Grand Reset est l’articulation la plus franche de ce système – bien que son articulation soit tout sauf parfaitement franche.

Le Grand Reset représente le développement du système chinois en Occident, mais à l’envers. Alors que l’élite politique chinoise a commencé par un système politique socialiste-communiste et a mis en œuvre le “capitalisme” par la suite, l’élite occidentale a commencé par le “capitalisme” et vise à mettre en œuvre un système politique socialiste-communiste maintenant. C’est comme si l’oligarchie occidentale regardait le “socialisme” affiché en Chine, et disait “oui, nous le voulons”.

Cela explique de nombreuses contradictions apparentes, dont la moindre n’est pas l’autoritarisme de gauche de Big Tech. Le Big Tech, et en particulier le Big Digital, est l’appareil de communication idéologique pour l’avancement du socialisme d’entreprise, ou capitalisme aux caractéristiques chinoises.

Les caractéristiques chinoises que le Grand Reset vise à reproduire en lien avec le capitalisme occidental ressembleraient au totalitarisme du PCC. Cela nécessiterait une grande restriction des droits individuels – y compris les droits de propriété, la liberté d’expression, la liberté de mouvement, la liberté d’association, la liberté de religion et le système de libre entreprise tel que nous le concevons.

Le Grand Reset mettrait en œuvre le système politique à peu près de la même manière que la Chine l’a fait – avec la surveillance des smart city par la 5G, l’équivalent des scores de crédit social, les passeports médicaux, l’emprisonnement politique et d’autres moyens de répression et de contrôle social et politique.

Au final, le socialisme aux caractéristiques chinoises et le capitalisme aux caractéristiques chinoises reviendraient au même.

Michael Rectenwald

Michael Rectenwald est l’auteur de onze ouvrages, dont Thought Criminal (2020), Beyond Woke (2020), Google Archipelago (2019), Springtime for Snowflakes (2018), Nineteenth-Century British Secularism (2016). Il a été professeur à l’université de New York de 2008 à 2019. Il a également enseigné à la Duke University, la North Carolina Central University, la Carnegie Mellon University et la Case Western Reserve University. Il est un expert et un défenseur de la liberté d’expression contre toutes les formes d’autoritarisme et de totalitarisme, y compris le socialisme-communisme, la “justice sociale”, le fascisme et le politiquement correct.

Il est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de l’université Carnegie Mellon, d’une maîtrise en littérature anglaise de l’université Case Western Reserve et d’une licence en littérature anglaise de l’université de Pittsburgh. (voir son C.V. pour plus de détails). Ses essais universitaires et académiques sont parus dans le Quarterly Journal of Austrian Economics, Academic Questions, Endeavour, le British Journal for the History of Science, College Composition and Communication, International Philosophical Quarterly, les anthologies De Gruyter (Organized Secularism in the United States), etc.

Les publications de Michael destinées au grand public sont apparues sur le fil de Mises Institute, The Epoch Times, RT.com, Campus Reform, The New English Review, The International Business Times, The American Conservative, Quillette, The Washington Post, The Pittsburgh Post-Gazette, entre autres. Le Dr Rectenwald a participé à de nombreux talk-shows politiques et autres sur les grands réseaux (Tucker Carlson Tonight, Fox & Friends, Fox & Friends First, Varney & Company, The Glenn Beck Show), à des émissions de radio syndiquées (Glenn Beck et bien d’autres), ainsi qu’à des émissions et podcasts.


– Partie I : Qu’est-ce que le Grand Reset ? Espoirs réduits et Bio-techno-féodalisme
– Partie II : le socialisme d’entreprise
– Partie III : Le capitalisme aux caractéristiques chinoises
– Partie IV : Capitalisme des parties prenantes vs. néolibéralisme
– Partie V : L’idéologie Woke

Notes : 

1Ian Wilson, “Socialism with Chinese Characteristics: China and the Theory of the Initial Stage of Socialism,” Politics 24, no. 1 (September 2007): 77–84.

2Ludwig von Mises, Socialism: An Economic and Sociological Analysis, 3d ed. (New Haven, CT: Yale University Press, 1951), pp. 37–42.

3Western Marxists employ the term state capitalism to exclude the Soviet Union and China from the category of socialism-communism. They thereby reserve, in their own propaganda, at least, the hallowed terms social­ism and communism for the never present, always receding, and just-over-the-horizon ideal.

4Alexandra Ma, “The US Is Scrambling to Invest More in Asia to Counter China’s ‘Belt and Road’ Mega-Project. Here’s What China’s Plan to Connect the World through Infrastructure Is like.,” Business Insider, Nov. 11, 2019. https://www.businessinsider.com/what-is-belt-and-road-china-infrastructure-project-2018-1?IR=T.

5“Actually existing socialism” is a “[t]erm used in the former communist countries to describe them as they really were, rather than as the official theory required them to be. Its use was largely ironical, and more or less confined to the writings of dissidents.” Palgrave Macmillan Dictionary of Political Thought, by Roger Scruton, 3d ed. (New York: Macmillan Publishers, 2007), s.v. “Actually existing socialism.” Credo Reference. http://proxy.library.nyu.edu/login?url=https://search.credoreference.com/content/entry/macpt/actual¬ly_existing_socialism/0?institutionId=577.

Partie II – Le Grand Reset, le socialisme d’entreprise

Qu’est-ce que le Grand Reset ? Partie II : le socialisme d’entreprise

Comme je l’ai indiqué dans la partie précédente, le Grand Reset, si ses architectes parviennent à leurs fins, impliquera des transformations dans presque tous les aspects de la vie. Je limiterai ici ma discussion à l’économie de la grande réinitialisation telle qu’elle est promue par le Forum économique mondial (WEF), ainsi qu’aux développements récents qui ont fait avancer ces plans.

Comme le suggérait F.A. Hayek dans son essai d’introduction Collectivist Economic Planning, le socialisme peut être divisé en deux aspects : les fins et les moyens1. Le moyen socialiste est la planification collectiviste, tandis que les fins, au moins dans le cadre du socialisme prolétarien, sont la propriété collective des moyens de production et la distribution “égale” ou “équitable” des produits finaux.

Distinguant ces deux aspects afin de mettre de côté la question des fins et de se concentrer sur les moyens, Hayek a suggéré que la planification collectiviste pouvait être mise au service d’autres fins que celles associées au socialisme prolétarien : “Une dictature aristocratique, par exemple, peut utiliser les mêmes méthodes pour servir les intérêts d’une certaine élite raciale ou autre, ou au service d’un autre objectif résolument anti-égalitaire.”2

La planification collectiviste pourrait ou non se heurter au problème du calcul, selon qu’un marché des facteurs de production est maintenu ou non. Si un marché des facteurs de production est maintenu, alors le problème de calcul ne s’appliquerait pas strictement.

Les planificateurs collectivistes du Grand Reset ne visent pas à éliminer les marchés des facteurs de production. Ils veulent plutôt confier la propriété et le contrôle des facteurs les plus importants aux personnes inscrites au “capitalisme des parties prenantes”3. Les activités productives desdites parties prenantes, quant à elles, seraient guidées par les directives d’une coalition de gouvernements dans le cadre d’une mission unifiée et d’un ensemble de politiques, en particulier celles exposées par le WEF lui-même.

Bien que ces entreprises des parties prenantes ne soient pas nécessairement des monopoles per se, le but du WEF est de conférer à ces entreprises le plus grand contrôle possible sur la production et la distribution, dans le but d’éliminer les producteurs dont les produits ou les processus sont jugés inutiles ou contraires aux desiderata des mondialistes pour “un avenir plus juste et plus vert”. Naturellement, cela impliquerait des contraintes sur la production et la consommation, ainsi qu’un rôle accru pour les gouvernements afin de faire respecter ces contraintes – ou, comme l’a déclaré Klaus Schwab dans le contexte de la crise covid, “le retour du grand gouvernement”4 – comme si le gouvernement n’avait pas été grand et n’avait pas grandi pendant tout ce temps.

Schwab et le WEF promeuvent le capitalisme participatif contre un “néolibéralisme” supposé endémique. Le néolibéralisme est un mot fourre-tout qui désigne tout ce que les gauchistes jugent mauvais dans l’ordre socio-économique. C’est l’ennemi commun de la gauche. Inutile de dire que le néolibéralisme – que Schwab définit grossièrement comme “un corpus d’idées et de politiques qui peuvent être définies grossièrement comme favorisant la concurrence au détriment de la solidarité, la destruction créatrice au détriment de l’intervention gouvernementale et la croissance économique au détriment du bien-être social”5 – est un homme de paille.

Schwab et compagnie érigent le néolibéralisme comme la source de nos malheurs économiques. Mais dans la mesure où l'”antinéolibéralisme” a été en jeu, le fait que le gouvernement favorise les industries et les acteurs au sein des industries (ou corporatocratie), et non la concurrence, a été la source de ce que Schwab et ses semblables décrient. Le Grand Reset amplifierait les effets de la corporatocratie.

Néanmoins, les objectifs du WEF ne sont pas de planifier tous les aspects de la production et donc de diriger toutes les activités individuelles. L’objectif est plutôt de limiter les possibilités d’activité individuelle, y compris l’activité des consommateurs – en évinçant de l’économie les industries et les producteurs au sein des industries. “Chaque pays, des États-Unis à la Chine, doit participer, et chaque industrie, du pétrole et du gaz à la technologie, doit être transformée.”6

Comme le note Hayek, “lorsque le système médiéval des guildes était à son apogée, et lorsque les restrictions au commerce étaient les plus importantes, elles n’étaient pas utilisées comme un moyen de diriger réellement l’activité individuelle.”7 De même, le Grand Reset ne vise pas une planification strictement collectiviste de l’économie, mais recommande et exige des restrictions néo-féodales qui iraient plus loin que tout ce qui a été fait depuis l’époque médiévale – à part le socialisme d’État lui-même, bien sûr.

En 1935, Hayek a constaté à quel point les restrictions économiques avaient déjà entraîné des distorsions du marché : Avec nos tentatives d’utiliser le vieil appareil du restrictionnisme comme instrument d’adaptation quasi quotidienne au changement, nous sommes probablement déjà allés beaucoup plus loin dans la direction d’une planification centrale de l’activité courante que ce qui avait été tenté auparavant… . Il est important de se rendre compte, dans toute investigation sur les possibilités de planification, que c’est une erreur de supposer que le capitalisme tel qu’il existe aujourd’hui est l’alternative. Nous sommes certainement aussi éloignés du capitalisme dans sa forme pure que nous le sommes de tout système de planification centrale. Le monde d’aujourd’hui n’est qu’un chaos interventionniste.8

Le Grand Reset nous amènerait donc bien plus loin que les restrictions imposées par le féodalisme, y compris la stase économique qu’il impliquait !

J’appelle ce néo-féodalisme “socialisme d’entreprise” – non seulement parce que la rhétorique pour gagner des adhérents dérive de l’idéologie socialiste (“équité”, “égalité économique”, “bien collectif”, “destin partagé”, etc.) mais aussi parce que la réalité recherchée est le contrôle monopolistique de facto de la production via l’élimination des producteurs non conformes – c’est-à-dire une tendance au monopole sur la production qui est caractéristique du socialisme.

Ces interventions ne feraient pas qu’ajouter au “chaos interventionniste” déjà existant, mais fausseraient davantage les marchés à un degré sans précédent en dehors de la planification socialiste centralisée per se. Les élites pourraient tenter de déterminer, a priori, les besoins et les désirs des consommateurs en limitant la production aux biens et services acceptables. Elles limiteraient également la production aux types de biens et services qui conviennent aux gouvernements et aux producteurs qui adhèrent au programme.

Les réglementations supplémentaires pousseraient les petits et moyens producteurs à cesser leurs activités ou à se tourner vers le marché noir, dans la mesure où ce dernier pourrait exister avec une monnaie numérique et une plus grande centralisation bancaire. En tant que telles, les restrictions et réglementations tendraient vers un système statique de type caste avec des oligarques d’entreprise au sommet, et un “socialisme réellement existant”9 pour la grande majorité de la société. Une richesse croissante pour quelques-uns, une “égalité économique”, à des conditions réduites, y compris un revenu de base universel, pour les autres.

Le confinement du coronavirus, les émeutes et le socialisme d’entreprise

Les confinements de covid-19, et dans une moindre mesure les émeutes gauchistes, nous ont fait progresser vers le socialisme d’entreprise. Les mesures draconiennes de confinement employées par les gouvernements et les maires, ainsi que les destructions perpétrées par les émeutiers, se trouvent à faire le travail que les socialistes d’entreprise comme le WEF veulent faire. En plus de déstabiliser l’État-nation, ces politiques contribuent à détruire les petites entreprises, éliminant ainsi les concurrents.

Comme le souligne la Foundation for Economic Education (FEE), les confinements et les émeutes se sont combinés pour former un double coup de poing qui met à mal des millions de petites entreprises – “l’épine dorsale de l’économie américaine” – dans toute l’Amérique.

Selon la FEE, 7,5 millions de petites entreprises américaines risquent de fermer définitivement leurs portes. Une analyse plus récente a montré que même avec des prêts fédéraux, près de la moitié des propriétaires de petites entreprises déclarent qu’ils devront fermer définitivement leurs portes. Le bilan est déjà lourd. Rien qu’à New York, les consignes de rester à la maison ont entraîné la fermeture définitive de plus de 100 000 petites entreprises.10

Entre-temps, comme la FEE et d’autres l’ont fait remarquer, rien ne prouve que les mesures de confinement aient contribué à ralentir la propagation du virus. De même, il n’y a aucune preuve que Black Lives Matter ait fait quoi que ce soit pour aider les vies des citoyens noirs. En fait, les campagnes émeutières et meurtrières de Black Lives Matter et d’Antifa ont prouvé que les vies des citoyens noirs ne comptent pas pour Black Lives Matter. En plus d’assassiner des personnes noires, les émeutiers de Black Lives Matter et d’Antifa ont causé d’énormes dommages aux entreprises et aux quartiers noirs, et donc aux vies des citoyens noirs.11

Alors que les petites entreprises ont été écrasées par la combinaison de confinements draconiens et de folie émeutière, des entreprises géantes comme Amazon ont prospéré comme jamais auparavant. Comme l’a noté la BBC, au moins trois des géants de la technologie – Amazon, Apple et Facebook – ont réalisé des gains massifs pendant les confinements12, gains qui ont été favorisés, dans une moindre mesure, par des émeutes qui ont coûté 1 à 2 milliards de dommages matériels13. Pour la période d’avril, mai et juin 2020, Amazon a réalisé “un bénéfice trimestriel de 5,2 milliards de dollars, le plus important depuis la création de l’entreprise en 1994, et ce malgré les lourdes dépenses en matériel de protection et autres mesures liées au virus”. Les ventes d’Amazon ont augmenté de 40 % sur la période d’avril, mai, juin 2020.

Comme le rapporte TechCrunch, Facebook et ses plateformes WhatsApp et Instagram ont connu une hausse de 15 % du nombre d’utilisateurs, ce qui a porté les revenus à un grand total de 17,74 milliards de dollars au premier trimestre14. Le nombre total d’utilisateurs de Facebook a atteint 3 milliards en mars, soit deux tiers des internautes du monde, un record. Les revenus d’Apple ont grimpé en flèche au cours de la même période, avec des bénéfices trimestriels en hausse de 11 % sur un an, à 59,7 milliards de dollars. “Walmart, le plus grand épicier du pays, a déclaré que ses bénéfices ont augmenté de 4 %, à 3,99 milliards de dollars” au cours du premier trimestre 2020, comme le rapporte le Washington Post15.

Le nombre de petites entreprises a été presque réduit de moitié par les fermetures de covid-19 et les émeutes de Black Lives Matter/Antifa, tandis que les entreprises géantes ont consolidé leur emprise sur l’économie, ainsi que leur pouvoir sur l’expression individuelle sur Internet et au-delà. Ainsi, il semblerait que les confinements covid, les fermetures, les fermetures partielles, ainsi que les émeutes sont exactement ce que les Grands Réinitialisateurs ont ordonné, bien que je ne suggère pas par là qu’ils les aient ordonnés. Il est plus probable qu’ils aient saisi l’occasion d’éliminer de l’économie les petites et moyennes entreprises afin de rendre la conformité plus simple et plus répandue.

En fin de compte, la Grande Réinitialisation n’est qu’une campagne de propagande, et non un bouton sur lequel les oligarques mondialistes peuvent appuyer à volonté – bien que le WEF l’ait présentée comme telle16. Leurs plans doivent être contrés par de meilleures idées économiques et des actions individuelles concertées. La seule réponse raisonnable au projet du Grand Reset est de le défier, d’introduire et de promouvoir plus de concurrence, et d’exiger la réouverture complète de l’économie, quels que soient les risques encourus. Si cela signifie que les petits producteurs et distributeurs doivent se regrouper pour défier les ordres de l’État, qu’il en soit ainsi. De nouvelles associations d’entreprises, ayant pour but de déjouer la Grande Réinitialisation, doivent être formées – avant qu’il ne soit trop tard.

Michael Rectenwald

Michael Rectenwald est l’auteur de onze ouvrages, dont Thought Criminal (2020), Beyond Woke (2020), Google Archipelago (2019), Springtime for Snowflakes (2018), Nineteenth-Century British Secularism (2016). Il a été professeur à l’université de New York de 2008 à 2019. Il a également enseigné à la Duke University, la North Carolina Central University, la Carnegie Mellon University et la Case Western Reserve University. Il est un expert et un défenseur de la liberté d’expression contre toutes les formes d’autoritarisme et de totalitarisme, y compris le socialisme-communisme, la “justice sociale”, le fascisme et le politiquement correct.

Il est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de l’université Carnegie Mellon, d’une maîtrise en littérature anglaise de l’université Case Western Reserve et d’une licence en littérature anglaise de l’université de Pittsburgh. (voir son C.V. pour plus de détails). Ses essais universitaires et académiques sont parus dans le Quarterly Journal of Austrian Economics, Academic Questions, Endeavour, le British Journal for the History of Science, College Composition and Communication, International Philosophical Quarterly, les anthologies De Gruyter (Organized Secularism in the United States), etc.

Les publications de Michael destinées au grand public sont apparues sur le fil de Mises Institute, The Epoch Times, RT.com, Campus Reform, The New English Review, The International Business Times, The American Conservative, Quillette, The Washington Post, The Pittsburgh Post-Gazette, entre autres. Le Dr Rectenwald a aussi participé à de nombreux talk-shows politiques sur les grands réseaux (Tucker Carlson Tonight, Fox & Friends, Fox & Friends First, Varney & Company, The Glenn Beck Show), à des émissions de radio syndiquées (Glenn Beck et bien d’autres), ainsi qu’à des émissions et podcasts.

– Partie I : Qu’est-ce que le Grand Reset ? Espoirs réduits et Bio-techno-féodalisme
– Partie II : le socialisme d’entreprise
– Partie III : Le capitalisme aux caractéristiques chinoises
– Partie IV : Capitalisme des parties prenantes vs. néolibéralisme
– Partie V : L’idéologie Woke


Notes :

1F.A. Hayek, “The Nature and History of the Problem,” in N.G. Pierson and F.A. Hayek, Collectivist Economic Planning (London: Routledge and Kegan Paul, 1963), p. 14.

2Ibid., p. 15.

3Klaus Schwab, “What Kind of Capitalism Do We Want?,” Time, Dec. 2, 2019, https://time.com/5742066/klaus-schwab-stakeholder-capitalism-davos/.

4Klaus Schwab and Thierry Malleret, COVID-19: The Great Reset (n.p.: Forum Publishing, 2020), p. 89.

5Ibid., p. 78.

6Klaus Schwab, “Now Is the Time for a ‘Great Reset,’” World Economic Forum, June 3, 2020, https://www.weforum.org/agenda/2020/06/now-is-the-time-for-a-great-reset/.

7Hayek, “The Nature and History of the Problem,” p. 23.

8Ibid., pp. 23–24.

9“Actually existing socialism” is a term used to describe socialism as it existed in the Soviet Union and elsewhere. It became a pejorative term used sarcastically by dissidents in socialist countries to refer to what life was really like under socialism, rather than in the perfidious books of Marx and his epigones.

10Jon Miltmore and Dan Sanchez, “America’s Small Business Owners Have Been Horribly Abused during These Riots and Lockdowns. That Will Have Consequences,” Foundation for Economic Education (FEE), June 5, 2020, https://fee.org/articles/america-s-small-business-owners-have-been-horribly-abused-during-these-riots-and-lockdowns-that-will-have-consequences/.

11Brad Polumbo, “The Lockdowns Crushed Minority-Owned Businesses the Most,” FEE, June 19, 2020, https://fee.org/articles/the-lockdowns-crushed-minority-owned-businesses-the-most/.

12“Amazon, Facebook and Apple Thriving in Lockdown,” BBC, July 13, 2020, https://www.bbc.com/news/business-53602596.

13Morgan Phillips, “Damage from Riots across US Will Cost at Least $1B in Claims: Report,” Fox Business, Sept. 16, 2020, https://www.foxbusiness.com/economy/damage-riots-1b-most-expensive.

14Lucas Matney, “The Lockdown Is Driving People to Facebook,” TechCrunch, Apr. 29, 2020, https://techcrunch.com/2020/04/29/the-quarantine-is-driving-record-usage-growth-at-facebook/

15Abha Bhattarai, “Sales Soar at Walmart and Home Depot during the Pandemic, Washington Post, May 19, 2020, https://www.washingtonpost.com/business/2020/05/19/walmart-earnings-economy-coronavirus/.

16Schwab, “Now Is the Time for a ‘Great Reset.’”