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L’infection au coronavirus peut causer des dommages durables dans tout l’organisme

Il est de plus en plus évident que même lorsque la pandémie sera terminée, elle ne le sera pas vraiment. Aujourd’hui, les médecins commencent à craindre qu’il en soit de même pour les patients qui ont survécu au COVID-19.

Pour les patients les plus malades, l’infection par le nouveau coronavirus s’avère être une agression de tout le corps, causant des dommages bien au-delà des poumons. Et même après que les patients gravement malades se soient rétablis et aient éliminé le virus, les médecins ont commencé à voir des preuves des effets persistants de l’infection.

Dans une étude publiée cette semaine, des scientifiques en Chine ont examiné les résultats des analyses sanguines de 34 patients COVID-19 au cours de leur hospitalisation. Chez ceux qui ont survécu à la maladie, qu’elle soit légère ou grave, les chercheurs ont constaté que de nombreuses activités biologiques n’étaient « pas revenues à la normale ».

Parmi les résultats inquiétants des tests, les lectures suggèrent que ces patients apparemment guéris, continuent d’avoir une fonction hépatique altérée. C’était le cas même après que deux tests pour le virus vivant soient revenus négatifs et que les patients aient été autorisés à quitter l’hôpital.

Dans le même temps, alors que les cardiologues sont confrontés aux effets immédiats du COVID-19 sur le cœur, ils se demandent quelle part des dommages pourrait être de longue durée. Dans une première étude menée en Chine sur des patients traités dans le cadre du COVID-19, une insuffisance cardiaque a été observée chez près de 12 % des survivants, y compris chez des personnes qui n’avaient montré aucun signe de détresse respiratoire.

Lorsque les poumons ne parviennent pas à fournir de l’oxygène à l’organisme, le cœur peut être soumis à un stress important et peut en sortir affaibli. C’est déjà assez préoccupant dans le cas d’une maladie qui entraîne généralement des problèmes respiratoires. Mais lorsque même les personnes sans détresse respiratoire subissent des lésions cardiaques, les médecins doivent se demander s’ils n’ont pas sous-estimé la capacité du COVID-19 à causer des ravages durables.

« Le COVID-19 n’est pas seulement un trouble respiratoire », a déclaré le Dr Harlan Krumholtz, cardiologue à l’université de Yale. « Il peut affecter le cœur, le foie, les reins, le cerveau, le système endocrinien et le système sanguin. »

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Il n’y a pas de véritable survivant à long terme de cette maladie entièrement nouvelle : Même les premières victimes en Chine ne sont pas à plus de trois mois de leur péripétie. Et les médecins ont été trop occupés à traiter les personnes gravement malades pour suivre de près l’évolution des quelque 370 000 personnes dans le monde qui se sont remises du COVID-19.

Les médecins craignent toutefois que dans son sillage, certains organes dont la fonction a été perturbée ne se rétablissent pas rapidement ou complètement. Cela pourrait rendre les patients plus vulnérables pendant des mois ou des années.

« Je pense qu’il y aura des séquelles à long terme », a déclaré le Dr Joseph Brennan, cardiologue à Yale. « Cette maladie est tellement accablante que certains des malades guéris risquent d’être confrontés à des problèmes de santé permanents », a-t-il déclaré.

Une autre question à laquelle il pourrait falloir des années pour répondre est de savoir si le virus du SRAS-CoV-2, qui provoque le COVID-19, peut rester dormant dans l’organisme pendant des années et revenir plus tard sous une forme différente.

Ce ne serait pas le premier virus à se comporter ainsi. Après une infection par la varicelle, par exemple, le virus de l’herpès qui provoque la maladie se cache tranquillement pendant des décennies et apparaît souvent sous la forme d’un douloureux zona. Le virus qui cause l’hépatite B peut semer les graines du cancer du foie des années plus tard. Et dans les mois qui ont suivi la fin de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2016, on a découvert que le virus responsable de cette maladie avait pris résidence dans le liquide vitreux des yeux de certaines de ses victimes, provoquant la cécité ou une déficience visuelle chez 40 % des personnes touchées.

Compte tenu de l’affinité du SRAS-CoV-2 pour le tissu pulmonaire, les médecins ont rapidement suspecté que certains patients atteints de COVID-19 subiraient des dommages durables à leurs poumons. Dans les infections impliquant le coronavirus responsable du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), environ un tiers des patients guéris présentaient une atteinte pulmonaire au bout de trois ans, mais ces symptômes s’étaient largement résorbés 15 ans plus tard. Et les chercheurs ont découvert qu’un tiers des patients souffrant du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) présentaient des cicatrices pulmonaires – la fibrose – qui étaient probablement permanentes.

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Dans une étude réalisée à la mi-mars sur une douzaine de patients COVID-19 ayant obtenu leur congé d’un hôpital de Hong Kong, deux ou trois d’entre eux ont été décrits comme ayant des difficultés avec les activités qu’ils avaient pratiquées avant.

Le Dr Owen Tsang Tak-yin, directeur des maladies infectieuses à l’hôpital Princess Margaret de Hong Kong, a déclaré aux journalistes que certains patients « pourraient avoir une baisse de 20 à 30% de la fonction pulmonaire » après leur rétablissement.

Citant l’histoire des dommages pulmonaires durables chez les patients atteints du SRAS et du MERS, une équipe dirigée par Melina Hosseiny, radiologue de l’UCLA, recommande que les patients qui se sont remis du COVID-19 subissent des scanners pulmonaires de suivi « pour évaluer les dommages pulmonaires à long terme ou permanents, y compris la fibrose ».

Alors que les médecins tentent d’évaluer les dommages causés aux organes après la récupération du COVID-19, il existe une complication majeure : Les patients souffrant de troubles qui affectent le cœur, le foie, le sang et les poumons courent un risque plus élevé de devenir très malades avec le COVID-19 au départ. Il est donc difficile de distinguer les séquelles du COVID-19 des problèmes qui ont rendu les patients vulnérables au départ – surtout si tôt dans la partie.

En ce moment, « nous sommes tous en plein dedans », a déclaré le Dr Kim Williams, spécialiste des maladies cardiovasculaires au centre médical de l’université Rush à Chicago. « Nous disposons de beaucoup plus d’informations sur ce qui se passe de manière intensive, et nous essayons de gérer cela ».

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Ce qu’ils savent, c’est que lorsque les patients atteints de COVID-19 présentent des symptômes d’infection, la fonction de nombreux organes est perturbée. Et lorsqu’un organe commence à défaillir, les autres suivent souvent.

Ajoutez à ce chaos la force de l’inflammation, qui se manifeste chez les personnes atteintes de COVID-19 grave. Il peut en résulter des dommages dans tout le corps, des plaques et des caillots arrachés aux parois des vaisseaux sanguins et provoquant des accidents vasculaires cérébraux, des crises cardiaques et des embolies veineuses.

Krumholtz, qui a organisé une réunion de cardiologues pour discuter du COVID-19 cette semaine, a déclaré que l’infection peut causer des dommages au cœur et au sac qui l’enveloppe. Certains patients développent une insuffisance cardiaque et/ou des arythmies pendant la phase aiguë de la maladie.

L’insuffisance cardiaque affaiblit l’organe, bien qu’il puisse retrouver une grande partie de sa force grâce à des médicaments et à des changements de mode de vie. Néanmoins, les anciens patients COVID-19 peuvent devenir des patients de cardiologie à vie.

Un autre effet potentiel est de brouiller cette image : des anomalies sanguines qui rendent les caillots de toutes sortes plus susceptibles de se former.

Dans un rapport de cas publié cette semaine dans le New England Journal of Medicine, les médecins chinois ont décrit un patient atteint de COVID-19 sévère, présentant des caillots évidents dans plusieurs parties de son corps et des protéines immunitaires appelées anticorps antiphospholipides.

Caractéristique d’une maladie auto-immune appelée syndrome des antiphospholipides, ces anticorps apparaissent parfois en réponse à une infection. Mais il arrive aussi qu’ils persistent, provoquant de dangereux caillots de sang dans les jambes, les reins, les poumons et le cerveau. Chez les femmes enceintes, le syndrome des antiphospholipides peut également entraîner une fausse couche et une mortinaissance.

Brennan a déclaré que dans une nouvelle maladie comme COVID-19, les indicateurs qui guident généralement les médecins dans l’évaluation du pronostic à long terme d’un patient ne sont tout simplement pas encore là.

Los Angeles Times, ScienceMag

Une autre étude menée à Wuhan, en Chine, a révélé que le virus pouvait vivre dans les voies respiratoires d’un patient rétabli pendant huit à 37 jours.

Les responsables de la santé en Chine imposent aux patients guéris de s’isoler pendant deux semaines après leur sortie de l’hôpital, au cas où, pour ensuite se faire tester une nouvelle fois.

Le site web du CDC américain attire l’attention sur la stigmatisation des personnes atteintes de coronavirus, avertissant que la mise à l’écart sociale des patients peut se produire « après qu’une personne ait été libérée de la quarantaine COVID-19 même si elle n’est pas considérée comme un risque de transmission du virus à d’autres personnes ».

L’épidémiologiste Marc Lipsitch, de Harvard, estime que 40 à 70 % des personnes dans le monde seront infectées par le coronavirus – ce qui pourrait en fin de compte réduire la stigmatisation. Il est possible que le nombre de personnes qui seront finalement testées positives au COVID-19 dans le monde soit si élevé que ce sera la norme, et non l’exception, pour se remettre d’une infection.

Fortune

3 Comments »

  1. atlantico.fr: Covid-19 : entre le début puis l’aggravation, deux maladies différentes en une

    Les deux phases du Covid-19 sont très différentes, la phase 2 étant associée à la maladie virale, mais aussi et peut-être principalement à une réponse immunitaire exacerbée, généralisée, hors limites.

    Atlantico : Quel est l’état de la pandémie à l’heure actuelle en France ?

    Jean-Yves Le Goff : La pandémie de Covid-19 en France est identifiée à partir du 24 janvier 2020, quand trois premiers cas sont recensés en métropole. Cette maladie causée par le coronavirus SARS-CoV-2, originaire de Chine continentale devient selon l’OMS le 12 mars 2020, une pandémie.

    Sa durée d’incubation de 7 jours en moyenne, s’échelonnerait entre 2 et 14 jours.

    Exceptionnellement, pour un peu plus de 1% des cas, le temps d’incubation dépasse quatorze jours avec des durées pouvant aller jusqu’à 28 jours. 97,5 % des personnes seront malades 11,5 jours après le contact infectieux.

    SARS-CoV-2 peut entraîner des infections respiratoires dont les manifestations vont du simple rhume à un syndrome respiratoire sévère, et, plus rarement, un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) pouvant entraîner la mort, notamment chez les personnes rendues fragiles par l’âge ou des comorbidités.

    Une autre complication mortelle est une réponse exacerbée du système immunitaire (choc cytokinique) pouvant nécessiter intubation et ventilation.

    Les symptômes du Covid-19 sont la fièvre (88%), la toux sèche (68%), la fatigue (38%), la production d’expectorations (33%), le souffle court (19%), la gorge irritée (14%), les maux de tête (14%), les douleurs musculaires (15%), les frissons (11%), la nausée ou les vomissements (5%), la congestion nasale (5%) et la diarrhée (4%). Perte de l’odorat (anosmie) dans 15 à 20 % des cas et perte du goût (agueusie) seraient plus fréquents en Europe et dans les formes peu sévères, et aussi lésions cutanées (rash érythémateux), urticaire, boutons type varicelle. Certains patients infectés n’ont aucun symptôme et jusqu’à 50 % de formes asymptomatiques.

    Il ressort des études récemment publiées que 80 à 85% des sujets infectés par le SARS-CoV-2 n’ont pas ou peu de symptômes, alors que 15 à 20% développent une maladie plus sévère, souvent associée à un âge avancé ou à d’autres comorbidités.

    Enfin, et c’est là le point le plus inquiétant, environ 5% des sujets infectés entrent dans une phase critique de la maladie et sont admis dans les services de maladies infectieuses et de réanimation médicale, pour un taux de mortalité de l’ordre de 50% dans ce groupe. Au total, sur l’ensemble des patients infectés symptomatiques, le taux de mortalité est de l’ordre de 2,3% à 3 %.

    Les principales complications sont, éventuellement associées, une détresse respiratoire aiguë dans 30 % des cas, une myocardite dans 10 % des cas et une surinfection bactérienne dans 10 % des cas ou une libération importante de cytokine qui est une forme particulière de choc cytokinique. Ces complications peuvent entraîner la mort spécialement, mais pas exclusivement, chez les personnes rendues fragiles par l’âge ou par des comorbidités. Une étude du 30 mars 2020 (le Lancet) permet d’affiner la létalité de cette maladie (proportion de malades confirmés décédant de la maladie) : le taux de létalité en Chine est de 1,38% chez les moins de 60 ans, de 6,4% chez les plus de 60 ans et jusqu’à 13, 4% après 80 ans.

    Le groupe des plus de 65 ans est beaucoup plus vulnérable au SARS-CoV-2 que les jeunes.

    Mais l’hypertension artérielle semble être dans une étude du 24 mars 2020 le facteur de risque le plus important.

    La surmortalité de cette infection chez l’homme par rapport à la femme pourrait s’expliquer par des phénomènes hormonaux.

    – La détresse respiratoire aiguë (SDRA) est la cause principale de la mortalité du Covid-19. D’apparition particulièrement brutale et sévère, la mortalité induite par le SDRA se situe entre 30 à 50 %. Le pronostic du SDRA dépend de l’état de santé initial du patient. Il peut entraîner des séquelles à long terme dans la plupart des cas.

    – Une réaction immunitaire trop importante connue et liée pour partie au choc cytokinique constitue aussi un facteur majeur de mortalité.

    DIAGNOSTIC

    La méthode standard de diagnostic consiste à effectuer une réaction en chaîne par polymérase (PCR) à partir d’un écouvillon nasopharyngé : spécificité 100 %, sensibilité 70% de Positifs, 30 % de faux négatifs.

    Les analyses sérologiques : analyse sanguine pour dépister si l’infection est ancienne (IgG élevée) ou récente (IgM élevée) par l’analyse des anticorps IgG et IgM. Mais il faut démontrer leur fiabilité : sensibilité et spécificité. Mais ces analyses sérologiques sont très prometteuses dans un but diagnostique ,épidémiologique pour aider à chiffrer la contamination et pour participer au déconfinement.

    Le scanner peut donc contribuer au diagnostic du covid-19, associé à un test PCR concordant, voire en cas de faux-négatif de ce test.

    Le scanner thoracique avec ses images en 4 stades est particulièrement performant dans la maladie à corona virus 19.

    Par ailleurs, il existe des signes biologiques assez caractéristiques.

    Existe-t-il plusieurs phases à la maladie COVID-19 ? Y aurait-il un dérèglement immunitaire particulier soulignant la gravité de la maladie ?

    En fait, il semble exister, selon les spécialistes, 2 maladies distinctes :

    Schématiquement il existe 2 phases : une au début qui correspond à la maladie, à la charge virale (phase 1).

    La phase 2 étant associée bien sûr à la maladie virale, mais aussi et peut-être principalement à une réponse immunitaire exacerbée, généralisée, hors limites. Des indicateurs d’inflammation ont été recherchés chez des patients légers, graves et critiques, pour discriminer rapidement ceux dont la pneumopathie pourrait évoluer vers une forme sévère ou mortelle:

    Les critères associés à la gravité de la maladie étaient l’âge, les récepteurs de l’interleukine 2, 6 8, 10, le facteur de nécrose tumorale α, la protéine C réactive (CRP), la ferritine, la procalcitonine, la numération des globules blancs, la numération des lymphocytes, la numération des neutrophiles et la numération des éosinophiles, avec en conclusion un risque maximal pour les plus de 67 ans, si ces paramètres sont très augmentés.

    Concernant la phase 1 c’est à dire au début de la maladie Covid-19 que le traitement du Professeur Raoult semble prometteur :

    À l’heure actuelle, nous n’avons qu’un seul traitement potentiel, celui de ce médecin chercheur, virologue de notoriété mondiale, aux publications innombrables, de très haut niveau… Son étude récente, quoique critiquable méthodologiquement, montre des résultats remarquables avec une très grande probabilité d’efficacité sur le coronavirus pour les raisons suivantes :

    Le Professeur Raoult et son équipe travaillent depuis 20 ans sur les différents autres coronavirus avec des tests in vitro (en laboratoire sur des cultures de virus) et sur l’homme démontrant l’efficacité très importante du Plaquenil comme traitement majeur.

    Son étude concerne certes une cohorte de 24 cas non traités PCR + à 90% au 6ème jour versus 16 cas PCR+ seulement dans 25% des cas.

    Des statisticiens interrogés par moi ont dit que la différence était si importante que de toutes façons elle était largement en faveur du traitement Raoult. Je ne crois pas que le Professeur Raoult et son équipe jouent leur réputation mondiale sur une partie de poker !

    Par ailleurs, il existe une innocuité certaine pour un médicament utilisé depuis plus de 50 ans, avec des précautions cardiologiques basiques (ECG) et un dosage du potassium dans le sang.

    Mais rappelons que pour montrer sa pleine efficacité, ce traitement associé à l’azithromycine doit être administré au début, pour les formes symptomatiques ou non.

    Dans sa dernière étude le 9 avril 2020 le Professeur Raoult annonce un taux de guérison virologique de 91,7 % et un taux de mortalité de 0,5 %, sur 1061 patients

    Ce traitement pourra s’associer évidemment avec d’autres traitements qui auront fait leurs preuves par les essais randomisés : anti viraux, sérothérapie …

    Pour la phase 2 les problèmes sont tout autre semble-t-il. Il s’agit aussi de faire face à l’orage immunitaire, à l’inflammation majeure, généralisés, hors limites : citons l’essai des anticorps monoclonaux pour diminuer l’inflammation.

    Insistons sur l’extrême nécessité de privilégier toutes les méthodes qui évitent l’intubation et la ventilation par respirateurs :

    Changement de stratégie ! Initialement les techniques non invasives n’avaient pas la cote on assiste à un changement de paradigme, l’oxygénothérapie à haut débit (OHD) ou la VNI (ventilation non invasive) par masques spéciaux doivent être essayées avant de passer à l’intubation pour « passer un cap » (recommandations du 3 Avril 2020). Intubation si fatigue respiratoire (épuisement musculaire), trouble de la conscience ou hypoxie (baisse de la pression d’oxygène dans le sang artériel) : il n’y aurait ni « pneumonie » ni SDRA.

    Les respirateurs ne sont pas seulement la mauvaise solution, mais l’intubation à haute pression pourrait en fait causer plus de dommages qu’en son absence.

    Les dernières 48 heures ont vu une sorte de révélation : Le COVID-19 provoque une hypoxie prolongée et progressive en se liant à l’hémoglobine dans les globules rouges (en lieu et place de l’oxygène (O2). Les gens désaturent simplement et ceci mène à des défaillances d’organes qui les tuent. Tous les dommages aux poumons sur les scanners proviendraient de la libération de fer oxydatif en très grandes quantités. Les globules rouges transportent l’oxygène des poumons vers tous les organes et le reste du corps.

    Sans l’ion fer, l’hémoglobine ne peut plus se lier à l’oxygène. C’est ainsi que commence le processus de stress oxydatif pulmonaire qui conduit à une inflammation, qui entraîne à son tour la fibrose.

    Les organes sont affamés en O2 et le foie essaie de faire de son mieux pour éliminer le fer et le stocker. Seulement, il est submergé aussi. Il est affamé d’oxygène.

    Finalement, si le système immunitaire du patient ne combat pas le virus à temps avant que sa saturation en oxygène dans le sang ne baisse trop bas, ventilateur ou pas, les organes commencent à s’arrêter. La seule façon d’essayer de les maintenir en vie est d’apporter le maximum d’oxygène, et peut-être le mieux serait avec une chambre hyperbare, si disponible, avec 100% d’oxygène. Mais il n’y a pas assez de caissons hyperbares.

    Donc certains culots de globules rouges frais avec une hémoglobine normale sous forme de transfusion pourraient faire l’affaire.

    Donc pour résumer : l’urgence du ventilateur doit être réexaminée.

    Si on met un patient sous ventilateur parce qu’il entre dans le coma et qu’il a besoin d’une respiration mécanique pour rester en vie. Et ainsi donner aux patients du temps pour que leur système immunitaire se régule.

    Mais si les patients sont conscients et alertes, il faut les garder sous O2 au maximum. Si l’on doit inévitablement ventiler, il faut le faire à basse pression mais au maximum d’O2.

    Ceci suggère d’utiliser d’autres armes contre cette catastrophe immunitaire pour essayer d’oxygéner tous les organes et tenter d’éviter l’issue fatale : l’ECMO pour oxygénation par membrane extra-corporelle: la machine extra-corporelle supplée les fonctions du cœur.

    Ou débuter enfin l’étude de la molécule Hemo2 life issue du ver marin (par la société Hemarina) qui peut transporter 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine des globules rouges humains, et qui pourrait peut-être éviter une issue fatale pour des patients (au pronostic désespéré) de réanimation (pour lesquels il existe déjà 50 % de risque de mortalité si le patient simplement est intubé et ventilé).

    Cette étude ne commence pas pour des raisons obscures, qui sont incompréhensibles.

    Insistons sur le confinement et les mesures barrières qui constituent un TRAITEMENT PRÉVENTIF fondamental :

    Comme la distanciation sociale (1 m pour la France, 1, 80 m aux USA et 2 m en Allemagne)!, l’arrêt des embrassades et des échanges manuels, le lavage fréquent des mains, au savon (25 à 30 s) avec solutions hydroalcooliques (SHA), l’utilisation de mouchoirs jetables ou encore, la pratique de tousser dans son coude pour éviter la production d’aérosols, la désinfection des surfaces potentiellement contaminées telles que des poignées de portes, boutons d’ascenseurs, etc.

    Et le port fondamental de masques FFP2, pour les soignants, de masques chirurgicaux FFP1 ou masques alternatifs tissus éprouvés pour toute personne qui sort pendant cette période de confinement ou de déconfinement progressif jusqu’à l’obtention d’un traitement efficace et ou d’un vaccin.

    https://www.atlantico.fr/decryptage/3588748/covid-19–entre-le-debut-puis-l-aggravation-deux-maladies-differentes-en-une-jean-yves-le-goff

  2. Sur l’importance de la médecine réparatrice et d’une bonne stratégie NBIC

    Tout comme la peste noire peut affecter la peau et les poumons (peste bubonique et pulmonaire), tout comme la turberculose peut affecter différents organes et prendre différentes formes dont les écrouelles, la peste covidienne n’est pas une infection exclusivement pulmonaire. Les comas artificiels et l’action des germes peuvent détériorer plus ou moins gravement les différentes organes. Alors que les combats contre les différentes souches du sars-cov-2 n’est pas terminé, alors qu’il faut se préparer à des reprises de la pandémie ou à l’apparition de virus réassortis, une autre bataille va s’ajouter aux suivantes: la prise en charge des survivants présentants des séquelles.

    La rééducation va sans doute généré de nouvelles opportunités économiques pour certains en raison de l’accroissement de la demande en équipement dédié. Mais elle va surtout posé un problème budgétaire: comment des Etats endettés reposant sur un tissu économique laminé par le confinement vont-ils financer les programmes de rééducation et les séquelles de longue durée? Sachant que les handicapés et seniors fauchés par le fléau seront rapidement remplacés par d’autres. C’est là qu’il faut s’intéresser à la médecine réparatrice et secteur biotechnologique qui lui est associés.

    La robotique et l’IA ont accaparé l’attention des médias et de bailleurs de fond au cours de la dernière décennie. Les trop coûteuses prothèses cobotiques sont spectaculaires mais limitées par les lois de la mécanique. Sauf découverte-miracle, les membres bioniques ne seront jamais aussi bien arrimées à leur moignon que les organes qu’elles remplacent et posent de nombreux problèmes pratiques et logistiques à leurs utilisateurs, outre les discriminations. Les organes artificiels sont un pis-allez pour traiter la dégradation des viscères.
    L’avenir de la médecine réparatrice, c’est la manipulation des cellules-souche, la culture d’organe et les greffes.

    Comme d’habitude, ce sont les USA et la Chine qui sont en pointe dans ce secteur alors que l’UE exploite insuffisamment ces atouts. Le pire, c’est que la crise pourrait encourager une aversion absurde à l’encontre des biotechnologies qui offrent des perspectives de résolution de nombreux problèmes. Nous avons autant besoin des biotechnologies que des nanotechnologies et de la robotique. Vu les contraintes budgétaires, sans doute faut-il privilégier concentrer l’action publique l’emploi conjugé des NBIC afin les technologies et le tissu économique engendré grâce aux interventions publiques engendrent des progrès en cascade dans tous les secteurs des NBIC.

    A lire sur couleur & marketing // Les couleurs des biotechnologies
    (http://www.couleuretmarketing.com/2009/02/les-couleurs-des-biotechnologies/)

    Néanmoins, il me semble nécessaire de rappeler un fait qui était rappelé tout au long du célèbre « Manifeste des généticiens » de 1939: aucun réponse scientifique ou technologique à un problème ne peut produire d’effet hors d’un système socio-économique équitable, fondé sur la garantie des libertés de masse, des droits sociaux et de la lutte contre les discriminations et préjugés qui y concourent. C’est vrai pour les programmes génétiques. Ce l’est autant pour les NBIC.

    Sur les réformes post-covid

    Concernant les réformes socio-économiques de l’après-covid, on parle ci et là surtout d’instaurer des revenus universels (des programmes de monnaies-hélicoptères) pour quelques mois, de rendre la fiscalité plus progressive, d’accélérer le détricotage du code du travail. En Europe, on parle pas encore de réduire les budgets militaires au profit des secteurs de santé. Alors que le spectre de l’effondrement se fait plus menaçant, certains rappelleront que « l’Armée peut restaurer la cité », aussi je rappellerai que les « thètes » et « zeugites » d’aujourd’hui ne sont pas plus capables qu’avant prospérer sans isonomie ou misthos. Donc, quelles réformes, en Europe, pour l’après-covid? Gardons-nous de réflexes anti-militaristes nihilistes et ne réitérons pas les erreurs commises dans la gestion de crise financière de 2008.

    La taxation de la consommation des produits locaux, l’impôt des personnes physiques ou les différents prélèvement proportionnel aux salaires sont obsolètes. La fiscalité des travailleurs et entreprises autochtones doit être réduite autant que possible au profit des investissements de fonds souverains et autres recettes non-contributive. La redistribution des recettes de tout ou partie des droits de douanes et des amendes pourraient favoriser la consommation des produits locaux. La possibilité, pour les entreprises, de payer leur impôt sous forme de cession d’action permettraient d’éviter de créer des opportunités de dumping fiscal en réduisant la dépendance des autorités aux recettes fiscales.

    Les Européens ont besoin d’incitants publics en faveur du développement du capitalisme populaire: Faire entrer tout citoyen dans l’actionnariat d’une entreprise de sa commune ou région; faire entrer tout salarié dans l’actionnariat de son entreprise, faire entrer tout actionnaire dans le salariat d’une des entreprises où il a acquis une participation. Les Européens ont besoin d’un secteur économique social-solidaire-collaboratif mieux soutenu, par exemple en incitant les entreprises du secteur marchand à se fixer des « missions » consistant à offrir des dons et actions aux entreprises de ce secteur. Celles-ci créent des emplois et répondent aux besoins vitaux de population en difficulté, de contrecarrer l’usure commerciale ou les escroqueries.

    Dans la logique d’un développement de l’ESS collaborative, les entreprises multisociétaires, tel que les SCIC françaises, seraient le cadre d’élection pour une concertation entre consommateurs, travailleurs, investisseurs visant concilier leurs intérêts légitimes sans inflation de la charge de travail des pouvoirs publics. Elles peuvent également servir d’organisations-réservoirs à des communautés intentionnelles, par exemple des communautés appliquant entre leurs membres des modes d’échange post-capitalistes: decentralized autonomous organisation (DAO), systèmes d’échange locaux (SEL), jardins d’échange universel (JEU), écosociétalisme théorisé par André-Jacques Holbecq, écologie sociale théorisé par Murray Bookchin, etc… Personnellement, je suis capitaliste par pragmatisme, pas par goût. Dans la recherche du système économique le plus eudémonique, je ne serais pas plus choqué par le soutien de l’Etat à l’expérimentation des systèmes précités que par les projets d’Etat-plateforme de certains dirigeants.

    Les Européens ont également besoin de forces armées (nationales mais aussi européennes) bien traitées, impliquées dans chaque volet du service public en soutien des moyens civils. Ils ont besoin que les services civils soutiennent les forces armées dans l’accomplissement de leurs opérations extérieures comme intérieures. Les forces armées ne sont pas des variables d’ajustement, ce sont des individus indispensables au développement durable de nos sociétés et ce fait n’est pas remis en cause par les pandémies. Donner des envies de révoltes aux militaires en les traitant à toutes les sauces et en faisant fi des risques qu’ils encourent ne contribuera ni au bonheur commune, ni à la résilience des populations. Souvenons-nous de l’impuissance répété de l’Europe face aux crises parce que certains voulaient encaissés des « dividendes de la paix »…

    Pour conduire ces changement, les européens (civils ou militaires) ont évidemment besoin de plus de démocratie. La démocratie économique généré par le développement du capitalisme populaire et de l’ESS y contribue. Mais une démocratie publique accrue à tous les échelons est également nécessaire. A l’occasion de cette crise, les particrates européens n’ont aucunement fourni la preuve de leur expertise politique, justifiant de maintenir les populations à l’écart des décisions politiques car mal informées/anti-progressistes/trop stupides pour avoir leur mot à dire. Mais ils critiquent volontiers les régimes autoritaires dont ils enviaient la liberté d’action avant le confinement.

    Si la démocratie liquide pose certains problèmes, elle peut très bien être appliquée à l’échelle de la commune, par exemple pour soutenir les productions artisanales de masques. Puisque l’argent va manquer, les référendums d’initiative populaire peuvent aider à mettre en place les mesures qui préviendront au moins une partie des abus de nos élus représentant avant tous leurs intérêts patrimoniaux et ceux des lobbies qui les commanditent. Si les réformes politiques sont évidentes à l’échelle des Etats, tout le problème sera la place à donner aux institutions européennes qui sont encore moins démocratiques et prévoyantes que les institutions nationales mais constamment paralysées par les rivalités qu’elles ont elles-mêmes alimentées.

    Rappelons que la croissance du PIB, indicateur de référence des eurocrates, est moins élevée chez les Etats ayant adopté l’euro que chez les autres et moins élevée chez les Etats membres que chez leurs voisins non incorporés. Le système de fonds structurels obligent une minorité d’Etats à subventionner le dumping que leur inflige d’autres Etats plus europhobes. Quel est l’objectif de l’intégration européenne et à quoi sert le cadre institutionnel de l’Union à part gêner les Etats? Symptomatiquement, on ne parle plus beaucoup de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Pourtant, nous, Européens, nous aurions bien besoin d’une fédération des peuples unis, une fédération des projets plutôt qu’un moulin à normes, un fédération dont l’Etat fédéral soutiendrait les Etats membres au lieu de construire un « Colisée » anarchocapitaliste…

    A lire sur l’Usine nouvelle // [Covid-19] Les citoyens hyper consultés pour construire le monde d’après
    (https://www.usinenouvelle.com/editorial/covid-19-les-citoyens-hyper-consultes-pour-construire-le-monde-d-apres.N951466)

    A lire sur Wikipedia // Conférence sur l’avenir de l’Europe
    (https://fr.wikipedia.org/wiki/Conférence_sur_l%27avenir_de_l%27Europe)

    A lire sur Euractiv // Conférence sur l’avenir de l’Europe : et après ?
    (https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/opinion/conference-sur-lavenir-de-leurope-et-apres/)

    A lire sur Africadaily // Comment utiliser la Conférence sur l’avenir de l’Europe pour repenser la société?
    (https://africadaily.news/international/5025/comment-utiliser-la-conference-sur-lavenir-de-leurope-pour-repenser-la-societe-africadaidly/)

    A lire sur le labo de l’ESS // Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
    (http://www.lelabo-ess.org/+-ess-+.html)

    A lire sur Etopia // L’économie collaborative
    (https://etopia.be/leconomie-collaborative/)

    A lire sur SEL’idaire // JEU (Jardin d’Echange Universel)
    (http://spip.selidaire.fr/spip/JEU-Jardin-d-Echange-Universel.html)

    A lire sur le site de référence de l’écosociétalisme // Une alternative de société, l’écosociétalisme
    (http://www.ecosocietal.org)

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