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La Chine, un exemple ?

Depuis quelques semaines, les articles de journaux et de revue consacrés au coronavirus ne manquent plus de flatter la gestion de la crise du coronavirus par l’État chinois pour l’opposer à l’incompétence européenne. Une équipe internationale qui s’est rendue en Chine en février encensait déjà les méthodes et les résultats de la Chine pour endiguer l’épidémie de Covid-191. Bruce Aylward, le chef de cette équipe – conseiller du directeur général de l’OMS – expliquait dans une interview que la stratégie chinoise avait été, outre le déploiement massifs de tests gratuits et de mises en quarantaine ainsi que l’édification d’hôpitaux en quelques jours, le fait d’isoler drastiquement les personnes infectées, de retracer leurs contacts et de ne confiner ainsi que les personnes potentiellement ou réellement infectées2. Lucien Abenhaim, épidémiologiste et ancien directeur de la santé, parlait récemment dans les grands quotidiens français de « l’exemple chinois », dont il vantait l’efficacité en l’opposant aux diverses théories fantaisistes des Européens3.

Ce qui est notoire mais à peine mentionné, c’est que « l’efficacité » chinoise suppose une vaste infrastructure numérique de surveillance de la population dont le plan préexistait à l’apparition du nouveau coronavirus. La « réponse » chinoise au virus est déjà contenue dans l’esprit des dispositifs existants et des projets en cours. Pour isoler les cas positifs et les malades potentiels (et renvoyer au plus vite les autres au travail), il faut en effet pouvoir non pas seulement les dépister, mais aussi les pister.

Les informations dont nous disposons sur la Chine ne pas toujours fiables, voire contradictoires, même dans les journaux réputés sérieux, et il subsiste bon nombre d’imprécisions dans la présentation qui suit. Cela n’empêche pas d’essayer de reconstituer la situation avec précaution. Rappelons d’abord que la Chine a commencé par nier l’apparition du virus, censurer sur internet les mots-clés liés à l’épidémie et accuser de « propagation de fausses rumeurs » plusieurs médecins, dont le jeune Li Wenliang qui avait alerté à ce sujet. Il est lui-même décédé du Covid-19 début février 2020. Les journalistes Chen Qiushi et Fang Bin qui dénonçaient la gestion de crise ont quant à eux disparu4. D’après l’organisation Chinese Human Rights Defenders qui répertorie diverses sources chinoises, des centaines de citoyens chinois ont été publiquement accusés de répandre des fausses rumeurs et punis, y compris lorsqu’ils ne faisaient rien d’autre que de s’exprimer en ligne sur les cas de maladie dont ils avaient connaissance. L’organisation rapporte : « Le système de surveillance numérique invasif de la Chine a été déployé par la police pour faire taire les net-citoyens et renforcer les contrôles d’information. Sur les réseaux sociaux, les net-citoyens ont déclaré avoir été visités, détenus ou pénalisés par la police pour avoir « répandu des rumeurs » après avoir publié des commentaires sur l’épidémie, et dans certains cas, pour s’être portés volontaires pour distribuer des masques faciaux et d’autres fournitures. Plusieurs défenseurs des droits de l’homme ont déclaré avoir reçu la visite de la police et avoir été menacés de sanctions pénales s’ils ne cessaient pas de diffuser des informations internationales ou de tweeter des informations sur l’épidémie5.» Toutefois, indique une autre source, certains citoyens ont rivalisé d’ingéniosité pour contourner en mars la censure d’une interview réalisée avec Ai Fen, la directrice du service des urgences de l’hôpital central de Wuhan : « Pour éviter la censure, les gens ont converti certaines parties de l’interview en morse, l’ont remplie d’émoticon ou l’ont traduite dans des langues fictives comme le sindarin du Seigneur des anneaux ou le klingon de Star Trek6. » Que le grand public (et non quelques activistes confidentiels) puisse se saisir de tels moyens d’expression augure selon certains observateurs d’un tournant politique.

Après le déploiement d’une telle censure, le gouvernement chinois, qui avait entretemps officiellement admis l’existence du virus, a pris brusquement fin janvier des mesures massives de confinement qui apparaissaient en contradiction complète avec le discours officiel : « En fermant brusquement des villes entières, le gouvernement n’a pas réussi à fournir en temps voulu une aide adéquate aux personnes ayant des besoins particuliers et à permettre aux habitants de faire des provisions. Les habitants de Wuhan, une ville de 11 millions de résidents réguliers, et de la province du Hubei, qui compte 59 millions d’habitants, n’ont pas reçu d’avertissement préalable adéquat avant de fermer les transports publics et d’imposer un confinement. Des mesures aussi drastiques ont laissé des personnes vulnérables, y compris des personnes handicapées, sans assistance7. »

Quant à l’OMS, elle a « ignoré les rapports qui faisaient état d’obstruction à la circulation de l’information et d’intimidation de la police contre le partage d’informations en ligne et a déclaré le 30 janvier qu’elle se félicitait de « l’engagement de la Chine en faveur de la transparence ». (…) Les médias d’État chinois ont utilisé les déclarations de l’OMS pour défendre la réponse tardive et inadéquate du gouvernement. L’OMS fait l’éloge des dirigeants chinois à la suite d’une visite du directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à Pékin, sans exprimer aucune inquiétude quant aux graves violations des droits de l’homme commises par le gouvernement chinois dans sa réaction à l’épidémie, notamment les restrictions à la liberté d’expression, d’information, de presse et de circulation, la suppression des efforts de la société civile et l’incapacité à lutter contre la discrimination8. » Lorsque les médias d’État chinois commencent mi-février à renverser la situation à la gloire du Parti Communiste Chinois, non sans brouiller les informations relatives à l’origine du virus (qui ne serait pas forcément un « virus chinois » selon les mots de Donald Trump mais peut-être un « virus américain », voire un « virus japonais ») ils peuvent donc compter sur la crédulité apparente ou plus vraisemblablement l’opportunisme de la communauté internationale. Tout à coup, la Chine commence à se hisser au rang de championne universelle de la crise du coronavirus avant même que l’épidémie ne soit enrayée sur son propre territoire.

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Dans un pays où on prévoyait déjà peu avant la crise du coronavirus un ratio d’environ deux caméras pour un citoyen en 20229, l’épidémie offre soudain une justification toute trouvée à l’extension de la surveillance numérique et des caméras dans les espaces publiques. La Chine prévoit de mettre en place un système de crédit social qui classe les citoyens dans une échelle de notation selon leur comportement civique. Les points conditionnent les déplacements, l’accès aux services publiques ou la recherche d’emploi et sanctionnent tout ce qui peut être considéré comme manque de morale et de civilité, comme traverser au feu rouge. La vidéosurveillance avec reconnaissance faciale déployée sur l’ensemble du territoire complète ce projet. Il est fréquent en Occident d’attribuer à ces plans une ontologie culturelle qui prendrait racine dans des pratiques ancestrales et correspondrait à une toute conception de la liberté individuelle que celle véhiculée par la tradition occidentale. Même si l’on ne peut pas négliger les différences historiques, ce culturalisme condescendant constitue un affront à toutes les personnes censurées, sanctionnées ou disparues qui contestent l’État chinois. Il faut bien plutôt reconnaître avec Mareike Ohlberg, assistante de recherche à l’Institut Mercator pour les études chinoises que « l’idée elle-même n’est pas un phénomène chinois (…) Mais si [le système chinois] se met en place comme prévu, ce sera quand même quelque chose de vraiment unique… C’est à la fois unique et inscrit dans une tendance mondiale10. » De fait, les plans du gouvernement chinois ne sont pas à confondre avec le système de réputation sociale pratiquée par des entreprises privées, même quand ces deux niveaux collaborent. Il est prévu que les entreprises soient elles-mêmes soumises à la notation sociale.

Pour faire face à l’épidémie, la Chine a mis en place une application qui dicte aux gens le comportement à avoir en fonction des facteurs de risque dont ils sont porteurs. Les gens s’inscrivent sur leur smartphone par le biais de l’application de paiement Alipay (utilisée par 900 millions de Chinois) qui leur attribue un code couleur – vert, jaune ou rouge – selon leur état de santé. (La société Ant, filiale du groupe Alibaba et créée à partir de Alipay, est aussi celle qui a conçu le système de crédit social individuel.) Le système d’abord expérimenté dans la ville de Hangzhou, serait à présent utilisé dans des centaines de villes et en cours de déploiement à l’échelle nationale. Le New York Times rapporte que « lorsqu’un utilisateur accorde au logiciel l’accès à des données personnelles, un élément du programme intitulé « reportInfoAndLocationToPolice » envoie à un serveur le lieu où se trouve la personne, le nom de la ville et un numéro de code d’identification. Le logiciel n’indique pas clairement aux utilisateurs sa connexion à la police. Mais selon l’agence de presse chinoise Xinhua, gérée par l’État, et un compte officiel de la police sur les réseaux sociaux, les autorités chargées de l’application de la loi ont été un partenaire essentiel dans le développement du système11. » Officiellement, l’application génère son code couleur de manière automatique à partir d’éléments suivants : selon que l’utilisateur a été en contact avec une personne infectée, a visité une région infectée ou bien a déclaré des symptômes de maladie. Mais pour les utilisateurs, l’attribution du code couleur est obscure. De plus, à chaque fois que le code d’une personne est scanné, les serveurs du système sont informés de l’emplacement actuel de la personne. Qu’est-ce qui prouve que ces nouveaux systèmes seront désactivés à la fin de l’épidémie ? Une correspondante en Chine dans une province très peu affectée par le virus écrit pour Reporterre le 24 mars : « Plus la situation semble s’améliorer et plus la ville renforce les contrôles12. »

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La situation misérables de plusieurs pays Européens face à celle, semble-t-il rayonnante, de la Chine, oblige ainsi à se demander si, en amont, nous envisageons des modes d’intervention similaires au nom de la sécurité et des risques à venir (qui ne feront que s’amplifier). Le mythe d’une Europe capable d’implémenter des techniques de surveillance tout en « respectant la vie privée » grâce au « consentement » et à « l’anonymisation » des données collectées est un faux compromis qui ne tiendra plus du tout dans un tel contexte, et qui fera peu à peu tomber son masque lisse et imparable. Ce respect formel pour lesdites libertés publiques n’a en effet aucune valeur en contexte de pandémie, puisqu’il faut justement forcer les populations à suivre les consignes (donc sans leur consentement) et identifier les cas positifs ou potentiels (le contraire de l’anonymat).

Contrôles biométriques pour favoriser la distanciation sociale

Pendant que les Européens se replient sur des stratégies de crise nationales souvent incohérentes et critiquées – du laisser-faire de Boris Johnson à son revirement mal compris, des atermoiements et contradictions d’Emmanuel Macron aux restrictions liberticides, etc. – c’est bien l’« exemple chinois » qui semble sortir gagnant de cette cacophonie. L’État chinois a offert au reste du monde une démonstration d’efficacité qui semble pouvoir être appliquée à maints autres endroits et situations de crise. A l’heure actuelle, quinze pays dans le monde ont déjà mis en place le traçage numérique des citoyens via des applications sur smartphone pour lutter contre le Covid-19. D’autres s’apprêtent à suivre cet exemple13. Un porte-parole du ministère au numérique polonais peut ainsi déclarer : « Les gens en quarantaine ont le choix : soit ils reçoivent des visites inattendues de la police, soit ils téléchargent cette application. » Bien sûr, il ne s’agit pas de dire que la Chine a tout orchestré. Mais en tant que grande victorieuse de la crise du coronavirus dans l’image publique mondiale, il semble que son exemple et celui de la Corée du Sud s’imposent comme une évidence. Ce serait cependant une erreur de penser que le modèle chinois serait susceptible d’être repris à l’identique. Les traditions politiques différentes et la nécessité de se démarquer sur la scène géopolitique mondiale impliquent évidemment des rhétoriques et des stratégies non identiques.

C’est par une mécanique qui dépasse les intentions particulières des acteurs politiques que les États sont forcés d’emprunter la voie de la surveillance généralisée (et ceci de manière toujours plus frappante). La gestion biopolitique du monde est la destination logique de la modernité : habillée de la rhétorique mielleuse du respect des libertés ou de celle, autoritaire, du respect de l’ordre public, elle se présente assurément sous plusieurs modes discursifs. Mais quelle que soit la rhétorique adoptée, face à la montée de ce que Ulrich Beck appelait la société du risque, les États sont tenus de prétendre qu’ils assurent la sécurité et les conditions minimales de la reproduction de l’existence. Mais compte tenu de l’amplification des crises globales, la seule manière d’assurer cette prétendue sécurité ne peut être que la gestion de plus en plus serrée du « parc humain ». Contrairement toutefois aux interprétations paranoïaques qui fleurissent ici et là, il y a une contrainte systémique à déchiffrer derrière l’empressement occidental à encenser l’exemple chinois. Moins les crises seront maîtrisables – à l’image de la propagation rapide et imprévisible du Covid-19 – plus les États tenteront de survivre à leur déconfiture en pactisant avec le solutionnisme des entreprises hi-tech pour contenir des populations toujours plus exposées, inquiètes et instables. A chaque invective contre ces « connards qui nous gouvernent14 » incapables de résoudre les crises qui se profilent et se multiplient, se manifeste un peu plus l’infantilisme des attentes exorbitantes à leur endroit et le glissement imperceptible de l’autorité étatique vers la gouvernance algorithmique assistée par des plateformes dont plus rien n’arrête l’ascension. A force d’être traités de « connards » en toute situation, on peut imaginer que la classe politique préfèrera de plus en plus s’en remettre au traçage glacé des moindres comportements de la population, plutôt qu’à la responsabilité de gérer des crises insolubles à l’intérieur du cadre politique que s’est donnée la modernité.

Les effets du contrôle social sont d’ailleurs tellement irréfutables que de nombreux écologistes ne manquent pas de s’en saisir d’ores et déjà pour faire avancer leur propre cause, celle par exemple du changement climatique. Ne sommes-nous pas en train d’expérimenter in vivo les bienfaits d’une décroissance (en l’occurrence d’une récession) certes involontaire mais indispensable ? Les effets bénéfiques sur la pollution et les émissions de CO2 ne se sont-ils pas immédiatement fait sentir ? Alors désormais, disent déjà certains, nous connaissons la voie à suivre. Nous serions en train de vivre une répétition générale et il n’y aurait plus qu’à mettre en place des mesures radicales expérimentées dans la crise du Covid-1915. De l’imprécation contre l’état d’exception16 à l’amour du contrôle, il y a ainsi une seule et même fascination pour les formes apparemment indépassables de la dépossession politique. On cherche dans les représentants de l’État aussi bien la faute et l’incompétence personnifiée que la solution à tout, au lieu d’analyser la mécanique implacable à laquelle nous avons collectivement consenti pour en arriver là. Tremblons que l’État chinois ne vienne nous tendre une main généreuse et un exemple à suivre dans la résolution des crises universelles et que nous nous jetions sur cette aubaine parce que nous sommes devenus incapables de prendre en charge la reproduction de nos existences. Depuis quelques jours, des équipes médicales chinoises apportent du renfort en Italie, en Iran, en Irak17, en Serbie18 sans compter l’envoi de matériel dans de nombreux pays (dont un million de masques de protection à la France), et Xin Jinping promet largement, de Vladimir Poutine à Angela Merkel, le soutien et l’expertise de son pays. Ces gestes de solidarité emphatiques – sur fond de chauvinisme exacerbé des États – annoncent l’acceptation passive d’un mode de gouvernance totalitaire qui se donne pour le seul à pouvoir sortir le monde du pétrin.

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Notes :

1 Hilary Brueck, « The rest of the world is ’simply not ready‘ for the coronavirus, according to a WHO envoy who just returned from China », Business insider, 26 février 2020. En ligne: https://www.businessinsider.de/international/what-works-to-fight-covid-19-lessons-from-china-who-2020-2/?r=US&IR=T

2 Julia Belluz, « China’s cases of Covid-19 are finally declining. A WHO expert explains why », vox, 3 mars 2020. En ligne : https://www.vox.com/2020/3/2/21161067/coronavirus-covid19-china

3 Cf. notamment : Lucien Abenhaim, « Il est maintenant permis d’espérer la sortie de la crise du coronavirus », Le Monde, 20 mars 2020.

4 Vivian Wang, « They documented the Coronavirus Crisis in Wuhan. They Vanished », New York Times, 14 février 2020.

5 Chinese Human Rights Defenders, 31 janvier 2020, « China: Protect Human Rights While Combatting Coronavirus Outbreak ». En ligne : https://www.nchrd.org/2020/01/china-protect-human-rights-while-combatting-coronavirus-outbreak/

6 Ryan Broderick, «Chinese WeChat Users Are Sharing A Censored Post About COVID-19 By Filling It With Emojis And Writing It In Other Languages », buzzfeednews, 11 mars 2020. En ligne : https://www.buzzfeednews.com/article/ryanhatesthis/coronavirus-covid-chinese-wechat-censored-post-emojis

7 Chinese Human Rights Defenders, 31 janvier 2020, « China: Protect Human Rights While Combatting Coronavirus Outbreak ». En ligne : https://www.nchrd.org/2020/01/china-protect-human-rights-while-combatting-coronavirus-outbreak/

8 Chinese Human Rights Defenders, 31 janvier 2020, « China: Protect Human Rights While Combatting Coronavirus Outbreak ». En ligne : https://www.nchrd.org/2020/01/china-protect-human-rights-while-combatting-coronavirus-outbreak/

9 Mathieu Rabechaut, « Watch this: China surveillance tech seeks to go global », Techxplore, 24 novembre 2019. En ligne : https://techxplore.com/news/2019-11-china-surveillance-tech-global.html

10 Nicole Kobie, « The complicated truth about China’s social credit system », Wired, 7 juin 2019.

11 Paul Mozur, Raymond Zhong, Aaron Krolik, « In Coronavirus Fight, China Gives Citizens a Color Code, With Red Flags », New York Times, 1 mars 2020.

12 Nathalie Paco, « En Chine, le virus maîtrisé au prix d’un contrôle total de la population », Reporterre, 24 mars 2020. En ligne : https://reporterre.net/En-Chine-le-virus-maitrise-au-prix-d-un-controle-total-de-la-population

13 Isobel Asher Hamilton, « 11 countries are now using people’s phone to track the coronavirus pandemic, and it heralds a massive increase of surveillance », business insider, 24 mars 2020. En ligne : https://www.businessinsider.com/countries-tracking-citizens-phones-coronavirus-2020-3?r=DE&IR=T Cf. également l’index évolutif du Virtual Private Network : https://www.top10vpn.com/news/surveillance/covid-19-digital-rights-tracker/

14 Frédéric Lordon, « Les connards qui nous gouvernent », les blogs du « diplo », 19 mars 2020. En ligne : https://blog.mondediplo.net/les-connards-qui-nous-gouvernent

15 Cf. entre autres Vincent Lucchese, « 5 pistes pour mobiliser sur le climat autant que sur le coronavirus », Usbek & Rica, 14 mars 2020 ; François Gemenne, Anneliese Depoux, « De la crise du coronavirus, on peut tirer des leçons pour lutter contre le changement climatique », Le Monde, 18 mars 2020 ; Nicolas Celnik, « Covid-19 : c’est le moment ou jamais pour agir sur le front climatique », Interview avec Jean-Baptiste Fressoz, Libération, 23 mars 2020.

16 Giorgio Agamben, « Coronavirus et état d’exception », acta.zone, 26 février 2020. En ligne : https://acta.zone/giorgio-agamben-coronavirus-etat-dexception/ Ce texte a suscité un grand nombre de réponses et de débats qu’on peut lire en ligne.

17 Par LEXPRESS.fr avec AFP, 20 mars 2020 : « Coronavirus : la Chine a envoyé des médecins dans trois pays ». En ligne : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/coronavirus-la-chine-a-envoye-des-medecins-dans-trois-pays_2121493.html

18 French.china.org.cn, mis à jour le 22 mars 2020, « (COVID-19) Des médecins chinois arrivent en Serbie pour l’aider à combattre l’épidémie ». En ligne : http://french.china.org.cn/foreign/txt/2020-03/22/content_75845533.htm

1 Comment »

  1. Pour commencer, l’efficacité du régime politique chinois est indéniable. La Chine moderne présente de nombreuses performances dont le déni relève de l’ethnocentrisme, surtout quand on oppose le modèle chinois au modèle US. On peut toutefois se demander à quelle caractéristique du régime chinois il faut les attribuer. Le régime autoritaire chinois n’est que l’instrument d’un personnel politique d’une certain qualité: les princes rouges et leurs cadre allient une bonne formation stratégique, un fort volontarisme, un niveau convenable de patriotisme à un certain bon sens et un certain pragmatisme. Un bonne forge ne fait pas un bon forgeron.

    Ensuite, reconnaître les performances de la Chine, ce n’est pas reconnaître qu’elle a le monopole des performances. Concernant la peste covidienne, la Chine a réagi avec énergie mais faut-il pour autant nier les succès de la Corée du Sud, de l’Allemagne, du Portugal, de Singapour, d’Israël? La méthode chinoise est efficace dans un certain contexte, pour servir les intérêts de certaines personnes, en acceptant certains sacrifices. Il apparaît que si la Chine combat plus efficacement le fléau que les USA, le R-U ou les Pays-Bas, sa méthode n’est pas la seule voie dans la lutte contre les pandémies.

    Enfin, gardons nous de faire l’impasse sur les problèmes politiques. Avant le déclenchement de l’épidémie, le gouvernement chinois ne se débrouillait pas mieux face à la « jacquerie hongkongaise » que le gouvernement français face au soulèvement des factions de gilets jaunes. On oubliera pas non plus l’incapacité du régime chinois à accepter les pétitions et lancements d’alerte qui sont systématiquement assimilés à de la contestation … comme en URSS. Le docteur Li Wen Liang a ainsi été persécuté pour avoir signaler un début de catastrophe sanitaire, ce qui n’était que son devoir. En traitant ainsi ceux qui l’informent, le Gouvernement chinois se retrouvera ainsi dans la même situation que Gorbatchev informé juste à temps de la catastrophe de Tchernobyl…

    L’efficacité chinoise, c’est surtout d’avoir éviter un discrédit (immédiat) en soulignant le discrédit du modèle de la minarchie ouverte.

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