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Le transhumanisme déteste la chair par Matthieu Villemot

Intervenant dans le cadre du séminaire d’Ethique biomédicale du Collège des Bernardins, le P. Matthieu Villemot, professeur de philosophie à la Faculté Notre-Dame du Collège des Bernardins, s’interroge sur le statut de la chair dans la pensée transhumaniste.

Mon corps a une taille, une masse, une forme. De ce point de vue, c’est une chose matérielle dans le monde physique, au milieu des tables et des chaises. C’est pourquoi l’imagerie numérique l’analyse si bien, permettant de sauver des vies chaque jour. Mais je vis aussi intimement mon corps par mon affectivité. Il se donne à moi par la douleur, la joie, le plaisir et autres. Cette dimension du corps est nommée « chair » par la phénoménologie, par exemple Michel Henry. Elle fait partie de l’humanité de l’homme et du sel de la vie. Or, elle est remise en question à sa racine par le transhumanisme.

Un contrôle extrême de l’individu sur sa chair

Le transhumanisme se propose d’améliorer nos corps par des exosquelettes, des manipulations génétiques, une interface homme/machine. Les auteurs signalent qu’un corps « augmenté » constitue toujours un corps, et que l’homme a toujours amélioré son corps, par exemple par le sport. Malgré les inquiétudes que provoquent certaines de leurs propositions, c’est exact. Le problème devient plus radical quant à la chair. Les transhumanistes souhaitent donner à l’individu un contrôle extrême sur sa chair : ils promettent la disparition de la souffrance, une démultiplication de la concentration, de la mémoire. Les réseaux sociaux accordent grand cas à des techniques pharmacologiques ou neurologiques permettant de réguler le désir à la commande. L’individu qui veut être parfaitement fidèle à son épouse pourra le lui garantir par un réglage de sa libido, pendant que Dom Juan sera sûr de ne jamais atteindre la satiété. L’étudiant pourra se donner « à fond » à sa dissertation. Je ne discuterai pas ici de la faisabilité de ces projets, seulement de leur pertinence morale et humaine.

De telles promesses ne reviennent pas à « augmenter » la chair mais à la supprimer… Télécharger la suite (PDF)

De la lourdeur de l’existence au culte du léger : une évasion hypermoderne

Pour ce neurologue, le transhumanisme est un crime contre l’humanité

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