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RCF [DOSSIER] : Transhumanisme et santé augmentée

« Enhancement » ou « santé augmentée ». Le terme fascine et inquiète à la fois. Il est synonyme de progrès scientifique dont on peut se réjouir, mais aussi de surpuissance voire d’immortalité. Ce dont on a tout lieu de s’inquiéter. Qu’est-ce que le post-humanisme? Que signifie exactement « santé augmentée »? Des médecins, des penseurs, des théologiens nous alertent sur les dérives possibles des prouesses scientifiques et les enjeux éthiques du trans-humanisme. Ils disent aussi combien la fragilité de l’être humain est aussi sa richesse.

Demain, serons-nous tous des dieux?

Marie-Jo Thiel, médecin, théologienne, professeur d’éthique à l’Université de Strasbourg, fondatrice et directrice du CEERE (Centre européen d’enseignement et de recherche en éthique)

Jusqu’où améliorer les caractéristiques de l’être humain? Invitée d’Anne Kerléo Marie-Jo Thiel décrit les enjeux du transhumanisme et le danger à évacuer la vulnérabilité de l’être humain.

Dans cet entretien d’une grande densité, Marie-Jo Thiel nous propose une plongée dans les questions posées par les avancées de la science, en particulier dans le domaine bio-médical. Elle pointe les enjeux et les risques du transhumanisme, mouvement intellectuel visant à améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Et surtout du post-humanisme, sa traduction militante, qui vise à l’émergence d’individus post-humains. Pour elle, le risque majeur dont sont porteurs ces mouvements et l’évacuation de la vulnérabilité qui fait de l’humain un humain.

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Quand l’humanisme engendre l’inhumain

En réduisant l’homme à son corps, ses neurones ou son psychisme, l’humanisme athée du XXIème siècle engendre de l’inhumanité. Béatrice Soltner reçoit Jacqueline Kelen.

Aujourd’hui en Occident il est de bon ton de se déclarer humaniste. Les religions sont relayées au rang d’archaïsme et l’on préfère tout miser sur l’homme. Cet homme du XXIème siècle veut le bonheur « ici et maintenant » et n’a que faire des considérations métaphysiques, qu’il considère inutiles. Pour l’écrivain Jacqueline Kelen cet humanisme est aux antipodes du véritable humanisme des XVème et XVIème siècles où l’être humain devait se construire sans renier sa transcendance.

Jacqueline Kelen, écrivain Emission réalisée en décembre 2012

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Le trans-humanisme: de l’homme fragile à l’homme machine

Les prouesses techniques sont telles qu’on parle aujourd’hui « d’homme augmenté ». La recherche est-elle prête à poser des interdits? Béatrice Soltner reçoit Alain de Broca.

IL Y A LES TECHNIQUES QUI AIDENT À BIEN VIVRE…

… et celles qui permettent plus d’efficacité et de rapidité. Depuis la nuit des temps, l’homme fragile et vulnérable tente de trouver des parades. L’art de la technique permet d’assumer sa vulnérabilité, « pour qu’elle ne l’éprouve pas trop dans sa conscience d’être au monde ». De l’homo faber à l’homo technicus, la transition est déjà faite dans certains pays, comme la France ou les Etats-Unis. On n’est plus à un humanisme éclairé de la pensée mais à un humanisme numérique. Ainsi est-on « amis » grâce aux NTIC : on dénature la vraie notion d’amitié, de vérité puisqu’on est ami avec des avatars.

NBIC ET CONVERGENCE

Aux Etats-Unis, des chercheurs de très haut niveau regroupent leurs savoirs pour être plus performants, ce qu’on appelle la « convergence ». Nanotechnologies, biotechnologies, sciences cognitives (étude du cerveau), sciences de l’information… De la fabrication d’un yaourt à celle d’un pétrolier, en passant par la médecine, on traite à l’échelle de l’infiniment petit. Notre quotidien en est déjà imprégné. Problème : on n’a jamais pu appliquer un principe de responsabilité.

PENSER LE PROGRÈS : UNE RÉPONSE POLITIQUE ?

Qui ne veut pas vivre mieux, réaliser ses désirs, ne pas souffrir ? Puisque les techniques nous le permettent, pourquoi ne pas les adopter ? Le challenge c’est de fixer des limites. De réacquérir l’art du renoncement : il y a peut-être des choses que l’on n’a pas le droit d’essayer, si elles ne font pas grandir l’humain. Refuser ce qui déshumanise, pour que la finalité reste toujours l’humain.

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Procréation: quelles limites poser?

Il y a de plus en plus de couples stériles certes, mais pas autant qu’il y a de recours à l’assistance médicale à la procréation. Jacques Testart répond à Béatrice Soltner.

Près de 35 ans après le premier bébé éprouvette, environ 3% des enfants des pays industrialisés sont conçus avec l’aide de la biomédecine. L’Assistance médicale à la procréation aide des couples stériles à procréer et l’on peut s’en féliciter, mais il semble que la technique cherche à agrandir toujours plus son territoire.

De plus en plus de couples s’en remettent entre les mains de techniciens en blouses blanches pour planifier un bébé qui se doit de naître le plus parfait possible. L’exigence des parents rencontre l’offre de bio-médecins qui profitent là d’un marché lucratif, la naissance s’inscrit alors dans un marché dont l’enfant devient le produit. Dans ce contexte on peut se demander jusqu’où ira la médicalisation de la procréation et comment nos sociétés démocratiques pourront maitriser les possibles dérives d’un tel système?

Jacques Testart , biologiste, directeur de recherche honoraire à l’Inserm, a permis en 1982 la naissance d’Amandine, le premier bébé éprouvette en France

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